Brian Tseng : calculer la chute comique, mal évaluer la société

Né en 1990, Brian Tseng est passé des écouteurs sur son pupitre du lycée Chien Kuo à un double cursus en langues étrangères et psychologie à l’Université nationale de Taïwan, puis à un master en sciences du cerveau et de l’esprit à l’University College London et un autre en biologie intégrative à l’Université Paris VI, avant de bifurquer vers le stand-up à la veille de candidater en doctorat. Avec Hsieh Cheng-hao, il a cofondé STR Network, faisant passer le talk-show humoristique taïwanais des Open Mic du Comedy Club à la Taipei Arena et ses treize mille spectateurs — tout en se servant de cette même précision de neuroscientifique pour mal évaluer, à plusieurs reprises, le poids émotionnel social d’une blague sur Cheng Nan-jung, d’une vidéo mettant en scène un livreur, et d’un procès sur la taxe sur les spectacles.

Vue d’ensemble en 30 secondes : Né en 1990, Brian Tseng est le premier humoriste taïwanais à avoir porté le stand-up jusqu’au Taipei Arena, et la figure centrale de The Night Night Show with Brian Tseng (2018-2020). Titulaire d’un double diplôme en langues étrangères et psychologie de l’Université nationale de Taïwan, ainsi que de deux masters — l’un en sciences du cerveau et de l’esprit à l’University College London, l’autre en biologie intégrative à l’Université Paris VI —, il a pourtant tourné le dos au doctorat au moment même d’y candidater, pour cofonder STR Network. Avec les méthodes d’un neuroscientifique, il a traité chaque blague comme une expérience et la scène comme un laboratoire, faisant passer en sept ans le talk-show humoristique taïwanais des Open Mic du Comedy Club à des salles de treize mille personnes. Cette même précision l’a pourtant conduit, avec la blague sur Cheng Nan-jung en 2019, la vidéo du livreur en 2023 et le procès sur la taxe sur les spectacles en 2025, à mal calculer à plusieurs reprises le poids des émotions sociales — et la façon même dont il s’est trompé dessine exactement la courbe des coûts de l’industrialisation du stand-up taïwanais sur cette décennie.

Un casque sur un pupitre du lycée Chien Kuo

Un jour du milieu des années 2000, pendant une récréation de dix minutes, dans une salle de classe du lycée Chien Kuo, un adolescent écoute, sur un lecteur MP3 prêté par un camarade, un enregistrement de stand-up de Russell Peters, humoriste canadien d’origine indienne. Peters excelle à capter son public en imitant les accents de différents groupes ethniques et en tournant en dérision les écarts culturels et les stéréotypes raciaux ; après la mise en ligne sur YouTube de son spécial canadien Comedy Now! de 2004, il devient viral, se classe en 2013 troisième du palmarès Forbes des humoristes les mieux payés au monde, et devient le premier artiste de stand-up de l’histoire à décrocher un spécial Netflix1.

Ces dix minutes furent, pour Brian Tseng, un accident structurel. Un journaliste de Mirror Media le décrira plus tard, dans un entretien, comme s’étant « écroulé de rire par terre, tombé amoureux du stand-up »2. La graine était semée dans un cerveau extrêmement rationnel ; il lui faudrait encore plus de dix ans pour germer.

Le parcours de Brian Tseng dessine, à Taïwan, le plan de carrière type des vainqueurs du « Tianlongguo » — l’élite privilégiée de Taipei. Son père, Tseng Wen-yi, a étudié le génie nucléaire à l’Université nationale Tsing Hua, obtenu un diplôme de médecine post-baccalauréat à l’Université nationale de Taïwan, puis un doctorat en sciences radiologiques au département de génie nucléaire du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a ensuite mené des recherches postdoctorales et enseigné les sciences radiologiques à la Harvard Medical School ; il est aujourd’hui professeur à la faculté de médecine de l’Université nationale de Taïwan, où ses recherches portent sur l’imagerie cérébrale de la démence3. Brian Tseng lui-même a suivi un double cursus en langues étrangères et en psychologie à l’Université nationale de Taïwan, dont il sort deuxième d’une promotion de 132 étudiants avec une moyenne de 4,19/4,3 ; il poursuit ensuite par un master en sciences du cerveau et de l’esprit à l’University College London (UCL), puis par un master en biologie intégrative à l’Université Paris VI, en France — tout en parlant couramment l’anglais et le français45.

📝 Note du curateur : l’ascension de Brian Tseng incarne une forme de rébellion propre à la « culture des meilleurs élèves » taïwanaise. Il n’a pas quitté le système ; il a retourné contre lui les méthodes de recherche qu’il y avait apprises, employant la même rigueur pour démonter les mécanismes par lesquels ce système produit lui-même la matière première de ses blagues.

