En 30 secondes : « Taïwan chinois » est le nom imposé à Taïwan pour les Jeux olympiques et la plupart des instances internationales. Mais son origine est bien plus complexe que la simple « acceptation forcée » : en 1976, à Montréal, c’est le gouvernement de Taipei qui a refusé le nom « Taïwan » proposé par le CIO ; en 2018, lors du référendum sur le changement de nom, ce sont les athlètes eux-mêmes qui se sont opposés publiquement. Depuis quarante ans, ce nom n’a pas changé d’une seule lettre, mais ceux qui se retrouvent coincés sur le podium sont toujours les athlètes qui ont besoin de ce nom pour participer, et non les hommes politiques qui se disputent le nom.
Le 25 août 1960, les Jeux olympiques de Rome ouvraient. Les délégations nationales défilaient dans l’ordre dans le stade. Lorsqu’il fut le tour d’une équipe, le secrétaire général qui marchait en tête, Lin Hung-tan, leva une banderole blanche sur laquelle étaient inscrits deux mots en anglais : UNDER PROTEST (En protestation)1.
Cette année-là, cette équipe ne pouvait pas s’appeler « République de Chine », ni « Taïwan ». Le nom donné par le Comité international olympique (CIO) était « FORMOSA », Formose. Dans cette équipe se trouvait un jeune homme nommé Yang Ch’uan-kuang. Quelques jours plus tard, il remportait la médaille d’argent en décathlon, la première médaille olympique de Taïwan — attribuée à une équipe nommée « Formose ».

Yang Ch’uan-kuang, médaille d’argent en décathlon aux Jeux olympiques de Rome 1960, la première médaille olympique de Taïwan. À l’époque, le nom de son équipe était « FORMOSA », Formose. (Campus Sud de l’UCLA 1960, Domaine public)
Il s’agit de la seule fois dans l’histoire olympique qu’une délégation a protesté publiquement lors de la cérémonie d’ouverture2. Plus de soixante ans plus tard, cette banderole blanche est rentrée dans l’histoire, mais la chose qu’elle contestait n’a jamais pris fin : une équipe est entrée sur la scène, mais ne pouvait pas utiliser le nom qu’elle souhaitait.
Un drapeau brandi en protestation, marchant en tête
Pour comprendre l’origine de ces quatre mots « Taïwan chinois », il faut d’abord bien comprendre une chose : le nom de Taïwan dans les Jeux olympiques n’a jamais été décidé par Taïwan lui-même, depuis le début.
Après la guerre civile chinoise de 1949, la place de « Chine » est devenue un champ de bataille entre deux régimes. Le gouvernement de la République de Chine à Taipei et la République populaire de Chine à Pékin revendiquaient tous deux représenter la seule Chine légitime, plaçant le CIO dans une position délicate. Aux Jeux olympiques de Helsinki de 1952, le CIO a invité les deux rives ; Taipei n’a pas accepté de concourir sur le même terrain que l’autre rive et s’est retirée avant la compétition pour protester3. En 1956, à Melbourne, Taipei a concouru sous le nom de « Chine », et cette fois, Pékin s’est retiré. Tout au long des années 1950 et 1960, le nom de Taïwan a oscillé entre « Chine », « Formose » et « Taïwan », poussé à chaque fois par les courants de la politique internationale, jamais choisi par Taïwan.
Le paradoxe est que les Jeux où le nom contenait les caractères « Taïwan » sont précisément ceux où Taïwan avait le moins d’autonomie. Aux Jeux olympiques de Mexico de 1968, Taïwan a concouru sous le nom de « Taiwan ». Chi Cheng a remporté la médaille de bronze en 80 mètres haies féminin, devenant la première femme taïwanaise à remporter une médaille olympique4. Mais le code « Taiwan » était une étiquette collée par le CIO en fonction de la réalité géographique, et non un choix du gouvernement de Taipei. Pour le gouvernement de la République de Chine de l’époque, qui insistait sur le fait qu’il était « la seule Chine », être appelé « Taïwan » était perçu comme une dégradation.
Aux Jeux olympiques de Munich de 1972, la République de Chine a participé pour la dernière fois en utilisant pleinement son nom officiel, son drapeau et son hymne national5. L’année suivante, le monde a changé.
📝 Note du conservateur
Nous avons aujourd’hui l’habitude de considérer « Taïwan » comme un nom fier que l’on souhaite conquérir, et « Taïwan chinois » comme une concession humiliante et forcée. Mais si l’on revient sur le terrain en 1960 et 1970, cette opposition est inversée : le gouvernement de Taipei tenait avant tout à préserver le droit de représenter la « Chine » et refusait par-dessus tout le nom « Taïwan », car l’appeler « Taïwan » revenait à admettre qu’il n’était qu’une île, abandonnant la légitimité de représenter toute la Chine. En 1968, cette médaille de bronze accrochée au nom de « Taiwan » était une dégradation ; en 2024, le même « Taiwan » crié par le public dans les tribunes est devenu un symbole de fierté. En un demi-siècle, le même mot a fait demi-tour.
Ceux qui voulaient l’appeler « Taïwan » étaient internationaux, ceux qui ont refusé étaient de Taipei
Montréal 1976 est la page la plus contre-intuitive de toute cette histoire.
Le pays hôte de cette année-là était le Canada. Le Canada avait déjà reconnu Pékin en 1970. Sur la base de la politique de « la Chine unique », le Canada a refusé d’autoriser la délégation taïwanaise à entrer sur son territoire sous le nom de « République de Chine » (Republic of China). Craignant que Taïwan ne soit exclu, le CIO est intervenu pour coordonner, proposant un compromis : permettre à Taïwan de concourir sous le nom de « Taïwan » (Taiwan), tout en conservant son drapeau et son hymne6.
