Aperçu en 30 secondes : L'Institut de stratégie de contenu culturel (TAICCA), créé en 2019, est un organe administratif chargé d'investir dans l'industrie du contenu culturel, mandaté pour exécuter l'enveloppe d'investissement de 10 milliards de dollars taïwanais allouée par le Fonds national de développement. Son mode de financement diffère des subventions du ministère de la Culture : les investissements doivent être récupérés. À fin 2024, il a investi 5,737 milliards au nom du Fonds national de développement, pour un total de 10,226 milliards en y ajoutant les fonds privés, dont près des trois quarts dans la radiodiffusion, la télévision et le cinéma. En sept ans, il a atteint une certaine envergure, mais a aussi laissé quatre frictions de même nature — là où des traces auraient dû être conservées, il n'y en a pas. Aux deux extrémités de cette ligne : un premier directeur général officiel qui a démissionné après quinze mois, et un budget de plus de 100 millions rayé en août 2026.
Le 14 décembre 2020, Hu Ching-fang a annoncé sur sa page Facebook qu'elle partait.
Elle était la première directrice générale officielle de l'Institut de stratégie de contenu culturel, avec un mandat de quinze mois, sans avoir publiquement expliqué les raisons de son départ1. Au moment de sa démission, l'institution n'était opérationnelle que depuis un an et un mois. Le 6 juin 2019, la ministre de la Culture de l'époque, Cheng Li-chun, avait déclaré que l'Institut serait opérationnel avant fin juin, avec l'espoir de façonner en cinq ans la marque culturelle de Taïwan, pour faire de la culture taïwanaise une nouvelle tendance émergente en Asie2. Le panneau a été effectivement posé le 8 novembre de la même année, avec plus de quatre mois de retard, et le président était présent lors de l'inauguration3.
Cette chaise qu'on n'arrive pas à faire occuper
Cette chaise est restée vacante une fois déjà avant Hu Ching-fang. Le premier conseil d'administration de l'Institut de stratégie culturelle s'est constitué en juin 2019, mais ce n'est que le 19 septembre de la même année qu'il l'a nommée directrice ; pendant ces trois mois, le poste de directeur a été assuré par intérim par la présidente du conseil, Ting Hsiao-ching. Après son départ, Ting Hsiao-ching a de nouveau assuré l'intérim pendant plus de cinq mois, jusqu'à la prise de fonctions du nouveau directeur en juin 20214. Lorsqu'un organisme démarre, c'est généralement la phase où l'on met en place les systèmes et où l'on constitue les équipes. Au total, le poste de directeur de l'Institut de stratégie culturelle est resté occupé par une présidente par intérim pendant plus de huit mois. Par la suite, ce fauteuil a encore changé de titulaire trois fois.
Cet organisme qui peine à trouver un dirigeant stable a son siège à Songshan, Taipei. Sa personnalité juridique est celle d'une personne morale administrative — c'est-à-dire une personne morale de droit public, extérieure au gouvernement, chargée d'exécuter une mission légale spécifique. Son acte constitutif a été adopté en troisième lecture par le Yuan législatif le 25 décembre 2018 et est entré en vigueur le 12 février 20195 ; son autorité de tutelle est le Ministère de la Culture.

L'argent qu'il gère correspond à l'enveloppe de dix milliards de dollars taïwanais que le Fonds national de développement a réservée à l'industrie culturelle et créative6. Ces fonds n'appartiennent pas à l'Institut de stratégie culturelle ; son rôle est d'évaluer, de délibérer et d'investir au nom du Fonds national de développement, puis d'en assurer le suivi. Le statut de personne morale administrative lui confère de la souplesse : la gestion du personnel, de la comptabilité et des opérations n'est pas soumise aux règles de la fonction publique, afin que les décisions puissent suivre le rythme du marché. La réactivité est sa mission ; la continuité est pourtant ce qu'il a perdu en premier.
Ce poste a urgemment besoin d'un titulaire, car cet organisme porte, depuis le jour même où il a été proposé, un délai de rattrapage à respecter.
Est-ce un retard de vingt ans sur la Corée, ou ces vingt ans ont-ils été mal calculés ?
Le 9 mars 2017, un article du Liberty Times rapportait : « L'Institut coréen de promotion du contenu (KOCCA) investit massivement dans les industries culturelles telles que le cinéma, la télévision et la musique, propulsant la "vague coréenne" vers le monde ; le Ministère de la Culture prévoit également de créer un organisme similaire, l'"Institut de stratégie de contenu culturel" (文策院), pour soutenir l'industrie culturelle de manière plus flexible ; ce projet a obtenu l'accord préliminaire du ministre sans portefeuille Chang Ching-sen, et devrait être soumis à l'Exécutif Yuan après élaboration d'un plan plus détaillé. »7 Il s'est écoulé un an entre cet article et l'adoption du projet par l'Exécutif Yuan, et neuf mois supplémentaires avant sa troisième lecture au Yuan législatif.
À cette époque, les médias taïwanais avaient un cadre tout trouvé pour en parler. En 2019, le titre de CommonWealth Magazine écrivait directement : « 20 ans de retard sur la Corée du Sud, Taïwan a enfin son "Institut de stratégie culturelle" ! Mais que font-ils exactement ? »8 Ce chiffre de « vingt ans » a été repris d'innombrables fois par la suite, mais il dépend de l'année à partir de laquelle on commence à compter.
L'actuel Institut coréen de promotion du contenu (KOCCA, 콘텐츠진흥원) a été fondé en mai 2009 par la fusion de cinq organismes. En remontant plus loin, son principal prédécesseur est l'Institut coréen de promotion du contenu culturel (韓國文化內容振興院), créé en août 2001 et devenu une personne morale légale en octobre 20029. En prenant 2009 comme référence, Taïwan accuse un retard de dix ans. En prenant 2001, le retard est de dix-huit ans. Quelle que soit l'année choisie, ce n'est pas vingt ans.
Plus crucial que les années, c'est la structure. La Corée n'a jamais été « un KOCCA » face à « un Institut de stratégie culturelle ». Les recherches de la professeure Kuo Chiu-wen de l'Université nationale Chengchi indiquent que, sous le Ministère coréen de la Culture, des Sports et du Tourisme, la seule « Division de l'industrie du contenu culturel » supervise 18 personnes morales spéciales avec une division du travail : animation, jeux, audiovisuel, édition ont chacune leur organisme dédié, et le KOCCA n'en est qu'un parmi d'autres10. Du côté de Taïwan, un seul Institut de stratégie culturelle doit assumer l'ensemble des catégories : cinéma et télévision, musique populaire, édition imprimée, édition numérique, animation, jeux, design de mode, soutien aux arts, applications technologiques culturelles, etc.