« Da Nai Wei Wei » : un pari mal calculé

En 2017, alors qu’il se prépare à candidater en doctorat de neurosciences, Brian Tseng s’accorde une année de « caprice » et rejoint la société de nouveaux médias Taiwan Bar comme producteur et scénariste. En novembre de cette année-là, sous le nom de scène « Gang Gang », il publie une vidéo qui tourne en dérision la culture taïwanaise des abréviations chez les jeunes : « Da Nai Wei Wei » (大奶微微) — un titre à la sonorité équivoque qui n’est en réalité que l’abréviation de sa commande de thé au lait glacé, « grand format, peu sucré, peu de glace ». En moins de deux jours, la vidéo dépasse 400 000 vues sur Facebook, pour se stabiliser autour de 1,61 million de vues et 450 000 mentions J’aime67. En octobre de la même année, il remporte la finale du tournoi des nouveaux talents de stand-up du Comedy Club8.

L’équation de la viralité s’écrit vite. Brian Tseng le dira en 2024 dans un entretien à Mirror Media : « Après le succès viral de la vidéo, j’ai reçu beaucoup de contrats de placement de produit et de spectacles privés ; mes revenus annexes sont devenus six à sept fois supérieurs à mon activité principale »2. Pour un étudiant de vingt-sept ans qui se destinait à un laboratoire de neurosciences, c’est un pari calculé à la moyenne près. Il reconnaîtra plus tard, dans un entretien à Bios Monthly, la mesure réelle de son parcours académique : « Mon parcours académique est arrivé au bout de sa course », « quel que soit le laboratoire que j’intègre, j’ai le sentiment que mes bases scientifiques sont plus faibles que celles des autres »9.

Le projet de doctorat en neurosciences est ajourné indéfiniment. Le 31 juillet 2018, Brian Tseng et Hsieh Cheng-hao (DJ Hauer) cofondent STR Network (薩泰爾娛樂), transformant en entreprise ce qui n’était jusque-là qu’une pratique qu’ils exerçaient ensemble après le travail, dans des bars10. Le nom « Satire », en chinois une transcription phonétique de l’anglais satire, a donné son nom à la société. Hsieh Cheng-hao expliquera plus tard, dans une déclaration de l’entreprise, qu’ils croyaient que « le stand-up, en tant que “divertissement critique”, allait bientôt conquérir tout le monde sinophone et devenir un exutoire pour le public »11.

💡 Le saviez-vous : la formation universitaire de Brian Tseng à l’Université nationale de Taïwan est directement liée à sa méthode d’analyse des blagues. Il l’explique lui-même dans un entretien à CNA Culture+ : « En licence, j’étudiais les langues étrangères ; la littérature parle de ce que les êtres humains ont en commun. En master, j’étudiais les neurosciences ; c’est aussi, d’un point de vue scientifique, une façon de parler de ce que les êtres humains ont en commun »12. Aujourd’hui, il fait la même chose, mais en racontant des blagues : il écrit dix versions de chaque gag, traite la scène comme un laboratoire, et teste quelle version obtient le plus de rires.

L’algorithme de STR Network

Le 20 août 2018, l’épisode pilote de la première saison de The Night Night Show with Brian Tseng est mis en ligne. En seulement cinq jours, l’émission attire 130 000 vues13. Le programme transpose à Taïwan le format américain du late-night talk show — la formule officielle de STR Network elle-même comble un manque : « le public taïwanais suit de près l’actualité politique et sociale, mais manque d’émissions de type The Daily Show ou Last Week Tonight »14. La première saison repose sur le financement participatif en ligne : STR Network s’associe à Backer-Founder pour ouvrir une page de collecte, avec un objectif public initial de 3 millions de NT$, mais l’équipe termine malgré tout la saison en déficit14. C’est aussi le premier talk-show taïwanais à recourir au financement participatif en ligne14.

En juin 2019, la chaîne YouTube de The Night Night Show with Brian Tseng a déjà accumulé 550 000 abonnés et plus de 57 millions de vues14. Tsai Ing-wen, Han Kuo-yu et James Soong, les trois candidats à la présidentielle de 2020, se succèdent dans le studio de STR Network. Tsai Ing-wen participe au premier tournage de la deuxième saison le 20 avril 2019 ; une fois l’épisode diffusé, il dépasse le million de vues en trois jours. Elle y lance, à l’adresse de Lai Ching-te : « 1+1 doit forcément être supérieur à 2 ; nos partisans veulent nous voir coopérer, donc nous devrions coopérer »1516. En décembre 2019, la seule exigence de Han Kuo-yu pour participer est qu’on ne se moque pas de sa coiffure ; l’enregistrement dure dix-huit minutes en tout, et Brian Tseng le présente comme « l’inconnu le plus familier depuis le lancement de l’émission »17. James Soong, lui, entre en studio le 18 décembre : il s’entretient en direct avec Brian Tseng en français, et confond en plein plateau Iron Man (« l’homme de fer ») avec King Kong (« l’homme-singe géant »), déclenchant un fou rire général18.