En d’autres termes, ceux qui voulaient que Taïwan s’appelle « Taïwan » cette année-là, c’était le CIO. Ceux qui refusaient obstinément, c’était Taipei.
Cette décision a été tranchée par Chiang Ching-kuo. Le gouvernement de la République de Chine considérait le nom « Taïwan » comme une mesure abaissant le prestige national : l’accepter revenait à admettre tacitement qu’il ne s’agissait que d’une autorité locale sur une île, abandonnant la légitimité de représenter toute la Chine. Ainsi, la veille de la cérémonie d’ouverture, la délégation taïwanaise a choisi de se retirer, retournant tout entière à Taipei7. Un chercheur a plus tard évalué cette décision ainsi : « it was the KMT that made this decision. It was an own goal, basically. » (C’est le Parti nationaliste (KMT) qui a pris cette décision. C’était essentiellement un but contre son propre camp.)8
⚠️ Point de vue controversé
Réduire l’histoire de Montréal 1976 à « le Canada a fait du tort à Taïwan » est une lecture erronée courante. La vérité est plus complexe et plus piquante : les internationaux ont offert le nom « Taïwan », mais c’est Taipei qui l’a repoussé en vertu de ses exigences souveraines. Souligner ce fait ne vise pas à porter un jugement moral sur l’une ou l’autre partie, mais à rétablir une causalité souvent inversée : l’affirmation populaire selon laquelle « Taïwan chinois = l’humiliation avalée par Taïwan » a en fait la direction opposée. La perte par Taïwan de l’opportunité de concourir sous le nom de « Taïwan » a été, au moins une fois, une porte fermée par lui-même.
Le prix du retrait est apparu rapidement. En 1979, lors d’un vote par correspondance tenu à Nagoya au Japon, le CIO a officiellement établi le « modèle des deux comités olympiques » qui perdure jusqu’à aujourd’hui : le comité olympique de Pékin utilise le nom de « Comité olympique de Chine » et le drapeau et l’hymne de la République populaire de Chine ; le comité olympique de Taipei doit changer de nom, et son drapeau et son hymne ne peuvent pas être les mêmes qu’auparavant9. Si Taïwan voulait revenir aux Jeux olympiques, il devait changer de nom, de drapeau et d’hymne.
Gagner le procès, puis accepter un nouveau nom
Face à la résolution de Nagoya, Taïwan ne s’est pas immédiatement plié, mais a d’abord intenté un procès.
À la fin de l’année 1979, Hsu Heng, membre du CIO à l’époque, et le Comité olympique de Chine, ont intenté un procès devant le tribunal de première instance de Lausanne, en Suisse, siège du CIO, arguant que la résolution de Nagoya violait la Charte olympique10. Le 27 mars 1980, le tribunal a rendu un jugement intermédiaire, estimant que les pratiques du CIO « semblaient contraires à l’esprit et aux textes de la Charte, en particulier aux articles 64, 65 et 66 », et a ordonné que « les frais d’audience de 100 francs suisses soient pris en charge par le CIO, et que 500 francs suisses supplémentaires soient versés à M. Hsu Heng (le demandeur) pour compenser ses dépenses »11.
Sur le plan juridique, Taïwan a gagné ce procès. Mais qu’en est-il après la victoire ? Le fait que le CIO ait violé la Charte était établi, mais Taïwan ne pouvait toujours pas revenir. La résolution de Nagoya était le reflet d’un changement dans la structure de reconnaissance internationale, qu’une sentence ne pouvait modifier. Le procès est ainsi devenu un levier de négociation. Le 26 janvier 1981, Hsu Heng et d’autres sont parvenus à un consensus avec le nouveau président du CIO, Juan Antonio Samaranch, et ont retiré le procès12.
Deux mois plus tard, le 23 mars 1981, le secrétaire général du Comité olympique de Chine, Shen Chia-ming, et Samaranch ont officiellement signé l’« Accord de Lausanne » (Accord entre le CIO et le Comité olympique de Taïwan chinois). L’accord a établi le nom qui perdure jusqu’à aujourd’hui : CHINESE TAIPEI OLYMPIC COMMITTEE, avec le code national TPE13. Un détail révèle le calcul politique de l’époque : dans l’ordre de défilé aux Jeux olympiques, le TPE a été placé dans le groupe T, évitant délibérément de le placer avec le code C de « China », afin d’éviter toute association visuelle d’une并列 « deux Chines ».

Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO. Le 23 mars 1981, il a signé l’« Accord de Lausanne » avec Shen Chia-ming, secrétaire général du Comité olympique de Chine. Le nom « Chinese Taipei » a ainsi été définitivement arrêté, pour être utilisé pendant quarante ans. (Photo Leo Medvedev, CC BY-SA 4.0)
📝 Note du conservateur
« Gagner le procès, puis accepter un nouveau nom » semble être une conclusion contradictoire, mais c’est précisément là que réside la plus grande méprise concernant « Taïwan chinois ». Il ne s’agit ni d’une capitulation pure, ni d’une victoire pure. Taïwan a prouvé au tribunal que le CIO avait tort, mais a accepté sur la table de négociation un nom qui n’était pas son premier choix, car le prix d’une exclusion de dix ans du monde sportif était plus difficile à supporter qu’un nom imparfait. Pour les athlètes, pouvoir participer est toujours la priorité absolue.
Un nouveau nom nécessitait de nouveaux symboles. La conception du drapeau a été esquissée par Lin Hsing-hsiung et finalisée par Weng Ming-yi, avant que Chiang Ching-kuo ne choisisse personnellement parmi trois propositions le « Drapeau des cinq anneaux de la fleur de prunier » : l’anneau extérieur reprend les trois couleurs bleu, blanc et rouge du drapeau national, le centre porte l’emblème du ciel bleu et du soleil blanc, et l’anneau olympique est incrusté en dessous14. Ce drapeau, plus tard communément appelé « Drapeau à la fleur de prunier », a remplacé le drapeau bleu, blanc et rouge depuis lors, apparaissant sur chaque podium olympique.