Source : Kuo Chiu-wen « Situation actuelle de la mise en place des organisations intermédiaires de l'industrie culturelle coréenne » 《文化越界》 2017 ; historique officiel du KOCCA
Le cadre du « retard », les autorités elles-mêmes n'en ont pas une version fixe. Le 30 décembre 2024, le ministre de la Culture Lee Yuan, défendant le budget du manga devant la Commission de l'éducation et de la culture du Yuan législatif, a déclaré qu'à ses trente ans, le cinéma taïwanais avait déjà dépassé celui de nombreux pays, avant d'annoncer l'objectif de voir le manga taïwanais dépasser le Japon et la Corée d'ici 202711. La raison d'être de l'Institut de stratégie culturelle à l'époque était : la Corée du Sud a un institut de promotion, Taïwan devrait en avoir un aussi. Sept ans plus tard, le ministre qui le supervise déclare au Yuan législatif que Taïwan a toujours été en tête.
Le mois où l'acte d'organisation a été adopté, le spécialiste en politiques culturelles Liu Chun-yu a publié une tribune écrivant : « Qu'on le dise comme on veut, l'Institut de stratégie culturelle et les divers organismes intermédiaires culturels ne sont que le centre national d'entraînement sportif et l'équipe d'entraîneurs avant la compétition internationale. »12 Il rappelait alors que les talents créatifs sont les véritables protagonistes, l'institution n'étant que l'endroit qui les envoie sur le terrain. Cette phrase a été écrite le 26 décembre 2018 — à ce moment-là, l'Institut de stratégie culturelle n'avait même pas encore sa plaque.
L'urgence de rattraper le temps perdu a inscrit la « rapidité » dans l'acte de naissance de cet organisme, et a aussi séparé ses outils du Ministère de la Culture.
Ce n'est pas une subvention, c'est une prise de participation
Les Taïwanais ont l'impression que le Ministère de la Culture octroie des subventions : dépôt de candidature, examen, approbation, versement, l'argent sort et ne revient jamais. L'Institut de stratégie culturelle est souvent perçu comme un autre guichet du même service, mais ce n'est pas son activité principale.
Le Ministère de la Culture le dit très clairement : « Les opérations de l'Institut de stratégie culturelle se concentrent sur l'investissement et le financement de l'industrie des contenus culturels, en utilisant les investissements du Fonds national de développement pour attirer les capitaux privés et revitaliser le marché ; les subventions existantes pour les arts et la culture restent quant à elles gérées au sein du Ministère de la Culture, sans en être affectées », et il insiste sur le fait que « l'investissement présente un caractère récupérable, ce qui le différencie totalement de la nature des subventions aux arts privés financées par le budget administratif »13. L'investissement vise à obtenir des parts et à être récupéré. Cette ligne de démarcation est ce que l'Institut de stratégie culturelle répète le plus souvent dans sa communication externe.
Le cadre juridique de ce mécanisme d'investissement est plus ancien que l'Institut de stratégie culturelle lui-même. Le « Règlement de gestion des investissements du Fonds national de développement pour l'industrie culturelle et créative » a été conjointement établi et promulgué le 3 décembre 2010 par le Conseil pour la construction culturelle de l'Exécutif Yuan et le Conseil pour la construction économique de l'Exécutif Yuan (aujourd'hui le Ministère de la Culture et le Conseil national de développement), soit huit ans avant la création de l'Institut. L'allocation de 10 milliards de dollars du Fonds national de développement à l'industrie culturelle et créative est une autre décision adoptée en mai de la même année par le Comité de gestion du Fonds national de développement. Ce règlement a intégré l'Institut de stratégie culturelle et lui a confié la mission d'évaluation des investissements et de gestion post-investissement, mais cela n'est survenu qu'avec l'amendement d'avril 2019 — la même année que son ouverture.
Ce même amendement a également fixé le plafond d'un cas d'investissement unique à 49 % du montant total du projet6. Cela signifie que l'Institut de stratégie culturelle ne peut jamais être celui qui apporte plus de la moitié ; il faut obligatoirement que de l'argent privé suive pour que le dossier soit constitué.
Deux chiffres sont encore souvent confondus. Le budget annuel de fonctionnement de l'Institut de stratégie culturelle s'élève à 943,17 millions de dollars pour 20253 — c'est le coût pour faire vivre cet organisme. Les quelques milliards qu'il investit sont l'enveloppe d'investissement qu'il exécute pour le compte du Fonds national de développement. D'un côté les salaires, le loyer, les bureaux ; de l'autre le capital investi sur le marché : deux natures totalement différentes.
L'argent qui fait vivre cet organisme provenait initialement à 100 % du gouvernement. Le Centre budgétaire du Yuan législatif note dans son « Rapport d'évaluation budgétaire 2022 (année 111) du Ministère de la Culture » un chiffre : le revenu total de l'Institut de stratégie culturelle pour l'exercice s'élevait à 1,172 milliard de dollars, intégralement issu de dons gouvernementaux ; le même rapport recommande au Ministère de la Culture de le pousser à « adopter une gestion d'entreprise flexible et efficace, augmenter les bénéfices d'exploitation et augmenter progressivement ses ressources propres »14. Un organisme conçu pour fonctionner comme une entreprise, dont la structure des revenus du premier exercice complet ne ressemble en rien à celle d'une entreprise.
Le dilemme de cet outil d'investissement, l'Institut de stratégie culturelle l'a lui-même exprimé en février 2022. C'était lors d'une séance de questions-réponses d'une session d'explication sur les modalités d'investissement dans les projets audiovisuels : « Si l'on ne considère que le retour financier, le résultat ne sera probablement que des films d'horreur, des films sentimentaux, etc. ; or, certains ont du sens mais possèdent un potentiel de récupération, ils ont alors une chance de passer le comité d'investissement »15. Choisir uniquement selon le retour financier aboutit à un certain type de programmation. Vouloir choisir des projets « qui ont du sens », c'est assumer un autre type de risque. Quel que soit le choix, pertes ou gains, quelqu'un devra en rendre compte à la fin.
Voilà la situation fondamentale de l'Institut de stratégie culturelle : il dispose des outils d'un organisme d'investissement, mais porte l'étiquette d'un organisme gouvernemental. Les outils exigent qu'il juge le marché comme un capital-risque, décide rapidement, assume la possibilité de perdre de l'argent. Son statut exige qu'il rende des comptes comme un organisme public, sur chaque centime dépensé.
Tout le monde se souvient de 《模仿犯》, c'est 《境界奧德賽》 qu'il a financé
Ces dernières années, les œuvres les plus souvent citées comme preuves que « les séries taïwanaises décollent » n'ont pas été financées par l'Institut de stratégie culturelle (文策院). 《模仿犯》 est un projet financé par Netflix et produit par Hancao Film & TV16. Les bailleurs de fonds de 《茶金》 sont la PTS et le Conseil des affaires hakka, avec une production de Hancao Film & TV17. 《通靈少女》 a été diffusée pour la première fois le 2 avril 2017, soit près de deux ans avant la création légale de l'Institut de stratégie culturelle18. Aucune de ces trois œuvres ne figure dans la liste d'investissements publiée par l'Institut.