Mais en juillet 2020, le tableau des recettes et dépenses de dons politiques publié par le Control Yuan révèle la structure de rémunération des trois candidats : l’équipe de Han Kuo-yu a versé 315 000 NT$, celle de Tsai Ing-wen 130 000 NT$, et James Soong n’a rien payé du tout19. Cet écart de 185 000 NT$ suscite un débat sur la transparence des cachets versés aux créateurs d’influence ; Brian Tseng présentera plus tard des excuses publiques dans une vidéo de dix-huit minutes où il explique la logique de sa grille tarifaire19.

⚠️ Point de controverse : la présence de personnalités politiques dans The Night Night Show with Brian Tseng n’est pas une première à Taïwan — dès les années 2000, l’émission de parodie politique Quanmin Dàmènguo (全民大悶鍋) préfigurait déjà le talk-show politique. Mais la différence tient à son « modèle de l’auteur individuel » : l’animateur y est à la fois auteur, monteur, démarcheur commercial et décideur final de sa propre grille tarifaire. Cela fait passer le talk-show politique de la production collective d’un service de chaîne de télévision au modèle entrepreneurial individuel de l’économie des créateurs d’influence. C’est aussi la racine structurelle de ses controverses futures : la moindre erreur de jugement de cet auteur individuel s’amplifie directement en événement public.

La structure même de l’entreprise STR Network marque un modèle nouveau. Fin 2024, elle compte entre 11 et 50 salariés, pour un capital social versé de 10,406 millions de NT$ (contre 6,5 millions de NT$ en septembre 2023)2021. Outre Brian Tseng, ses humoristes sous contrat comptent Ho Lung, qui reprendra plus tard l’animation de la série, ainsi que Chillseph1122. Brian Tseng en est le président du conseil d’administration, Pan Wei-hsiang (Hawkins) le directeur général, tandis que Hsieh Cheng-hao reste dans l’entreprise comme administrateur et conseiller à la production11. Comparée aux chaînes de télévision traditionnelles de la même époque, c’est une société de production de contenu et de créateurs d’influence relativement modeste — mais elle a fait passer le stand-up d’un loisir amateur à une industrie capable de produire des états financiers.

📝 Note du curateur : Brian Tseng a démontré que la comédie pouvait être, à Taïwan, une « industrie » de précision, et non une simple pratique amateur. Par ses chiffres de billetterie, il a prouvé que le public taïwanais était prêt à payer pour « l’art d’offenser ». Mais le prix de cette industrialisation ne commencera à se révéler qu’en août 2019.

Deux Cheng Nan-jung dans l’au-delà

Début août 2019, une capture d’écran d’un Open Mic de The Night Night Show with Brian Tseng circule en ligne. La scène se déroule dans un cadre où les humoristes rodent leurs numéros et testent des textes en dehors de toute émission publique — un espace de représentation tacitement « privé, non public » selon les usages du milieu23. Sur la capture, Brian Tseng raconte : « Quand on brûle quelque chose dans le monde des vivants, le monde des morts en reçoit un exemplaire identique. Donc, après que Cheng Nan-jung s’est immolé par le feu, il y aura deux Cheng Nan-jung dans l’au-delà. »23

La réaction sociale se forme en quarante-huit heures. Le 7 avril 1989, pour défendre une liberté d’expression à 100 %, Cheng Nan-jung s’était immolé par le feu dans les bureaux du magazine Freedom Era — trente ans et quatre mois exactement avant les faits. Cet épisode constitue un souvenir fondateur du rapport de Taïwan à la liberté d’expression après la levée de la loi martiale. Le 9 août, Brian Tseng publie des excuses sur Facebook : « Je suis vraiment désolé que mon interlude improvisé et immature ait suscité tant d’émotions négatives chez la famille et chez tous les aînés qui défendent la liberté d’expression ; je leur présente ici mes excuses les plus sincères », « Il y a quelques jours, je ne pensais pas devoir clarifier quoi que ce soit à propos d’une capture d’écran qui circulait. Mais après l’embrasement de cette affaire ces derniers jours, je reconnais que les faits, leur vérification, le contexte, l’intention des propos, la façon de les raconter et de les jouer — sans même parler de l’essence et du but de la comédie — tout cela importe peu : ce qui compte dans la réalité, c’est l’effet que produit une parole une fois qu’elle s’est répandue ». Dans la même déclaration, il annonce : « À partir de la quatrième saison de The Night Night Show, STR Network cherchera un nouvel animateur »2425.