Drapeau du Comité olympique de Taïwan chinois, communément appelé « Drapeau à la fleur de prunier ». L’anneau extérieur bleu, blanc et rouge est tiré du drapeau de la République de Chine, l’emblème du ciel bleu et du soleil blanc au centre, et les anneaux olympiques en dessous. Entré en vigueur après l’Accord de Lausanne de 1981, il remplace le drapeau national sur le podium. (Wikimedia Commons, Domaine public)
Une mélodie identique, des paroles différentes
Si vous avez vu des athlètes taïwanais remporter l’or sur le podium olympique, vous aurez remarqué que le drapeau qui se lève n’est pas le drapeau national, et que l’hymne qui résonne n’est pas l’hymne national. Mais beaucoup ne remarquent pas que la « chanson du drapeau » jouée sur le podium, bien que la mélodie soit familière, a des paroles complètement différentes de ce que l’on imagine.
L’Accord de Lausanne stipulait que Taïwan ne pouvait pas utiliser son hymne national. Le Comité olympique de Chine a donc fait un arrangement ingénieux : conserver la mélodie de la chanson du drapeau national, mais réécrire les paroles. Les nouvelles paroles ont été écrites par Chang Pi-teh, alors vice-président et secrétaire général, approuvées par le comité exécutif du CIO le 1er juin 1983, et utilisées pour la première fois aux Jeux olympiques d’hiver de Sarajevo en 198415. Les paroles commencent ainsi :
✦ « Olympisme, Olympisme, sans distinction de religion, sans distinction de race. Pour promouvoir l’amitié, pour la paix mondiale, les jeunes des cinq continents se réunissent aux Jeux olympiques… »
En les lisant une fois, on constate que cette chanson ne contient ni « Taïwan », ni « République de Chine », ni même « Taïwan chinois » — elle parle de l’esprit olympique, de la paix mondiale, des jeunes des cinq continents. Une chanson née pour permettre la participation, évitant délibérément toute référence nationale. Lorsque les paires Lin Yang et Wang Chi-lin, ou郭 Hsueh-ch’un, ou Lin Yu-ting montent sur le plus haut podium, c’est cette mélodie familière aux paroles inconnues qui résonne. La plupart des Taïwanais ont entendu cette mélodie, mais ne savent pas nécessairement que ses paroles ont été changées.
_Clips de cérémonie de remise des médailles des Jeux olympiques de Paris 2024收录és par la chaîne officielle du CIO. Lorsque les athlètes de Taïwan chinois montent sur le podium, c’est cette mélodie familière aux paroles inconnues qui résonne, sans « Taïwan », ni « République de Chine ». _
Après le remplacement complet des trois symboles (nom, drapeau, hymne), Taïwan est enfin revenu sur la scène olympique en 1984. Le prix est qu’il ne pourrait plus entendre son véritable nom sur la scène internationale.
Un nom anglais, deux traductions chinoises, une bataille de souveraineté pour le nom
Le nom anglais « Chinese Taipei » était fixé, mais les ennuis ne faisaient que commencer, car il existe deux traductions chinoises.
Le 6 avril 1989, le secrétaire général du Comité olympique de Chine, Li Ching-hua, et le président du Comité olympique de Chine, Ho Chen-liang, ont signé un accord à Hong Kong (communément appelé « Consensus de 1989 »), confirmant que la traduction chinoise officielle de « Chinese Taipei » était « Taïwan chinois ». Le texte de l’accord était très spécifique : « … toute fois que l’on désigne les équipes sportives et organisations sportives de la région de Taïwan en chinois, on les appellera « Taïwan chinois ». »16
Le problème réside dans le champ d’application du texte. Si l’on lit attentivement, cet accord ne réglemente que les documents imprimés, manuels, lettres, badges et annonces de l’organisateur, c’est-à-dire qu’il s’applique à l’organisation officielle du jeu, mais pas aux médias. Cette faille est devenue une fissure qui fuit continuellement : les médias chinois peuvent continuer à utiliser légitimement l’autre traduction chinoise, « Chine Taipei ». Depuis avril 2017, CCTV a commencé à utiliser systématiquement « Chine Taipei » pour désigner les équipes taïwanaises17.
Pour Taïwan, bien que « Taïwan chinois » et « Chine Taipei » ne diffèrent que d’un caractère, leur signification est radicalement différente. La position du Conseil des Affaires Continentales (CAC) est que « Chine Taipei » abaisse Taïwan et viole le modèle du CIO ; tandis que la version du Bureau des affaires de Taïwan de la RPC est que les deux traductions sont des traductions de « Chinese Taipei », sans problème d’abaissement. Cette lutte d’un caractère n’a même pas de consensus à l’intérieur de Taïwan. Après avoir participé à l’Assemblée mondiale de la santé (AMH) en 2016 sous le nom de « Taïwan chinois », Tsai Ing-wen a déclaré : « Sur le plan de la dénomination, je n’ai pas été abaissée, et je n’ai pas été limitée par un cadre politique ; j’ai accompli la mission comme prévu »18 ; le président du Parti nationaliste, Chu Li-lun, a critiqué la double standard du Parti démocrate progressiste : « On ne peut pas dire que lorsque le KMT participe à l’AMH sous le nom de Taïwan chinois, c’est une perte de souveraineté et une humiliation, et que lorsque le DPP participe, c’est professionnel et pragmatique, sans abaissement »19. Le professeur Lin Huo-wang du département de philosophie de l’Université nationale de Taïwan a également pris position, « Taïwan chinois est aussi OK », « Reconnaître la réalité politique me fait penser que Tsai Ing-wen est une personne pragmatique »20.