Que contient cette liste ? Prenons le lot de 2024 comme exemple : côté jeux vidéo, 《境界奧德賽》 et 《三國群英傳-格鬥版》 ; côté audiovisuel, 《角頭-大橋頭》, 《正港分局》, 《上船了各位!》 ; côté musique et spectacle, la comédie musicale 《囍宴》, la pièce de théâtre 《西門町一番地》, le Festival des boules de feu 2024 ; côté animation et bande dessinée, 《成為奪心魔之必要》19. Les œuvres dont le grand public se souvient et celles dans lesquelles l'Institut a réellement investi forment deux listes qui se chevauchent à peine.
《茶金》 compte pourtant trois liens réels avec l'Institut, mais leur forme ne correspond pas à celle d'un « investissement ». Le premier lien est l'infrastructure : la Bibliothèque numérique de modèles 3D de Taïwan, gérée par l'Institut, contenait déjà les assets 3D du pont de Taipei. Le réalisateur Lin Jun-yang a déclaré : « Je suis aussi très content que la Bibliothèque numérique de modèles 3D de Taïwan du Ministère de la Culture (note de la rédaction : désormais transférée à l'Institut) possédait déjà le pont de Taipei ; le rêve a ainsi pu créer un pont de Taipei qui bouclait à l'infini, qu'on ne finissait jamais de traverser, ce qui s'est révélé très pratique pour le tournage »20. Le deuxième lien est le savoir : le site officiel de l'Institut publie une étude approfondie sur l'expérience de production de 《茶金》 et 《斯卡羅》, avec des entretiens du scénariste, du réalisateur et du fondateur de la société d'animation.
Le troisième lien, enfin, est l'argent. Le film suivant de l'équipe du producteur Tang Sheng-rong, 《1977年的那一張照片》, a bénéficié d'une mise en relation par le Conseil des affaires hakka, d'un investissement de l'Institut pour le développement du scénario, et d'un financement de la Fondation de communication publique hakka associé à un financement participatif civil21. Ces trois liens additionnés décrivent bien plus fidèlement ce que l'Institut fait réellement que la phrase « l'Institut a investi dans 《茶金》 ».
📝 Note du commissaire
Le raccourci commode veut que les contenus taïwanais rayonnent à l'international grâce à l'investissement public. Mais plus une œuvre est connue, moins l'Institut y est impliqué ; et celles dans lesquelles il s'implique profondément, le grand public ne les connaît pas. Pour juger si cet organisme fait du bon travail, il faut d'abord cesser d'utiliser la notoriété comme mètre étalon — et découvrir que le mètre qu'il faudrait utiliser, l'Institut ne l'a toujours pas chiffré à ce jour.
Regarder une seule œuvre donne ce constat ; élargir à une année entière donne le même. L'échelle financière n'était pas reluisante durant les trois premières années suivant la reprise par l'Institut. En octobre 2021, le Centre budgétaire du Yuan législatif écrivait sans ménagement dans son « Rapport d'évaluation budgétaire 2022 (année 111) de l'Institut de stratégie culturelle » : « Le taux d'exécution cumulé n'atteint pas 20 %, et les dossiers de demande sont épars. » Cette enveloppe de 10 milliards était inscrite dès 2010 ; l'Institut ne l'a reprise en gestion fiduciaire qu'en 2019, et à octobre 2021, le montant cumulé décaissé n'était que de 1,8254 milliard22. « Dossiers de demande épars » : quatre mots durs — l'argent est là, presque personne ne vient le chercher.
Trois ans plus tard, les chiffres se sont inversés. À fin 2024, l'Institut a investi au nom du Fonds national de développement un montant cumulé de 5,737 milliards, portant le total à 10,226 milliards en y ajoutant les investissements privés correspondants. Parmi eux, la radio-télévision et le cinéma représentent à eux deux près des trois quarts, les huit autres catégories se partageant le quart restant23.
Source : CTWANT, 21 août 2025, reprenant les statistiques de l'Institut
L'Institut présente ses montants d'investissement approuvés et les fonds privés qu'il a mobilisés selon deux périmètres distincts19.
| 2023 | 2024 | |
|---|---|---|
| Montant d'investissement approuvé | 1,122 | 3,323 |
| Fonds privés mobilisés | 2,449 | 8,095 |
Source : chiffres 2023 compilés par Ying CG, chiffres 2024 d'après Central News Agency du 4 janvier 2025. Le « fonds privés mobilisés » ici désigne le capital privé total entraîné par les dossiers, périmètre plus large que l' « investissement privé correspondant » de la fiche ci-dessus ; les deux séries ne sont pas additives
Cette dynamique d'expansion, portée à l'échelle de l'industrie, se matérialise chaque novembre au TCCF (Creative Content Festival) au Centre d'exposition de Nangang. L'édition 2025 a reçu près de 700 candidatures venues de 44 pays24. Dans les mêmes indicateurs, une courbe descend : 44 pays contre 50 en 2024. L'Institut connecte aussi l'industrie taïwanaise aux réseaux étrangers. Le 21 mars 2022, signature d'un mémorandum de coopération avec Netflix25 ; le 19 mars 2024, signature formelle à Lille (France) avec le festival Series Mania pour co-organiser un atelier de développement de séries de huit mois26.
L'Institut apparaît dans les festivals internationaux sous deux formes très différentes. 《左撇子女孩》 de Tsou Shih-ching, sélectionné à la Semaine de la critique du 78e Festival de Cannes 2025, et 《女孩》 écrit et réalisé par Shu Qi, sélectionné en compétition officielle de la 82e Mostra de Venise 2025 — aucun de ces deux films n'a l'Institut parmi ses financeurs ou producteurs ; ce que l'Institut y fait, c'est monter le pavillon physique de Taïwan au Marché du film de Cannes et y amener les équipes taïwanaises pour des mises en relation27. Le film où l'Institut figure réellement comme coproducteur est bien plus discret : la coproduction taïwano-japano-polonaise 《Good Death》, où l'Institut apparaît aux côtés du japonais VIPO et de l'Agence pour les affaires culturelles du Japon dans la liste des parties prenantes au financement28. Le pavillon de Taïwan est un stand monté pour la durée du marché, démonté sitôt l'événement fini.
Tous ces dossiers partagent une même forme : le centre de gravité est entièrement porté sur les contenus vendables à l'étranger — audiovisuel, jeux vidéo, propriété intellectuelle éditoriale, festivals internationaux. Le fait que la radio-télévision et le cinéma absorbent près des trois quarts est la traduction chiffrée de ce biais. Dans la liste publique d'investissements de l'Institut, on cherche en vain des dossiers liés au théâtre traditionnel ou aux thèmes autochtones ; le seul dossier lié à la culture hakka est 《1977年的那一張照片》, venu via le Conseil des affaires hakka.
L'échelle, indéniablement, a été atteinte. Mais est-elle vraiment plus rapide qu'un département gouvernemental ? Sept ans plus tard, il n'existe pas un seul chiffre permettant de le comparer — ce qui reste, c'est une inauguration retardée de plus de quatre mois, plus de huit mois sans directeur général titulaire, un taux d'exécution du plan à 10 milliards inférieur à 2 % durant les trois premières années. Que les réalisations aient été vues, évaluées, est une autre question encore.