La première réaction de STR Network est d’annoncer la suspension de sa collaboration avec Brian Tseng26. Le directeur général Hsieh Cheng-hao déclarera plus tard publiquement que la blague de Brian Tseng sur Cheng Nan-jung relevait d’un acte privé et ne violait pas les principes de la comédie ni de la liberté d’expression ; au nom de la liberté de création et du respect dû aux employés, l’entreprise, après évaluation, choisit de maintenir sa collaboration avec lui26. La Fondation Cheng Nan-jung a, de son côté, publiquement réagi à l’affaire : sans faire peser de pression sur Brian Tseng lui-même, elle a néanmoins ramené la liberté d’expression à ce qu’elle a toujours été — une limite que la société négocie sans cesse, et non un droit qu’un individu peut revendiquer unilatéralement27.

✦ Phrase de clôture : dans son entretien de 2024 à Mirror Media, la réflexion de Brian Tseng sur cet épisode tient en une phrase : « Au moins, la direction de la barre a changé ; je ne veux pas reprendre cette même route »2. La « barre » désigne le gouvernail d’un bateau : il veut dire que le bateau navigue toujours, simplement plus dans sa direction d’origine. Mais la phrase laisse aussi une petite fissure ouverte : que la direction ait changé ne signifie pas qu’il reconnaisse que l’ancienne route était une erreur.

Le 18 janvier 2020, après l’enregistrement du dernier épisode de sa troisième saison, The Night Night Show with Brian Tseng met officiellement fin à sa diffusion (32 épisodes réguliers sur trois saisons, plus l’épisode pilote)14. Brian Tseng cède le micro, et l’émission reste silencieuse pendant trois ans. Ce n’est que le 28 octobre 2023 que STR Network relance le programme sous le titre The Night Night Show with Ho Lung, avec Ho Lung à l’animation, inaugurant la deuxième génération de cette marque28.

22,84 millions de NT$ et un lieutenant-colonel pilote qui n’a jamais existé

Les 11 et 12 mars 2022, Brian Tseng donne, au Taipei Music Center, trois représentations d’une « conférence intéressante » intitulée Triple Standard. C’est son premier grand spectacle solo depuis qu’il a quitté l’animation de The Night Night Show. Les recettes de billetterie des trois soirées atteignent au total 22 835 950 NT$2930.

Le chiffre de billetterie explose, mais le scénario des années suivantes se rejoue ailleurs : au tribunal.

Après le spectacle, le Bureau des impôts de la ville de Taipei estime que Triple Standard est un divertissement payant et lui réclame 267 009 NT$ de taxe sur les spectacles ; faute de paiement, il applique, en vertu de la loi sur la taxe sur les spectacles, une amende au septuple, soit 1 869 063 NT$2930. STR Network engage une action en justice, soutenant que Triple Standard est une « conférence intéressante » et non un spectacle de divertissement, et ne devrait donc pas être soumise à cette taxe. Après un jugement défavorable en première instance, l’entreprise fait appel ; en septembre 2025, la Haute Cour administrative de Taipei rejette l’appel en deuxième instance, rendant le jugement définitif.

Les attendus du jugement se lisent presque comme une dissection de la comédie : « Tseng se tient seul sur scène et, par des procédés tels que l’humour, la drôlerie, les mimiques exagérées et une gestuelle rythmée, interprète sa vie personnelle ou les doubles standards que la société applique à une même chose ; il fait rire le public et déploie, pour le divertir, son esprit vif, son éloquence pleine de traits d’esprit et ses mouvements corporels rythmés. Il en ressort clairement que le contenu réel de cette activité constitue bien une représentation de stand-up comedy à visée de divertissement donnée par Tseng. » Le jugement de première instance ajoute par ailleurs : « STR Network savait pertinemment qu’une conférence et un numéro de stand-up sont deux choses différentes, mais s’est contentée de rebaptiser délibérément la représentation “conférence”, sans accomplir avant l’événement les démarches d’exonération ou de déclaration prévues par la loi sur la taxe sur les spectacles — ce qui révèle une intention délibérée d’éluder cette taxe. »2930

Le jour même du jugement, Brian Tseng annonce sur Facebook qu’il diffusera Triple Standard sur YouTube en direct pendant un marathon de 48 heures, appelant le public à acheter des billets : « je compte utiliser les revenus de cette diffusion pour payer les 260 000 NT$ de taxe et les 1,86 million de NT$ d’amende »31. Le ton est autodérisoire, mais la logique reste précise — il transforme sa défaite juridique en matière première pour un nouveau numéro.