📝 Note du conservateur
Le nom n’a pas changé depuis quarante ans, mais ce qu’il désigne est continuellement redéfini. Pour Pékin, c’est « Chine Taipei », une succursale locale ; pour l’animateur japonais de NHK qui diffuse les Jeux de Tokyo 2020, c’est « Taiwan desu » (C’est Taïwan) qui sort de sa bouche ; pour les athlètes, c’est le prix de la participation. La même chaîne de lettres « Chinese Taipei » émet des fréquences politiques complètement différentes selon la bouche qui la prononce. La véritable bataille pour ce nom est la bataille pour le droit d’interprétation.
L’influence du modèle « Taïwan chinois » a dépassé de loin les Jeux olympiques. Aux Jeux asiatiques de Pékin de 1990, Taïwan est revenu sous le nom de Taïwan chinois. En novembre 1991, Taïwan a également rejoint l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) avec la Chine et Hong Kong en tant qu’« économie » sous le nom de « Chinese Taipei » ; il s’agissait de la première organisation intergouvernementale internationale à laquelle Taïwan a adhéré depuis son retrait de l’ONU en 197121. De 2009 à 2016, Taïwan a participé à l’Assemblée mondiale de la santé en tant qu’observateur sous le nom de « Taïwan chinois » pendant huit années consécutives, jusqu’à ce qu’il ne soit plus invité à partir de 201722. Le « modèle du CIO » s’est ainsi déversé d’une simple disposition sportive pour devenir le modèle universel de la participation de Taïwan à presque toutes les organisations internationales où la Chine est présente.
Emblème du Comité olympique de Taïwan chinois, symbole d’identification approuvé en même temps que le drapeau après l’Accord de Lausanne de 1981. Par rapport au drapeau qui flotte sur le podium, l’emblème apparaît plus souvent sur les tenues des athlètes et les documents officiels — et a été repris, avec le « modèle du CIO », dans des contextes bien au-delà du sport, comme l’APEC ou l’AMH. (Wikimedia Commons, Domaine public)
Les personnes les plus touchées par le nom n’ont pas de scène de vote
En 2018, un référendum a soumis la question du « nom » pour la première fois à l’ensemble des Taïwanais.
L’initiatrice était Chi Cheng — et ce nom de Chi Cheng lui-même porte toute la contradiction de l’histoire de « Taïwan chinois ». En 1968, elle a remporté la première médaille olympique féminine pour Taïwan sous le nom de « Taiwan » ; en 1981, elle a été l’une des figures clés qui ont aidé à établir le modèle du Comité olympique de Taïwan chinois, permettant à Taïwan de revenir aux Jeux olympiques23 ; entre 1981 et 1990, elle a accepté l’appel du KMT pour servir comme membre du Yuan législatif. Puis, en 2018, l’ancienne figure du système a initié le « Référendum sur le changement de nom pour les Jeux olympiques de Tokyo », soutenant que Taïwan devrait concourir sous le nom de « Taïwan ». Une seule personne, passant en quarante ans de créatrice du nom à opposante au nom.
_Le sujet sur Chi Cheng dans « Contes de Taïwan » de FTV raconte toute l’arc : la « Gazelle qui saute » de Mexico en 1968, la figure clé qui a ramené Taïwan aux Jeux olympiques en 1981, l’initiatrice du référendum sur le changement de nom en 2018. Une seule personne, portant toute la contradiction du nom « Taïwan chinois ». _
Le texte principal du 13e référendum était clair : « Acceptez-vous d’appliquer pour participer à toutes les compétitions sportives internationales et aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 sous le nom complet de « Taïwan » (Taiwan) ? »24
Le référendum a engendré une collision frontale entre deux forces. D’un côté, ceux qui soutiennent le changement de nom, considérant qu’il s’agit d’une question de dignité ; de l’autre, ceux qui se sont opposés publiquement étaient les acteurs les plus directs de ce nom : les athlètes eux-mêmes. L’athlète de badminton Chou Tien-chen a déclaré : « Les athlètes concourent avec leur vie, et nous ne voulons qu’une scène, nous n’avons pas besoin d’un changement de nom idéologique. »25 Le sprinteur Yang Chun-han a appelé les électeurs : « Chaque vote que vous émettez concernera notre avenir…»26 La championne olympique d’haltérophilie Hsü Shu-ching a été plus directe : « Votez contre. »27
La peur des athlètes provient de l’attitude du CIO. En 2018, le CIO a adressé trois lettres au Comité olympique de Chine, indiquant clairement qu’il n’approuverait pas la demande de changement de nom, considérerait toute pression externe excessive comme une ingérence politique, et pourrait même retirer la reconnaissance du Comité olympique de Chine28. Pour les athlètes dont la carrière dépend de leur droit de participer, c’est une menace pour leur carrière professionnelle.
Mais il y a ici une clé souvent confondue. Si l’on distingue attentivement l’avertissement du CIO, on constate qu’il menace le « changement effectif du nom », et non le « vote demandant une demande ». La Charte olympique stipule que la suspension ne sera activée que lorsque le gouvernement ou une institution « entraverait le fonctionnement du comité olympique national » ; l’adoption du référendum signifie simplement demander au gouvernement de présenter une demande, et le Comité olympique de Chine, en tant qu’entité civile, pourrait théoriquement choisir de ne pas exécuter — la suspension ne serait pas automatiquement déclenchée29. Des vérificateurs de faits taïwanais comme « Mouvement pour le droit simple » ont également indiqué que « Référendum sur le changement de nom = suspension automatique » est une exagération de la peur.