Les versions peuvent être multiples, le compte-rendu doit être unique
Fin avril 2021, quand l'affaire de CCC Creative Comics éclate, le conflit apparent porte sur le maintien ou non de l'équipe éditoriale ; le fond du problème, c'est la manière dont le budget est reconduit. CCC est une plateforme de bande dessinée que l'Institut de stratégie culturelle a reprise du Ministère de la Culture, et c'est aussi l'un des pivots publics les plus importants de la bande dessinée taïwanaise depuis une quinzaine d'années. En avril 2021, le budget du plan prospectif qui le soutenait arrive à échéance, le renouvellement des contrats de l'équipe éditoriale est basculé sous l'item « Plan de gestion d'exploitation de la base de bande dessinée et de la plateforme numérique », et la première proposition soumise à ce moment-là ne prévoyait des contrats que jusqu'en décembre de la même année29. L'argent d'une personne morale administrative est lié aux projets par année ; quand le projet expire, il faut en trouver un nouveau, c'est la structure. Retombée sur les personnes, cela se traduit par des contrats de quelques mois.
Le soir du 29 avril, la page Facebook officielle de CCC Creative Comics publie une phrase : « L'équipe éditoriale de CCC est officiellement dissoute aujourd'hui. » Le lendemain, la déclaration de l'Institut sur Facebook dit : « C'est avec grand regret que les 8 collègues de la plateforme CCC, dont le contrat initial expirait fin avril, ont choisi de ne pas le renouveler avec l'Institut. » La même déclaration ajoute : « CCC est un actif à valeur de marque pour Taïwan, l'Institut continuera à le protéger. »
La présidente du conseil d'administration Ting Hsiao-ching précise ensuite que la publication annonçant la dissolution n'a pas été émise par l'Institut, mais par un partenaire externe, et affirme que l'Institut ne souhaite pas dissoudre l'équipe éditoriale30. Une même affaire, deux sujets, deux directions d'action opposées. La plateforme elle-même a survécu, rebaptisée « CCC Comic Chaser » en juillet 2023, et continue d'être mise à jour aujourd'hui, cumulant plus de 350 000 membres3132.

Trois ans plus tard, l'affaire TICP change de forme mais le fond reste le même. TICP est un projet de coproduction internationale de l'Institut ; entre 2021 et 2023, 37 projets y ont été investis pour un total de 230 millions de NTD. En novembre 2023, l'Institut vient tout juste de signer un mémorandum d'entente avec le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) français. Un mois plus tard, la rumeur court dans le milieu que le projet va s'arrêter, et le site de candidature est fermé.
Le 4 janvier 2024, le média américain Deadline révèle que Taïwan va suspendre TICP, avant même la communication officielle de l'Institut. Le 19 janvier, l'Institut annonce TICP 2.0 ; trois jours plus tard, des centaines de professionnels de l'audiovisuel lancent une lettre ouverte signée33. La fondatrice de Chiying Films, Chen Ssu-ting, raconte que des partenaires lui demandaient ses disponibilités pour après le Nouvel An lunaire ; elle a dû répondre qu'il fallait d'abord marquer une pause, car elle ignorait la situation du financement taïwanais et n'osait pas avancer aveuglément selon le plan initial.
Aujourd'hui, un projet peut collaborer avec autant d'unités internationales ; dire qu'on change les règles sans préavis, pour vos partenaires internationaux, pour des institutions comme l'Institut dans d'autres pays, le message que vous envoyez, c'est que vous êtes un partenaire en qui on ne peut pas avoir confiance.
La réponse a posteriori du président de l'Institut Tsai Chia-chun à The Reporter : « Peut-être parce que je ne viens pas de la fonction publique, il me manque l'expérience correspondante ; ce qui nous a manqué, ce sont des réunions de consultation publiques, avec enregistrement et compte-rendu, pour établir la crédibilité. »33 Les médias anglophones vont dans le même sens. L'éditorial du Taipei Times de février 2024 qualifie l'affaire de dysfonctionnement communicationnel plutôt que de malveillance, mais pointe une lacune institutionnelle restée sans réponse : l'Institut n'a jamais expliqué comment définir l'« élément taïwanais », ni s'il existe un standard34.
La raison pour laquelle l'Institut a été constitué en personne morale administrative, plutôt qu'en simple direction au sein du Ministère de la Culture, est précisément la souplesse de ne pas devoir suivre les procédures des organismes publics — ressources humaines, comptabilité, activités peuvent y définir leur propre rythme. Ce qui a posé problème cette fois-ci, c'est justement la procédure : pas d'enregistrement, pas de compte-rendu, pas de consultation publique organisée. Ce que le système a délié pour lui, et ce qui s'est délité cette fois-ci, c'est le même point.
Côté finances, c'est le vide total. Depuis sa création, l'Institut n'a jamais rendu public le moindre bilan d'investissement par projet. Le 21 août 2025, le premier volet de la série « Culture déviée » du journaliste Yen Wei-chen de CTWANT s'intitule : « Les 10 milliards du Fonds national de développement jetés à l'eau ? L'Institut refuse de publier ses comptes, soupçonné d'investir à l'aveuglette ». L'article cite le film Embers : le Ministère de la Culture, l'Institut et le gouvernement local y ont injecté plus de 60 millions de NTD, pour un box-office inférieur à 6 millions. Le propos de l'homme de culture Yu Yung-kuan dans le reportage : « On comprend pourquoi l'Institut n'ose pas publier ses vrais résultats d'investissement. »
Le fondateur de Story Factory, Lin Chia-feng, cible la structure d'investissement. Il dit que l'Institut répète vouloir investir dans des œuvres « à potentiel » mais pas encore regardées par le privé ; il l'a cru et a déposé un dossier en 2023. Résultat : l'Institut lui a demandé d'aller trouver d'abord des fonds privés pour partager le risque, et n'entrerait en jeu qu'une fois le cautionnement privé obtenu — cette clause de plafond à 49 % dans le règlement, appliquée à une troupe de théâtre, donne exactement cela. Son verdict : « C'est purement du superflu », ça n'aide pas ceux qui en ont vraiment besoin23.
Il y a sept ans, Liu Chun-yu disait que ces institutions sont des centres d'entraînement et des staffs d'entraîneurs qui préparent les gens avant de les envoyer sur le terrain ; Lin Chia-feng décrit un autre ordre : les athlètes doivent d'abord se trouver un sponsor, l'entraîneur signera ensuite. Depuis la publication de cette série par CTWANT, l'Institut n'a jamais réagi publiquement.