Mais 22,84 millions de NT$ n’est pas le chiffre le plus lourd de cette année-là. La même année, le 27 mai 2023, Brian Tseng donne à la Taipei Arena son spectacle solo de stand-up BALLBREAKER : 90 minutes de représentation devant environ 13 000 spectateurs, ce qui fait de lui le premier artiste de stand-up de l’histoire taïwanaise à se produire dans cette salle3233. La grille tarifaire va de la « zone blanc d’œuf », entre 800 et 3 800 NT$, à la « zone jaune d’œuf » à 6 000 NT$, jusqu’à la place « pigeon » haut de gamme, facturée 100 000 NT$34.

Alors même que la billetterie double, un mauvais calcul plus grave survient en fin d’année. Le 28 décembre 2023, Brian Tseng publie sur Facebook une vidéo réalisée en partenariat avec foodpanda : sur les 100 000 NT$ de son cachet de porte-parole, il en reverse le montant en pourboires à des livreurs, le dernier d’entre eux — un homme — en recevant à lui seul 50 000 NT$. Dans la vidéo, ce livreur se présente comme « militaire de carrière pendant 30 ans », « lieutenant-colonel de l’armée de l’air à la retraite », dont l’avion se serait « écrasé au large de Hsinchu il y a plus de dix ans » ; son épouse serait morte dans un accident de la route en lui apportant des aliments liquides pendant son hospitalisation, et il élèverait aujourd’hui seul, comme père célibataire, leurs trois enfants35.

Le 29 décembre, le Commandement de l’armée de l’air, après avoir passé en revue près de vingt ans de pilotes « portés disparus en mer puis secourus », conclut que « tous sont aujourd’hui en poste dans l’aviation civile ou dans l’armée de l’air ; ce lieutenant-colonel pilote dont se réclame le créateur de contenu n’existe pas »35. Le jour même, Brian Tseng retire la vidéo en urgence et déclare publiquement : « Plusieurs personnes m’ont contacté pour signaler des éléments ne correspondant pas aux faits ; la situation est en cours de clarification, et la vidéo est retirée en attendant de nouvelles explications »35.

À minuit le 30 décembre, Chen Kai-ning, candidate législative du Parti populaire de Taïwan, reconnaît publiquement que le « livreur lieutenant-colonel » de la vidéo est son propre père. Elle précise que « ma mère n’est pas décédée » et déclare, en guise d’excuses : « Je suis désolée que mes affaires familiales personnelles aient occupé l’espace public, et désolée d’avoir nui à l’image de l’armée nationale et des livreurs. Mais surtout, je suis désolée d’avoir provoqué cette controverse dans laquelle Brian Tseng se retrouve soupçonné d’avoir menti »363738.

⚠️ Point de controverse : le mauvais calcul de la vidéo du livreur n’est pas imputable à Brian Tseng lui-même, mais à l’histoire familiale fabriquée par la personne interviewée. Mais si cette affaire a pu grossir jusqu’à inventer un lieutenant-colonel pilote disparu depuis trente ans, c’est parce que le dispositif même — « échanger 100 000 NT$ de pourboire contre une vidéo émouvante » — intègre un levier émotionnel : plus l’histoire est tragique, plus elle « mérite » d’être racontée, ce qui pousse son narrateur à l’enjoliver. Brian Tseng avait calculé, avec la précision d’un neuroscientifique, toute la chaîne causale de l’effet comique, mais n’avait pas anticipé le biais structurel propre au récit sentimental lui-même. Ce mauvais calcul partage la même cause profonde que la blague sur Cheng Nan-jung en 2019 : pour traiter le signal des émotions sociales, il utilise le modèle du rapport signal-bruit (SNR) d’un laboratoire, et non l’épaisseur de la vie publique.

286, Linsen North Road, B1 : après le mauvais calcul

Fin 2019, alors que la controverse de la blague sur Cheng Nan-jung n’est pas encore retombée, Brian Tseng ouvre, avec l’humoriste Smile Danny, le comédien réputé Sam Yarborough et la marque taïwanaise de bière artisanale 23 Brewing, le Two Three Comedy Club (二三喜劇俱樂部), au sous-sol du 286, Linsen North Road, dans le district de Zhongshan à Taipei3940. D’une capacité d’environ 200 spectateurs, c’est le premier bar comique de Taïwan à proposer des spectacles à la fois en chinois et en anglais. Brian Tseng y est directeur des programmes en chinois : il anime lui-même l’Open Mic en chinois chaque jeudi soir, les lundis et mercredis étant réservés aux spectacles en anglais, les mardis et jeudis aux spectacles en chinois, et les week-ends aux représentations payantes3940.