⚠️ Point de vue controversé
La peur des athlètes était-elle donc infondée ? Pas nécessairement. La dynamique politique après l’adoption du référendum était pleine d’incertitudes, et le fait que le CIO ait envoyé trois lettres a créé une pression réelle — la pression n’a pas besoin de se transformer en suspension pour faire dormir un athlète la veille du vote. C’est là la chose la plus cruelle de « Taïwan chinois » : elle a comprimé un problème politique qui devrait être assumé par toute la société sur les épaules du groupe qui avait le moins de levier, mais qui subissait les conséquences les plus directes. Les personnes les plus touchées par le nom étaient précisément celles qui avaient le moins d’espace pour lutter pour un changement de nom.
Le 24 novembre 2018, les résultats du référendum ont été révélés. 4 763 086 voix pour (45,20 %), 5 774 556 voix contre (54,80 %), taux de participation de 55,89 %30. La proposition de changement de nom a été rejetée par une marge d’environ un million de voix. Hsü Shu-ching a déclaré après le référendum : « Le référendum n’a pas été adopté, ce qui est plus rassurant pour les athlètes, nous n’avons pas à assumer ce risque. »31
La couverture de TTV News sur le point de controverse le plus amplifié avant le référendum : si le changement de nom passait, le Comité olympique de Chine serait-il exclu du CIO ? La véracité même de cette question est au cœur de la divergence entre les athlètes et les partisans du changement de nom.
Quarante ans plus tard, le nom est toujours là, la guerre aussi
Le référendum est clos, mais la tension que le « nom » exerce sur chaque athlète ne s’est jamais arrêtée.
Avant les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022, la patineuse de vitesse sur courte piste Huang Yu-ting a été photographiée en train de s’entraîner dans un maillot de l’équipe chinoise brodé avec le mot « China ». Face à la controverse, elle a répondu : « Dans le monde du sport, nous ne faisons pas de distinction de nationalité »32 (tel quel), et a ajouté que participer aux Jeux « était comme jouer à domicile »33. Le Département des sports a jugé cette action inappropriée, a suspendu ses subventions pendant deux ans et a promis de modifier la loi34. Face au même « nom », certains s’efforcent de faire crier « Taïwan », tandis que d’autres estiment que la nationalité ne devrait pas faire partie du sport. Cette fissure est tracée à l’intérieur même du groupe des athlètes.
La couverture de CTS News en 2022 : Huang Yu-ting s’entraîne dans un maillot de l’équipe chinoise brodé avec « China », provoquant un tollé. Elle a déclaré « pas de distinction de nationalité dans le sport », tandis que la sanction du Département des sports a tracé une autre ligne.
Et ce qui est volé est parfois quelque chose de plus concret. À l’ouverture des Jeux olympiques de Tokyo 2020, lorsque le présentateur a prononcé « Chinese Taipei », l’animateur de la diffusion de NHK au Japon a directement crié « 台湾です » (C’est Taïwan)35 — ces quatre mots ont été appelés par de nombreux internautes taïwanais « le moment le plus émouvant de la soirée ». Mais aux Jeux olympiques de Paris 2024, dans les tribunes du match de double messieurs de badminton pour la médaille d’or, une banderole de soutien portant le mot « Taiwan » a été saisie et déchirée sur place par le personnel et des spectateurs supposés être de nationalité chinoise36. Sur la scène, Li Yang et Wang Chi-lin ont remporté la médaille d’or, le drapeau blanc à la fleur de prunier s’est levé sur le podium, et l’hymne sans les mots « Taïwan » a résonné. Le nom est toujours celui d’il y a quarante ans.
Après les Jeux olympiques de Paris, les médias et la société taïwanaise ont de plus en plus l’habitude de crier directement « Équipe Taïwan », plutôt que l’ancien « Équipe Chine », et les journalistes sportifs utilisent plus souvent des termes comme « Héros de Taïwan »37. Le balancier émotionnel de la société envers le nom est en train de bouger, mais le drapeau et la chanson sur le podium olympique ne bougent pas.
C’est dans cette tension que Chi Cheng est encore une fois sortie. En juillet 2021, cette personne qui avait ramené Taïwan aux Jeux olympiques en 1981 a annoncé qu’elle poussait à nouveau un référendum sur le changement de nom, avec pour objectif les Jeux olympiques de Paris 2024. Cette fois, l’ancien président Ma Ying-jeou s’est opposé publiquement, disant que le changement de nom « ne ferait que nuire à Taïwan »38.
De la banderole blanche « UNDER PROTEST » de Rome en 1960 à la banderole « Taiwan » déchirée à Paris en 2024, il s’écoule plus de soixante ans. Dans ces soixante années, ceux qui voulaient appeler « Taïwan » et ceux qui voulaient préserver « Chine » ont constamment changé de camp — le CIO a autrefois voulu donner à Taïwan le nom de « Taïwan », mais Taipei l’a repoussé ; les athlètes ont autrefois rejeté le nom de « Taïwan » par le vote, mais ont ensuite souhaité sur la scène que quelqu’un crie « Taiwan » pour eux ; Chi Cheng a créé « Taïwan chinois » de ses propres mains, et a passé la seconde moitié de sa vie à vouloir le renverser. Personne n’est resté immobile.
Et ce laissez-passer ne permet toujours à Taïwan d’entrer sur la scène que sous une condition : il ne peut jamais porter son propre nom. La prochaine fois que vous verrez le drapeau à la fleur de prunier se lever sur le podium et entendrez l’hymne sans le mot « Taïwan », vous saurez que cette bataille dure depuis quarante ans et n’a toujours pas de vainqueur. Et ceux qui se retrouvent coincés sont toujours la personne qui se tient sur la scène.