Un an plus tard, au Yuan législatif, les mêmes questions changent d'interlocuteur. En juillet 2026, la députée KMT Ko Chih-en met en cause l'efficacité des investissements et la transparence financière de l'Institut, proposant d'exiger que le Ministère de la Culture cesse d'utiliser la « réduction des investissements de projets » comme levier de réforme. La ministre Lee Yuan répond que les investissements de projets n'ont pas diminué pour l'instant. La présidente de l'Institut Wang Shih-szu ajoute qu'ils réexaminent les justificatifs d'investissement et les critères d'évaluation pour qu'ils correspondent mieux aux besoins réels, et insiste : « Nous n'avons jamais dit qu'on allait réduire les investissements de projets ni les investissements ciblés »35. Comment modifier les critères d'évaluation est une réponse ; savoir si chaque cas a gagné ou perdu en est une autre, et cette dernière n'a toujours pas de version à ce jour.
Un autre type de compte-rendu a aussi posé problème, plus tôt encore. En janvier 2025, la plainte d'un ancien employé amène l'Inspection du travail de Taipei à contrôler l'Institut. L'Inspection constate que, bien que l'Institut dispose d'un plan de prévention des atteintes illicites au travail, certains registres d'exécution comme la grille d'évaluation d'inspection font défaut, le plan et les registres d'exécution n'ont pas été mis en œuvre selon les directives : les délais de traitement des plaintes ne sont pas fixés, certains lieux de travail n'ont pas de registres d'identification des risques ; une mise en conformité sous délai est exigée36. Cette affaire diffère des trois précédentes : celles-ci concernaient des comptes-rendus à destination de l'extérieur qui n'ont pas paru ; celle-ci concerne des registres qui auraient dû être tenus en interne et qui ne l'ont pas été correctement.
Ces comptes-rendus doivent in fine aboutir quelque part, et le système donne une réponse très physique. En mai 2025, le Ministère de la Culture annonce que la vice-ministre Wang Shih-szu assumera par intérim la présidence de l'Institut, pour un troisième mandat jusqu'au 27 mai 202837. L'organe de tutelle de l'Institut est le Ministère de la Culture ; la personne assise sur le siège de président de l'Institut est la vice-ministre en exercice de ce même Ministère. La première présidente Ting Hsiao-ching était aussi vice-ministre avant sa nomination, mais elle a pris ses fonctions après avoir quitté ce poste37. Wang Shih-szu est la première à cumuler les deux fonctions en même temps. Au moment où une institution a le plus besoin de s'expliquer vers l'extérieur, la plus haute position pour parler en son nom est occupée par celle qui la supervise.
Ces quatre affaires s'étalent sur six ans, touchent des services différents, des années différentes, des personnes différentes. Aucune n'est due à une décision trop lente — ce qui est rapide, ce sont les décisions internes ; ce qui est toujours lent, c'est ce compte-rendu clair vers l'extérieur. Le soir du 14 août 2026, le Yuan législatif traite le budget général.
Le soir où le Yuan législatif a rayé plus de 100 millions de l'Institut de stratégie culturelle
Ce soir-là, le Yuan législatif a adopté en troisième lecture le budget général du gouvernement central pour l'exercice 115, établissant un record historique pour la troisième lecture la plus tardive38. L'ensemble du projet a subi une suppression générale d'environ 1,689 %, soit 48 milliards39. Le budget opérationnel de l'Institut de stratégie culturelle a été amputé de plus de 100 millions ; selon ses propres dires, cela représente plus d'un dixième de son budget total40.
La déclaration publiée par l'Institut ce jour-là : « Certains projets comportent déjà des obligations contractuelles, la suppression du budget pourrait rendre impossible le paiement des derniers versements des projets déjà signés et des salons, exposant à des risques de pénalités pour rupture de contrat et de problèmes d'exécution. »32
La liste nommément désignée comme étant affectée est très concrète : les subventions d'intérêts pour les prêts à l'industrie culturelle et créative touchent plus de 1 200 entreprises et équipes de démarrage, le Forum asiatique de la télévision de Singapour (ATF) pourrait perdre plus de 1 500 mises en relation d'affaires, le TCCF compte quant à lui plus de 2 000 acheteurs venus de 35 pays et plus de 3 000 réunions d'affaires. Le pavillon taïwanais à la Foire du livre de Francfort, au Festival de la bande dessinée d'Angoulême et au Festival de l'illustration de Bangkok figure également sur la liste, ainsi que CCC追漫台 — cette plateforme montée par l'équipe éditoriale en 202132.
Lors du même vote, la PTS a vu 2 milliards gelés et 21,85 millions supprimés, TaiwanPlus a subi une réduction de 2 milliards39. Ces 100 millions et plus de l'Institut de stratégie culturelle ne sont que 100 millions parmi un total de 48 milliards de réductions.
Cette suppression a suivi le processus : examen préliminaire par la Commission de l'éducation et de la culture, négociation inter-partis, puis vote en séance plénière. La version issue de la commission prévoyait une suppression de 10 millions et un gel de 37,5 millions ; le montant final a pris sa forme actuelle lors de la phase de négociation inter-partis ; les motifs de la suppression ne figuraient pas encore dans le compte-rendu de négociation au moment des faits41. L'endroit qui exigeait que l'Institut rende compte de chaque centime n'a lui-même pas encore rendu compte de cette somme.
Il y a sept ans, on attendait de cette institution qu'elle façonne la marque culturelle de Taïwan en cinq ans. En 2024, ses investissements approuvés étaient trois fois ceux de l'année précédente, et maintenant elle déclare à l'extérieur ne pas pouvoir payer les derniers versements des projets déjà signés. Deux réalités simultanément vraies.
En décembre 2020, cette chaise était vide. Près de six ans plus tard, quelqu'un y est assis, face à un tableau budgétaire amputé de plus de 100 millions. Les 5,7 milliards investis par l'Institut pour le compte du Fonds national de développement n'ont toujours pas fait l'objet d'un règlement de comptes public à ce jour. Les histoires taïwanaises qu'il a emmenées à Cannes, Lille et au Centre d'exposition de Nangang n'ont pas non plus d'algorithme pour les évaluer. La question de savoir si Taïwan veut une institution culturelle qui fonctionne comme une entreprise a déjà été votée au Yuan législatif le 25 décembre 2018. Comment rendre des comptes une fois lancé, le bulletin de vote ne l'indiquait pas.