Le temps continue de passer. Après le spectacle à la Taipei Arena de mai 2023, Brian Tseng coanime avec Ho Lung, les 21 et 22 juin 2024 à Taipei, une tournée de stand-up intitulée Storm in a Bubble Tea Cup (賀博颱瘋) — un jeu de mots, dans le titre chinois, associant leurs deux noms au mot « typhon » —, sponsorisée par l’enseigne taïwanaise de literie Bed’s World41. Le 5 juillet 2025, il présente au Taipei Music Center le spectacle BROAN : BURN (美國百朗炎上), où il tient pour la première fois le rôle de tête d’affiche ; Shen Yu-lin y joue le « généralissime de la controverse », aux côtés d’invités tels que Peeta, Yang Kuei-chih, Chien Shao-nien, Guaji, Kunchong Raoxi, Dakang.com et Pan Jo-ti. Pendant le spectacle, Brian Tseng annonce un spectacle solo au Kaohsiung Music Center les 25 et 26 octobre de la même année42.

Mais ces dernières années n’ont pas été calmes pour STR Network. Le 20 janvier 2024, The Night Night Show with Ho Lung invite en studio Wang Zhi’an, ancien journaliste de CCTV. Dans l’entretien, commentant l’élection taïwanaise, Wang déclare qu’il s’agit de « pousser des personnes handicapées sur le devant de la scène pour jouer sur l’émotion » et imite sur-le-champ un handicap physique ; l’affaire déclenche une vive réaction sociale. Le Conseil des affaires continentales annonce que « son autorisation d’entrée est révoquée à compter de ce jour, et il lui est interdit de venir à Taïwan pendant cinq ans » ; au 25 janvier, sept sponsors de l’émission ont déjà rompu ou suspendu leur collaboration avec The Night Night Show with Ho Lung ; le Taiwan Statebuilding Party porte plainte contre STR Network43. Le 23 juin 2025, STR Network publie sur son compte Threads officiel la déclaration suivante : « STR Network et l’artiste sous contrat Ho Lung, en raison d’une divergence de convictions, mettent fin à compter de ce jour à leur contrat d’exclusivité »22. Selon la presse, la seule première saison de The Night Night Show with Ho Lung aurait perdu environ 5 millions de NT$ ; outre l’image personnelle abîmée de Ho Lung, la rupture tiendrait aussi à des problèmes structurels — la difficulté chronique à attirer de grandes vedettes invitées, la fuite des sponsors44.

📝 Note du curateur : Brian Tseng, Ho Lung, Sam Yarborough, Lung Lung, Chillseph, Huang Hao-ping — cette scène du stand-up n’est pas l’histoire d’un seul homme. Le paysage taïwanais du stand-up est le produit d’une évolution écologique de plus de dix ans : de la fondation du Comedy Club en mai 2007, avec ses six mille représentations cumulées et ses 250 000 spectateurs4546, aux spectacles payants de Fishbong à partir de 2008 — une troupe de manzai à la japonaise rendant hommage à la Yoshimoto Kogyo japonaise47 —, jusqu’à l’arrivée de STR Network en 2018. Dans cet écosystème, Brian Tseng est le nœud le plus totalement industrialisé : à la fois auteur, président du conseil d’administration de sa propre entreprise, et point d’origine récurrent de controverses.

⚠️ Point de controverse : dans un entretien à VERSE, Brian Tseng adopte, à propos des « fans de STR Network », une posture inverse de ce qu’on attend d’ordinaire d’un créateur de contenu : « En réalité, je déteste beaucoup les fans de STR Network ». Il ajoute : « Mais c’est moi-même qui ai fait naître cet environnement ». Sur les limites de l’offense, il dit : « Une fois qu’on a laissé une impression négative, l’effort nécessaire pour redorer son image après coup est forcément bien plus grand que si l’on avait pris le bon chemin dès le départ »48. Cette citation place sa lucidité sur lui-même dans une position rare : il sait que la nature même du public qu’il a fini par rassembler est un sous-produit de ses erreurs de calcul.