Lectures complémentaires
- Le problème de l’identification de Taïwan dans les normes internationales — De l’ISO 3166 aux logiciels open source, comment le nom de « Taïwan » est écrit et contesté dans l’infrastructure numérique mondiale, une origine commune mais un champ de bataille différent de celui des Jeux olympiques
- Le spectre de l’unification et de l’indépendance de Taïwan — Pourquoi les Taïwanais ont des sentiments si divergents envers les deux noms « Chine » et « Taïwan », l’analyse complète du spectre d’identité
- Les pays alliés de Taïwan et la diplomatie internationale — Au-delà du débordement du « modèle du CIO », le même dilemme du nom auquel Taïwan est confronté dans les domaines diplomatiques formels
- Chi Cheng — L’arc complet de la Gazelle qui saute, de la médaille de bronze de Mexico 1968, figure clé du système en 1981, à l’initiatrice du changement de nom en 2018
- Yang Ch’uan-kuang — L’athlète asiatique qui a remporté la première médaille olympique de Taïwan en 1960 sous le nom de « Formose »
- L’État invisible — Chi Cheng sort sa médaille de bronze olympique de 1968 dans ce documentaire, demandant « Taïwan chinois est-il le nom d’un pays ? »
Sources des images
- Hero / « UNDER PROTEST » à Rome 1960 : Olympische Spelen te Rome — Formosa liep onder protest, photo Harry Pot / Archives nationales des Pays-Bas (Nationaal Archief), CC0 1.0.
- Yang Ch’uan-kuang : C. K. Yang — UCLA Southern Campus 1960, Domaine public (PD-US, droits d’auteur non renouvelés).
- Samaranch : [Juan Antonio Samaranch](<https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Juan_Antonio_Samaranch_(3x4_cropped).jpg), photo Leo Medvedev, CC BY-SA 4.0.
- Drapeau (Drapeau à la fleur de prunier) : Drapeau du Comité olympique de Taïwan chinois, Wikimedia Commons, Domaine public. Anneau extérieur bleu, blanc et rouge tiré du drapeau de la République de Chine, emblème du ciel bleu et du soleil blanc au centre, anneaux olympiques en dessous, entré en vigueur après l’Accord de Lausanne de 1981.
- Emblème : Emblème du Comité olympique de Taïwan chinois, Wikimedia Commons, Domaine public (auteur Denelson83).
Sources vidéo
Les quatre vidéos sont intégrées depuis des chaînes officielles (journalisme documentaire / compétitions / documentaires, pas de recréation UGC) :
- Hymne du Comité olympique de Taïwan chinois / Cérémonie de Paris 2024 : Chaîne officielle des Jeux olympiques (Chaîne officielle du CIO)
- Sujet sur Chi Cheng : « Contes de Taïwan » de FTV (Chaîne officielle de FTV)
- Point de controverse du référendum sur le changement de nom pour les Jeux de Tokyo : TTV News (TTV officiel)
- Controverse du maillot de l’équipe chinoise de Huang Yu-ting : CTS News (CTS officiel)
Références
- Délégation de la République de Chine aux Jeux olympiques d’été de 1960 — Wikipédia en chinois, rapporte que le secrétaire général de l’époque, Lin Hung-tan, a fait entrer la délégation avec une banderole blanche « UNDER PROTEST » lors de la cérémonie d’ouverture.↩
- Richard W. Pound, Journal of Olympic History (ISOH) — Article académique du membre du CIO Pound citant les archives originales du CIO, confirmant que Rome 1960 est la seule protestation de cérémonie d’ouverture dans l’histoire olympique, et corrigeant l’idée qu’il y avait deux porteurs de pancartes (pancarte Formosa et pancarte Under Protest).↩
- Délégation de Taïwan chinois aux Jeux olympiques — Wikipédia en chinois, rapporte l’évolution des noms de participation à chaque édition, Helsinki 1952 où la République de Chine s’est retirée en raison de la question des « deux Chines ».↩
- Centre de vérification des faits de Taïwan : Taïwan n’a pas participé aux Jeux olympiques sous le nom de Taïwan dans les années 1960 — Cite les rapports officiels des Jeux pour vérifier les noms de chaque édition, confirmant que Mexico 1968 a participé sous le nom de « Taiwan » (TWN), Chi Cheng a remporté la médaille de bronze en 80 mètres haies féminin à cette édition, devenant la première lauréate taïwanaise.↩
- Délégation de la République de Chine aux Jeux olympiques d’été de 1972 — Wikipédia en chinois, rapporte que Munich 1972 est la « dernière participation réussie de la République de Chine aux Jeux olympiques d’été avec son nom officiel, son drapeau et son hymne ».↩
- Republic of China at the Summer Olympics — Wikipédia en anglais, rapporte qu’en 1976 à Montréal, le Canada (ayant reconnu la RPC en 1970) a refusé le nom « Republic of China », et le CIO a proposé un compromis pour participer sous le nom de « Taiwan ».↩
- Montreal 1976: Diplomatic Controversies — Site officiel du CIO, rapporte que lors des Jeux de Montréal 1976, le Canada a refusé le nom « Republic of China », le CIO a tenté un compromis, et la ROC s’est finalement retirée la veille de la cérémonie d’ouverture.↩
- Commentaire sur le rejet du nom « Taiwan » en 1976, tiré du chercheur Garret Clarke « it was the KMT that made this decision. It was an own goal, basically. » (Source unique, citée comme point de vue de l’auteur et non comme fait établi). La recherche de l’universitaire chinois Xu Guoqi soutient également ce fait historique selon lequel Taipei a pris la décision, voir Richard W. Pound, Journal of Olympic History (ISOH) citant les archives originales du CIO.↩