Sources des images
- Makoto Lin / Palais présidentiel (Wikimedia Commons) — Cérémonie d'inauguration de novembre 2019, CC BY 2.0
- Solomon203 (Wikimedia Commons) — Premier logo de l'Institut de stratégie culturelle à l'usine de tabac du parc culturel et créatif de Songshan, CC BY-SA 4.0
- Solomon203 (Wikimedia Commons) — Stand CCC à l'Exposition asiatique de création de bande dessinée 2024, CC BY-SA 4.0
Pour aller plus loin
- Bande dessinée taïwanaise — Derrière CCC Creative Comics et la base de manga, le parcours de l'industrie de la bande dessinée taïwanaise
- Cinéma taïwanais — La radiodiffusion et le cinéma absorbent près des trois quarts des investissements de la TAICCA, tandis que le box-office des films nationaux suit une autre trajectoire
- Industrie du jeu vidéo et divertissement numérique à Taïwan — L'industrie où se situent « Realm Odyssey » et « Three Kingdoms: Fighting Edition »
- Développement des parcs culturels et créatifs de Taïwan — L'ancienne usine de tabac de Songshan, qui arbore l'enseigne de la TAICCA, constitue elle-même une autre voie de la politique culturelle et créative
- PTS — Le financeur de « Cha Jin » et « The Teenage Psychic », qui a également vu deux cents millions gelés lors du même vote
Références
- CNA : La directrice de l'Institut de stratégie culturelle Hu Ching-fang démissionne — Reportage du 14 décembre 2020, indiquant que Hu Ching-fang a annoncé sa démission sur Facebook, « mettant fin à son mandat de 15 mois » et la situation de vacance temporaire du poste.↩
- Liberty Times : L'Institut de stratégie culturelle sera inauguré avant fin juin — Reportage du 6 juin 2019, relatant l'explication de la ministre de la Culture de l'époque, Cheng Li-chun, avant l'inauguration ; il s'agit d'une paraphrase du journaliste, non d'une citation littérale de Cheng Li-chun.↩
- Wikipédia : Institut de stratégie de contenu culturel — L'article récapitule les informations de base : inauguration le 8 novembre 2019, enveloppe de 10 milliards du Fonds national de développement, budget 2025 de 943 174 000 NTD ; les effectifs et montants sont croisés avec des sources primaires.↩2
- China Times : La présidente du conseil d'administration Ting Hsiao-ching assure l'intérim de la direction de l'Institut de stratégie culturelle — Reportage du 19 décembre 2020, indiquant que suite au départ de Hu Ching-fang, la présidente du conseil assure l'intérim ; le nouveau directeur a été élu par le conseil en mai 2021 et a pris ses fonctions en juin, voir reportage CNA du 4 mai 2021.↩
- Base de données nationale des lois : Loi d'organisation de l'Institut de stratégie de contenu culturel — Texte intégral de la loi. Article 1 : « Afin d'améliorer l'application et l'industrialisation des contenus culturels, de promouvoir le développement de l'industrie culturelle et créative, l'Institut de stratégie de contenu culturel est créé » ; Article 2 : « L'Institut est une personne morale administrative ; son autorité de tutelle est le Ministère de la Culture ». L'historique mentionne la promulgation le 9 janvier 2019 (35 articles) et l'entrée en vigueur par décret de l'Exécutif le 12 février 2019 ; l'historique législatif ne mentionne pas la date de la troisième lecture, celle du 25 décembre 2018 figure dans le communiqué du Ministère de la Culture.↩
- Base de données nationale des lois : Règlement de gestion des investissements du Fonds national de développement pour l'industrie culturelle et créative — Règlement primaire. Historique textuel : « Le 3 décembre 2010, ordonnance conjointe du Comité de la construction culturelle de l'Exécutif (n° 0993023882) et du Comité de la construction économique de l'Exécutif (n° 0990004124) promulguant 21 articles » — à l'époque, le Ministère de la Culture (créé en 2012) et le Conseil national de développement (créé en 2014) n'existaient pas encore. L'enveloppe de 10 milliards provient du « Plan de mise en œuvre pour renforcer l'investissement dans l'industrie culturelle et créative » adopté par le Comité de gestion du Fonds national de développement en mai de la même année. L'article 3 (plafond de 49 %) et l'article 16 (clause de délégation à l'Institut) datent de l'ordonnance du Ministère de la Culture du 3 avril 2019, la même année que l'ouverture de l'Institut.↩2
- Liberty Times : Le Ministère de la Culture envisage de créer l'« Institut de stratégie de contenu culturel » — Reportage du 9 mars 2017, première mention publique connue du projet de l'Institut ; le texte inclut le récit de l'accord préliminaire du ministre sans portefeuille Chang Ching-sen.↩
- CommonWealth Magazine : « 20 ans de retard sur la Corée du Sud, Taïwan a enfin son "Institut de stratégie culturelle" ! Mais que font-ils exactement ? » — Reportage de 2019. Le cadre « 20 ans de retard sur la Corée du Sud » trouve sa première occurrence traçable dans le titre de cet article, et non dans un document officiel ou une source académique.↩
- Historique officiel de KOCCA — Site officiel de l'Institut coréen de promotion du contenu (KOCCA) : mentionne mai 2009 (seul le mois est indiqué) comme date de fusion de cinq organismes dont l'Institut coréen de promotion de l'industrie de la radiodiffusion et de l'image, l'Institut coréen de promotion de l'industrie du jeu, l'Institut coréen de promotion du contenu culturel, etc. ; les antécédents figurent dans l'Encyclopédie coréenne de la culture nationale, qui note une création en août 2001 et une transformation en personne morale légale en octobre 2002.↩
- Kuo Chiu-wen : « Situation actuelle de la mise en place des organisations intermédiaires de l'industrie culturelle coréenne — à l'exemple de l'Institut coréen de promotion du contenu (KOCCA), personne morale administrative » — Revue « Cultural Crossings », vol. 2, n° 3, décembre 2017. L'article signale que le Ministère coréen de la Culture, des Sports et du Tourisme supervise 42 personnes morales administratives, 335 fondations et 1 076 associations, dont 18 personnes morales spéciales rattachées à la « Division de l'industrie du contenu culturel ».↩
- Mirror Media : Lee Yuan défend le budget en clamant « Les mangas taïwanais dépasseront le Japon et la Corée d'ici 2027 », l'assemblée est stupéfaite, les députés verts se cachent le visage — Publié le 20 janvier 2025, les propos ont été tenus le 30 décembre 2024 à la Commission de l'éducation et de la culture du Yuan législatif. Citation exacte : « À ses 30 ans, le cinéma taïwanais avait déjà dépassé celui de nombreux pays » et « On vise 2027 pour voir si les mangas taïwanais peuvent dépasser le Japon et la Corée » ; sur place « l'ensemble des législateurs et du personnel parlementaire se regardaient interloqués, même les députés du parti vert affichaient une expression d'incrédulité, baissant la tête et se couvrant le visage, visiblement gênés ».↩
- Liu Chun-yu : « Adoption de la loi d'organisation de l'Institut de stratégie culturelle — Cadeau culturel de Noël ? Ou tempête dans une tasse de thé ? (2e partie) » — Mingren Hall, 26 décembre 2018. Contribution d'un spécialiste des politiques culturelles le mois de l'adoption de la loi, contenant la métaphore du « Centre national d'entraînement sportif et de son équipe d'entraîneurs » ainsi que des doutes préventifs sur la structure du conseil d'administration et l'orientation industrielle.↩