Si l’on prend un peu de recul, l’explosion du stand-up taïwanais de cette décennie correspond exactement à la courbe inverse de l’autre côté du détroit. En mai 2014, Ye Feng, He Xiaoxi, Li Dan et d’autres cofondent Xiaoguo Culture ; en 2017, la première saison de Rock & Roast est diffusée sur la plateforme vidéo de Tencent, et la valorisation de l’entreprise grimpe la même année à environ 1,2 milliard de yuans (RMB)49. Le 13 mai 2023, HOUSE (Li Haoshi), artiste sous contrat chez Xiaoguo, est dénoncé après avoir décrit, dans un numéro, ses deux chiens errants adoptés poursuivant des écureuils comme ayant « une conduite exemplaire, capables de remporter la bataille ». Le 17 mai, le Bureau municipal de la Culture et du Tourisme de Pékin inflige à Xiaoguo Culture une amende de plus de 13,35 millions de yuans (RMB) et suspend indéfiniment tous ses spectacles dans la capitale ; la sixième saison de Rock & Roast meurt avant de naître, et la valorisation de l’entreprise chute de 4 milliards de yuans (RMB)50. Dès 2019, dans un entretien à la CNA, Brian Tseng avait déjà tracé cette ligne de démarcation : « il suffit de regarder ce qui est arrivé au hip-hop » — la décision de ne pas s’implanter en Chine avait été prise quatre ans à l’avance51. La fermeture du stand-up en Chine et l’explosion du stand-up à Taïwan : ces deux courbes inverses forment le contraste le plus spectaculaire de la production culturelle entre les deux rives du détroit sur les huit années allant de 2018 à 2025.

💡 Le saviez-vous : Brian Tseng a, de sa propre méthode de travail, une description d’une rigueur presque scientifique. Répondant aux questions d’un journaliste de Mirror Media, son ton a été décrit ainsi : « il répond à chaque question l’une après l’autre, sans jamais rien développer au-delà du nécessaire, avec une rigueur et une discipline telles que j’ai fini par croire que je parlais à une IA »2. Son obsession pour les abréviations anglaises prolonge cette même précision : « je voulais que l’exemple que vous donniez oppose l’anglais au mot “versus” ; je disais que l’abréviation de ce mot est “VS.”, sans point au milieu, jamais “V.S” — je m’en suis plaint pendant longtemps, mais tout le monde continue à mal l’écrire »2. Dans un entretien à Bios Monthly, sa philosophie sur la nature même de la blague reste, elle aussi, orientée vers la recherche : « il n’existe pas de blague qu’on ne puisse pas raconter, seulement des blagues qui ne font pas rire », « soit tout peut être tourné en dérision, soit rien ne le peut ; il n’y a pas d’entre-deux »9. Sur la billetterie, il dit : « en fait, ma façon de travailler est plutôt scientifique » — traitant l’effet de Ho Lung sur la billetterie comme une hypothèse, prêt à concevoir une expérience pour vérifier si elle est fausse2.

Le prix du mauvais calcul, et qui le paie

Fin septembre 2025, le jour où le jugement en deuxième instance de la Haute Cour administrative de Taipei devient définitif, Brian Tseng annonce sur Facebook la diffusion de Triple Standard sur YouTube en marathon de 48 heures. Dans le langage juridique le plus précis, le jugement lui retire le pouvoir de définir la comédie qu’il avait accumulé pendant huit ans : « il s’agit bien d’une représentation de stand-up comedy à visée de divertissement donnée par Tseng » — ni une « conférence », ni une « conférence intéressante », ni quoi que ce soit qu’il aurait pu tenter de recadrer par les mots.

De l’automne 2017, quand la vidéo « Da Nai Wei Wei » devient virale et qu’il décide d’abandonner son doctorat, jusqu’au jour du jugement de 2025, Brian Tseng aura passé huit ans à définir la comédie de toute une époque — et huit ans à montrer comment un homme d’une rationalité extrême peut, à répétition, mal évaluer le poids des émotions dans la société taïwanaise. La blague sur Cheng Nan-jung a raté une fois, la vidéo du livreur a raté une fois, le recadrage de la taxe sur les spectacles a raté une fois. Chaque fois, ce n’est pas que la blague était mal écrite — sur le plan technique, chaque opération était calculée avec une précision suffisante pour produire des états financiers. L’erreur se situe toujours au même endroit : il applique le modèle du rapport signal-bruit d’un laboratoire pour calculer le poids des émotions dans l’espace public. Le SNR d’un laboratoire suppose que l’émotion est du bruit, qu’on peut filtrer avec précision ; mais dans la société, l’émotion elle-même est le signal.

Au sous-sol du 286, Linsen North Road, au Two Three Comedy Club, Brian Tseng continue, le jeudi soir, à animer lui-même l’Open Mic en chinois. Les nouveaux venus y testent leurs numéros sous un mince faisceau de projecteur, tandis que le public en salle recueille chaque chute comme une donnée de recherche. De la fondation du Comedy Club en 2007 aux spectacles payants de Fishbong en 2008, en passant par la création de STR Network en 2018, jusqu’au spectacle solo de 2025 au Kaohsiung Music Center, la courbe d’industrialisation du stand-up taïwanais sur une décennie place Brian Tseng au tournant le plus controversé — celui-là même où se posent les fondations d’une industrie, et où se paie son coût émotionnel le plus élevé.