- Nagoya Resolution — Wikipédia en anglais, rapporte que la résolution de Nagoya de 1979 a établi par vote par correspondance le modèle des deux comités olympiques : la RPC utilise le drapeau et l’hymne nationaux, la ROC doit changer de nom en Chinese Taipei et son drapeau et hymne doivent être différents d’avant, résultat publié le 26-11-1979.↩
- Tang Ming-hsin : Analyser le « modèle du CIO » et l’« accord des deux comités » — Fondation de recherche sur les politiques nationales, Tang Ming-hsin, ancien membre du Comité olympique de Chine, raconte de première main la procédure du procès intenté par Hsu Heng et le Comité olympique de Chine devant le tribunal de Lausanne à la fin de 1979.↩
- Tang Ming-hsin : Analyser le « modèle du CIO » et l’« accord des deux comités » — Fondation de recherche sur les politiques nationales, rapporte mot à mot le jugement intermédiaire du tribunal de Lausanne du 27-03-1980 « le CIO semble contraire à l’esprit et aux textes de la Charte, en particulier aux articles 64, 65, 66 » et la décision sur les frais « les frais d’audience de 100 francs suisses sont pris en charge par le CIO, et 500 francs suisses supplémentaires sont versés à M. Hsu Heng (le demandeur) pour compenser ses dépenses ».↩
- Accord de Lausanne — Wikipédia en chinois, rapporte que le 26-01-1981, Hsu Heng et d’autres sont parvenus à un consensus avec Samaranch et ont retiré le procès.↩
- Lin Chia-ho / « Taïwan chinois » : Avant et après — Ces années-là, nous avons poursuivi le CIO — The Reporter, l’universitaire en droit Lin Chia-ho analyse la procédure du 23-03-1981 où le secrétaire général Shen Chia-ming a signé l’Accord de Lausanne avec Samaranch, établissant le nom « CHINESE TAIPEI OLYMPIC COMMITTEE » et le code TPE.↩
- Drapeau du Comité olympique de la République de Chine (Drapeau à la fleur de prunier) — Wikipédia en chinois, rapporte que le drapeau à la fleur de prunier a été esquissé par Lin Hsing-hsiung, finalisé par Weng Ming-yi, choisi par Chiang Ching-kuo parmi trois propositions, le design comprenant les trois couleurs bleu, blanc et rouge du drapeau national, l’emblème du ciel bleu et du soleil blanc et les anneaux olympiques.↩
- Vous ne savez peut-être pas, les paroles de l’hymne du Comité olympique de Chine ne sont pas celles de la chanson du drapeau ! — Sports Vision, rapporte que l’hymne a été écrit par Chang Pi-teh, utilisant la mélodie de la chanson du drapeau avec de nouvelles paroles, approuvé par le comité exécutif du CIO le 01-06-1983, utilisé pour la première fois aux Jeux olympiques d’hiver de Sarajevo 1984, paroles complètes « Olympisme, Olympisme, sans distinction de religion, sans distinction de race… ».↩
- Taïwan chinois — Wikipédia en chinois (transcrit par le Conseil des affaires nationales), rapporte que le 06-04-1989, Li Ching-hua et Ho Chen-liang ont signé un accord à Hong Kong, confirmant la traduction chinoise de Chinese Taipei comme « Taïwan chinois », le texte ne réglementant que les documents, manuels, lettres, badges et annonces de l’organisateur.↩
- Controverse de la traduction entre Taïwan chinois et Chine Taipei — Wikipédia en chinois, rapporte qu’à partir d’avril 2017, CCTV a commencé à utiliser systématiquement « Chine Taipei » pour désigner les équipes taïwanaises.↩
- Tsai Ing-wen : Le titre de WHA n’a pas été abaissé — Sanli News Network, rapporte que Tsai Ing-wen a déclaré le 27-05-2016 « Sur le plan de la dénomination, je n’ai pas été abaissée, et je n’ai pas été limitée par un cadre politique ; j’ai accompli la mission comme prévu » (cette version mot à mot est basée sur le rapport de Sanli).↩
- Tsai Ing-wen dit que Taïwan chinois n’a pas été abaissé, Chu Li-lun critique la double standard — Liberty Times Net, rapporte que Chu Li-lun a critiqué le 29-05-2016 « On ne peut pas dire que lorsque le KMT participe à l’AMH sous le nom de Taïwan chinois, c’est une perte de souveraineté et une humiliation, et que lorsque le DPP participe, c’est professionnel et pragmatique, sans abaissement ».↩
- Xiao Ying dit « Taïwan chinois » n’a pas été abaissé, Lin Huo-wang : Le président Tsai est pragmatique — Liberty Times Net, rapporte que le professeur Lin Huo-wang de l’Université nationale de Taïwan a déclaré le 27-05-2016 « Taïwan chinois est aussi OK », « Reconnaître la réalité politique me fait penser que Tsai Ing-wen est une personne pragmatique ».↩
- Ministère des Affaires étrangères : Notre participation à l’APEC — Source directe du Ministère des Affaires étrangères, rapporte qu’en 1991, Taïwan, grâce à la médiation de la Corée du Sud, a rejoint l’APEC avec la Chine et Hong Kong sous le nom de « Chinese Taipei », étant la première organisation intergouvernementale internationale à laquelle Taïwan a adhéré depuis son retrait de l’ONU.↩
- Ministère des Affaires étrangères : Notre participation à l’Assemblée mondiale de la santé (AMH) — Source directe du Ministère des Affaires étrangères, rapporte que Taïwan a été invité à participer à l’AMH en tant qu’observateur de 2009 à 2016, et n’a plus été invité à partir de 2017.↩
- Chi Cheng — Wikipédia en chinois / Site officiel de la Fondation Hope, rapporte l’arc de Chi Cheng : médaille de bronze à Mexico 1968, aide à établir le modèle du Comité olympique de Taïwan chinois en 1981, service comme membre du Yuan législatif de 1981 à 1990, initiation du référendum sur le changement de nom pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2018.↩