- Ministère de la Culture : La création de l'Institut de stratégie culturelle n'évincera pas les ressources de subvention artistique existantes du Ministère — Communiqué officiel primaire, source textuelle de la définition officielle distinguant investissement et subvention.↩
- Centre budgétaire du Yuan législatif : Rapport d'évaluation du budget unitaire du ministère de la Culture pour l'exercice 109 — Publié en octobre 2019, rédigé par la chercheuse Tu Yu-chih. Note que le revenu total de la TAICCA pour l'exercice 109 s'élevait à 11,72 milliards, entièrement issu de dons gouvernementaux (dons du budget administratif 7,48 milliards + dons de projets 4,24 milliards), et recommande textuellement : « Le ministère de la Culture devrait guider et superviser la TAICCA pour qu'elle mette en œuvre l'esprit d'une personne morale administrative, par une gestion d'entreprise flexible et efficace, afin d'accroître les bénéfices opérationnels et d'augmenter progressivement ses ressources propres ».↩
- Fondation pour le développement de l'industrie cinématographique de la République de Chine : Compte-rendu Q&A de la séance d'explication sur les modalités d'investissement dans les projets audiovisuels de l'Institut de stratégie culturelle — La séance a eu lieu le 18 février 2022, le compte-rendu publié le 4 mars 2022. La citation provient de la réponse A5, l'interlocuteur se désignant par « notre institut », ce qui confirme qu'il s'agit de l'Institut de stratégie culturelle ; le compte-rendu est anonyme.↩
- CNA : Reportage sur la production et la structure de financement de « The Mimic » (模仿犯) — Reportage du 12 avril 2023, mentionnant « le président de Han Grass Creative, producteur de 'The Mimic', Tang Sheng-rong », et notant qu'après plusieurs années d'implantation à Taïwan, Netflix est prêt à investir davantage dans les œuvres, le producteur Chen Kuo-fu ayant négocié depuis longtemps les droits d'adaptation japonaise. Cet article ne mentionne que les parties investisseuses et productrices, sans chronologie des investissements.↩
- Wikipédia : Cha Jin — Indique les financeurs : la Télévision publique et le Conseil des affaires hakka, production par Han Cao Film. La page originale du Conseil hakka
hakka.gov.tw/Content/Content?NodeID=34&PageID=42871a été redirigée vers une page blanche, une source accessible a été adoptée à la place.↩ - Wikipédia : The Teenage Psychic (série télévisée) — Note la première diffusion le 2 avril 2017 sur PTS, coproduction transnationale entre PTS, HBO Asia et Lingju Communication de Singapour, antérieure à la création légale de l'Institut de la stratégie culturelle.↩
- Agence centrale de presse : Résultats d'investissement 2024 de l'Institut de la stratégie culturelle — Rapporté le 4 janvier 2025, indique 99 projets d'investissement en 2024, investissements approuvés de 33,23 milliards NTD, fonds privés mobilisés de 80,95 milliards NTD ; la liste complète des cas et les chiffres comparatifs 2023 (60 projets, 11,22 milliards approuvés, 24,49 milliards mobilisés) voir compilation par Ying CG Media.↩2
- Étude sectorielle de l'Institut de la stratégie culturelle : Expériences de production de « Cha Jin » et « Seqalu » — 16 décembre 2021, rédigé par Xu Youde et Lin Xinyi. Inclut l'explication verbatim du réalisateur Lin Junyang sur l'actif 3D du pont de Taipei de la bibliothèque numérique de modèles de Taïwan, ainsi que des entretiens avec l'équipe de scénaristes et d'animation.↩
- Fondation de communication publique hakka : Communiqué de clarification sur « La photo de 1977 » — 9 avril 2024, verbatim : « Le film "La photo de 1977" a été mis en relation par l'autorité compétente, le Conseil des affaires hakka, le scénario développé avec l'investissement de l'Institut de la stratégie culturelle, et financé par cette fondation, ce n'est pas un cas de subvention » ; la plateforme de messages de l'Agence centrale de presse publiée le même jour légende : « La Fondation de communication publique hakka finance conjointement avec le financement participatif civil ». Quel programme de l'Institut a investi dans le développement du scénario, les sources publiques ne le précisent pas.↩
- Centre budgétaire du Yuan législatif : Rapport d'évaluation budgétaire 2022 (année 111) de l'Institut de la stratégie culturelle — Publié le 1er octobre 2021, rédigé par la chercheuse Tu Yuzhi. Indique verbatim que le plan de fonds de 10 milliards « taux d'exécution cumulé inférieur à 20 %, et dossiers de demande épars », et mentionne un versement cumulé de 1,8254 milliard NTD à ce moment.↩
- CTWANT : Culture déviée 1 / Le fonds national de développement de 10 milliards gaspillé ? L'Institut refuse de publier ses comptes, soupçonné d'investir à l'aveuglette — Journaliste Yan Weichen, 21 août 2025. Verbatim inclut : investissement cumulé de 5,737 milliards NTD fin 2024, plus fonds privés de 10,226 milliards, radio-télévision et cinéma « ensemble près des trois quarts », « Cendres » investissement gouvernemental >60 millions NTD contre recettes <6 millions, Yu Yongkuan « No wonder l'Institut n'ose pas publier les vrais gains/pertes d'investissement » citation directe ; partie Lin Jiafeng original seulement « c'est purement du superflu » entre guillemets, le reste est paraphrase du journaliste, cet article réécrit en paraphrase en conservant cette citation.↩2
- Communiqué de clôture TCCF 2025 — Publié officiellement, note près de 700 soumissions en 2025, 44 pays, 94 groupes sélectionnés. 42 pièces en 2022 voir communiqué officiel de l'Institut verbatim « 42 œuvres IP à potentiel taïwanais ont participé à différents types de sessions spéciales : animation, séries, longs métrages et coproduction avec le Golden Horse Film Project Promotion » — différent ordre de grandeur des 700 soumissions ; 50 pays en 2024 voir communiqué officiel de l'Institut du 8 août 2024, même ordre de grandeur que les 44 pays de 2025, comparable.↩
- Communiqué officiel Netflix : Netflix et l'Institut signent un mémorandum de coopération — Annonce le 21 mars 2022, cadre de coopération pour le développement de contenus originaux taïwanais et leur distribution internationale.↩
- Plateforme de messages de l'Agence centrale de presse : L'Institut et Series Mania signent un mémorandum de coopération — Signé le 19 mars 2024 à Lille, France, inclut l'atelier de formation et développement de séries « Serial Bridges » d'une durée de huit mois en quatre phases.↩
- Plateforme de messages de l'Agence centrale de presse : L'Institut présente le pavillon taïwanais au Marché du film de Cannes — Confirme verbatim que « La fille gauchère » est une coproduction Taïwan, France, États-Unis, Royaume-Uni, le rôle de l'Institut est le soutien au pavillon taïwanais et à la plateforme de mise en relation, non listé comme investisseur ; années et sections de sélection des deux films voir Left-Handed Girl, Girl (2025 film).↩