- Référendum sur le changement de nom de Taïwan pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020 — Wikipédia en chinois (citant le bulletin de la Commission électorale centrale), texte principal du 13e référendum « Acceptez-vous d’appliquer pour participer à toutes les compétitions sportives internationales et aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 sous le nom complet de « Taïwan » (Taiwan) ? ».↩
- Chou Tien-chen : Les athlètes ne veulent qu’une scène — Formosa Sports News, 21-11-2018, rapporte que l’athlète de badminton Chou Tien-chen a déclaré « Les athlètes concourent avec leur vie, et nous ne voulons qu’une scène, nous n’avons pas besoin d’un changement de nom idéologique ».↩
- Athlètes s’opposent au référendum sur le changement de nom pour les Jeux de Tokyo — TVBS, rapporte que le sprinteur Yang Chun-han a appelé les électeurs « Chaque vote que vous émettez concernera notre avenir… » (la phrase originale continue par « J’espère que vous réfléchirez clairement, et vous battrez pour le sport »).↩
- Athlètes s’opposent au référendum sur le changement de nom pour les Jeux de Tokyo — TVBS, rapporte que la championne olympique d’haltérophilie Hsü Shu-ching a appelé « J’espère également que vous pourrez défendre les droits de compétition des athlètes, et voter contre ».↩
- Le changement de nom pour les Jeux de Tokyo a été averti trois fois par le CIO — Global Views Monthly, rapporte qu’en 2018, le CIO a adressé trois lettres au Comité olympique de Chine (troisième lettre le 16-11), indiquant qu’il n’approuverait pas le changement de nom, considérerait toute pression externe excessive comme une ingérence, et pourrait retirer la reconnaissance.↩
- Yang Kuei-chih / Modèle du CIO : Les Taïwanais qui partent à l’étranger pour concourir deviennent des Taïwanais chinois ? — Mouvement pour le droit simple, analyse selon la Charte olympique que la condition de suspension est que le gouvernement/une institution « entraverait le fonctionnement du comité olympique national », le référendum ne déclenche pas automatiquement la suspension, indiquant que « Référendum sur le changement de nom = suspension automatique » est une exagération de la peur.↩
- Jeu de chaises musicales entre les voix pour et contre, le changement de nom pour les Jeux de Tokyo n’a pas passé — CNA (votes confirmés par trois sources : Bureau des inspecteurs, bulletin de la Commission électorale centrale), 24-11-2018, 4 763 086 voix pour (45,20 %), 5 774 556 voix contre (54,80 %), taux de participation 55,89 %, proposition de changement de nom rejetée.↩
- Hsü Shu-ching commente les résultats du référendum — China Times, 27-11-2018, rapporte que Hsü Shu-ching a déclaré « Le référendum n’a pas été adopté, ce qui est plus rassurant pour les athlètes, nous n’avons pas à assumer ce risque ».↩
- Huang Yu-ting répond à la controverse du maillot de l’équipe chinoise — CTS, 03-02-2022, cite le Facebook de Huang Yu-ting « Le sport est le sport, dans le sport nous ne faisons pas de distinction de nationalité » (« 屆 » est une faute de frappe dans l’original).↩
- Huang Yu-ting : C’était comme jouer à domicile — New Talk, 08-02-2022, rapporte qu’après les Jeux de Pékin, Huang Yu-ting a déclaré « Je me suis senti ému par la chaleur du public sur place, c’était comme jouer à domicile ».↩
- Huang Yu-ting aux Jeux d’hiver porte le maillot de l’équipe chinoise, provoquant controverse, le Département des sports promet de modifier la loi — Liberty Sports, rapporte que le 03-03-2022, le Département des sports a jugé inapproprié que Huang Yu-ting porte le maillot de l’équipe chinoise, a suspendu ses subventions pendant deux ans et a promis de modifier la loi.↩
- L’équipe chinoise de Taïwan entre aux Jeux de Tokyo, la diffusion de NHK crie directement « Taïwan » — CNA, 23-07-2021, rapporte qu’à l’ouverture des Jeux de Tokyo 2020, l’animateur de NHK a directement utilisé le japonais « 台湾です » (Taiwan desu) pour nommer l’équipe taïwanaise lorsque le présentateur a prononcé « Chinese Taipei ».↩
- Flags banned, signs ripped up: Why you can't mention Taiwan at the Olympics — NBC News, rapporte qu’aux Jeux olympiques de Paris 2024, une banderole de soutien portant le mot « Taiwan » dans les tribunes du match de double messieurs de badminton pour la médaille d’or a été saisie et déchirée sur place, Li Yang et Wang Chi-lin ont remporté l’or.↩
- Chinese Taipei or Team Taiwan? Exploring Sport and National Identity in Contemporary Taiwan — Taiwan Insight, analyse la tendance croissante des médias et de la société taïwanais à préférer l’appellation « Équipe Taïwan » (Team Taiwan) plutôt que « Équipe Chine » après les Jeux olympiques de Paris.↩
- Chi Cheng prévoit de pousser à nouveau le référendum sur le changement de nom pour les Jeux olympiques de Paris, Ma Ying-jeou : Cela ne fera que nuire à Taïwan — New Talk, 31-07-2021, rapporte qu’en juillet 2021, Chi Cheng a annoncé qu’elle poussait à nouveau un référendum sur le changement de nom pour les Jeux olympiques de Paris 2024, l’ancien président Ma Ying-jeou s’y est opposé en disant « Ce référendum n’a aucun sens, cela ne fera que nuire à Taïwan, ce n’est pas bon pour Taïwan ».↩