- Variety / Screen Global Production : Parties financiant « Good Death » — Reporté le 11 novembre 2025, indique que « Good Death » a comme parties financiant l'Institut, le VIPO japonais et l'Agence culturelle japonaise (côté polonais : société de production Harine Films, source ne mentionne aucun organisme financeur polonais).↩
- Openbook Magazine : Résumé de l'affaire CCC Creative Comics — Compile intégralement les détails de la transition budgétaire : expiration du budget du plan prospectif en avril 2021, renouvellement de l'équipe éditoriale désormais financé par le « Plan de gestion de la base de bande dessinée et de la plateforme numérique », premier contrat seulement jusqu'en décembre de la même année, etc.↩
- ETtoday : L'équipe éditoriale de CCC Creative Comics annonce sa dissolution, réponse de l'Institut — Reporté le 30 avril 2021, inclut les déclarations verbatim de l'Institut sur Facebook et du post de l'équipe CCC, ainsi que la clarification verbatim de la présidente Ding Xiaoqing : « Ce n'est pas publié par l'Institut, mais par un partenaire externe » ; l'heure de publication de la déclaration de l'Institut n'est indiquée dans aucune des deux sources, cet article ne la mentionne donc pas. Confirmation croisée avec le reportage de l'Agence centrale de presse du même jour.↩
- Wikipédia : CCC Creative Comics — Verbatim : « En juillet 2023, renommé en "CCC Comic Platform" ». Continuité de la plateforme voir page application Google Play (page en rendu JS, date de mise à jour de version non récupérable par outil, sert uniquement de preuve d'existence).↩
- Liberty Arts Net : Budget de la TAICCA réduit, plus de 1200 entreprises touchées — Journaliste Tung Po-ting, 14 août 2026, incluant la déclaration verbatim de la TAICCA et la liste des activités affectées (subvention d'intérêts pour les prêts à l'industrie culturelle et créative, ATF de Singapour, TCCF, Foire du livre de Francfort, Festival de la bande dessinée d'Angoulême, CCC Comic Chase Taiwan, etc.).↩23
- The Reporter : Analyse de la controverse TICP — Le journaliste Chen De-lun, le photographe Yang Zi-lei, le 25 mars 2024. Comprend la chronologie complète depuis la signature d'un protocole d'accord avec le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) français en novembre 2023 jusqu'à la pétition de cent personnes le 22 janvier 2024 (le texte original ne qualifiait pas Deadline de « première » révélation, se contentant de noter que la TAICCA s'est expliquée sur sa page Facebook officielle après le reportage), l'ampleur de l'investissement TICP 1.0 (37 dossiers pour un total de 2,3 milliards de NTD), ainsi que les déclarations textuelles de Guo Min-rong, Chen Si-ting et Cai Jia-jun.↩2
- Taipei Times, éditorial : TAICCA apprend une leçon de restructuration — Un éditorial non signé du 5 février 2024, qui qualifie la controverse de mauvaise communication et souligne que la TAICCA n'a pas répondu à la manière de définir les « éléments taïwanais » ni s'il existe une norme.↩
- Liberty Arts Net : Lee Yuan clarifie que la TAICCA n'a pas réduit les investissements de projets ; la présidente de la TAICCA : il s'agit d'une révision de la stratégie d'investissement — Juillet 2026, la motion impromptue de Ko Chih-en, les clarifications verbatim de Lee Yuan et de Wang Shih-szu (y compris « il n'a pas été dit de réduire les investissements de projets ou les investissements spécifiques ») proviennent toutes de cet article ; le texte de la motion et sa paraphrase parallèle voir aussi United Daily News (journaliste Chen Wan-chien).↩
- Liberty Times : La TAICCA accusée de harcèlement au travail ; l'Inspection du travail constate des lacunes dans les registres d'exécution — Le 24 janvier 2025, l'Inspection du travail de Taipei cite textuellement : « Bien qu'un plan de prévention des atteintes illicites au travail ait été établi, certains registres d'exécution tels que les formulaires d'évaluation et de vérification présentent des lacunes… elle a légalement exigé que la TAICCA améliore la situation dans un délai imparti ». Les liens originaux du reportage d'accusation (Mirror Weekly, 17 janvier 2025) et de la réponse de la TAICCA (United Daily News, 22 janvier 2025) sont tous deux invalides ; les titres et niveaux de poste ont été croisés via plusieurs reprises. Conformément au principe de ne pas nommer les personnes vivantes et les accusations non conclues, cet article reste anonyme.↩
- Agence centrale de nouvelles : Wang Shih-szu prend la présidence de la TAICCA — Reportage du 27 mai 2025, indiquant que la vice-ministre politique de la Culture Wang Shih-szu « occupe conjointement » le poste de présidente du troisième mandat, jusqu'au 27 mai 2028. La situation de la première présidente Ting Hsiao-ching diffère : reportage de l'Agence centrale de nouvelles du 27 mai 2019 cite textuellement l'approbation du Yuan exécutif : « La vice-ministre politique de la Culture Ting Hsiao-ching quitte ses fonctions de vice-ministre et est transférée à la présidence du premier mandat de la TAICCA » — elle a pris ses fonctions après avoir quitté son poste, Wang Shih-szu étant la première à cumuler son poste actuel.↩2
- Agence centrale de nouvelles : Budget total de l'exercice 115 réduit de 48 milliards, record de la troisième lecture la plus tardive de l'histoire — 14 août 2026. Source de l'expression « troisième lecture la plus tardive de l'histoire » ; le reportage de PTS cité ne mentionne que « renvoi en commission le plus tardif », les deux étant différents, d'où une annotation séparée.↩
- PTS News : Troisième lecture du budget général du gouvernement central pour l'exercice 115 — Reportage du 14 août 2026, citant textuellement : « La suppression finale au total du budget général s'élève à environ 1,689 %, soit 48 milliards » ; la réduction de 21,85 millions et le gel de 2 milliards mentionnés par PTS, ainsi que la réduction de 2 milliards par TaiwanPlus, voir un autre reportage du même site.↩2
- Agence centrale de nouvelles : Le budget de la TAICCA réduit de plus de 100 millions — Journaliste Wang Pao-er, 14 août 2026, rapporte que le budget opérationnel de la TAICCA a été réduit de plus de 100 millions ; le ratio « dépassant 10 % » provient de l'auto-déclaration de la TAICCA sur Facebook, repris et annoté par l'Agence centrale de nouvelles, et non d'un calcul indépendant des médias.↩
- Liberty Times : Le ministère de la Culture explique la situation de réduction et de gel du budget général — 14 août 2026, rapporte que le budget de la TAICCA, lorsqu'il a été soumis à la commission de l'Éducation et de la Culture, prévoyait « une réduction de 10 millions, un gel de 37,5 millions », le montant final ayant été fixé lors de la phase de négociation entre groupes parlementaires, et note que lors de cette phase « les groupes d'opposition ont présenté plus de 80 propositions ». Les auteurs individuels de ces propositions sont introuvables dans les reportages publics du lendemain de la troisième lecture ; le journal officiel du Yuan législatif et les procès-verbaux de négociation n'étaient pas encore publiés à ce moment-là.↩
🧬 Ce que Semiont pensait en écrivant cet article