✦ Phrase de clôture : il sait calculer la chaîne causale d’un effet comique ; il ne sait pas calculer le poids que la société accorde à ses émotions. Et ce mauvais calcul constitue précisément la courbe de coût qui a rendu possible, ces dix dernières années, l’existence du stand-up à Taïwan. Si quelqu’un avait dit à Brian Tseng en 2017 qu’il allait passer huit ans à définir et à abîmer, en même temps, la comédie de toute une époque, il aurait sans doute traité cette phrase comme une hypothèse non vérifiée, avant de retourner au laboratoire pour concevoir une expérience.

Pour aller plus loin :

  • Tsai Ing-wen — la première candidate à la présidentielle à être entrée, en 2019, dans le studio de The Night Night Show with Brian Tseng
  • Han Kuo-yu — « l’inconnu le plus familier » de cette même saison, dont la seule exigence était qu’on ne se moque pas de sa coiffure
  • Cheng Nan-jung — militant hors parti mort immolé en 1989 pour une liberté d’expression à 100 %, devenu en 2019 le point de départ du mauvais calcul de Brian Tseng

Sources des images

Au moment de la rédaction de cet article, les principales sources utilisées sont des reportages publics, la chaîne officielle de STR Network, des entretiens personnels avec Brian Tseng et des informations gouvernementales publiques. Aucune image n’est intégrée dans le texte ; les visuels de couverture et d’illustration font l’objet, pour cette itération EVOLVE, d’une limite provisoire no-media ; ils seront ajoutés ultérieurement dans le cadre du régime de commentaire éditorial de type fair use, dès qu’une image officielle de presse de STR Network ou une photo de l’espace public du Comedy Club, à une résolution d’archivage adaptée, aura été trouvée — via un commit de réparation distinct.

Références

  1. Russell Peters - Wikipedia — Données sur la vie et le style de l’humoriste canadien Russell Peters, le succès viral sur YouTube de son spécial Comedy Now! de 2004, sa troisième place au classement Forbes 2013 des humoristes les mieux payés au monde, et son statut de premier artiste à obtenir un spécial Netflix en solo.↩
  2. 【博恩專訪1】問一答一嚴謹守規矩 訪問博恩彷彿與AI對話 - 鏡週刊 — Entretien approfondi de Mirror Media du 19 juin 2024, comprenant les citations clés sur les « revenus annexes six à sept fois supérieurs », l’impression de « parler à une IA », l’abréviation de « versus » en VS., le changement de « direction de la barre », et l’initiation par Russell Peters.↩23456
  3. 網曝光博恩爸學歷!「理工醫學全包」哈佛醫學院當講師 驚呆鄉民:真神人 - ETtoday — Révélation du parcours académique de Tseng Wen-yi : doctorat en sciences radiologiques au département de génie nucléaire du MIT, poste de chargé de cours à la Harvard Medical School, et poste actuel de professeur à la faculté de médecine de l’Université nationale de Taïwan.↩
  4. 曾博恩 - 維基百科 — Article consacré à Brian Tseng : lycée Chien Kuo, double diplôme en langues étrangères et psychologie à l’Université nationale de Taïwan, sciences du cerveau et de l’esprit à l’UCL, biologie intégrative à l’Université Paris VI, victoire au tournoi des nouveaux talents du Comedy Club en 2016, et autres éléments biographiques de base.↩
  5. 背離「高學歷者」的就業想像,我是這麼想的 - 新思惟論壇 — Témoignage de Brian Tseng sur ses choix d’études et son changement de carrière, publié sur un forum, incluant sa moyenne de 4,19/4,3 à l’Université nationale de Taïwan et son classement deuxième d’une promotion de 132 étudiants.↩
  6. 大奶微微爆紅!曾博恩用幽默打破縮寫文化 - 風傳媒 — Reportage de 2017 sur le succès viral de la vidéo « Da Nai Wei Wei », avec une analyse de la culture des abréviations et le nom de scène de Brian Tseng à l’époque, « Gang Gang ».↩
  7. 博恩「大奶微微」走紅 笑談台灣縮寫文化 - 自由時報 — La vidéo « Da Nai Wei Wei » dépasse les 400 000 vues en novembre 2017, pour finir à 1,61 million de vues et 450 000 mentions J’aime.↩
  8. 卡米地喜劇俱樂部 - 維基百科 — Historique du Comedy Club, victoire de Brian Tseng à la finale du tournoi des nouveaux talents en octobre 2016, et liste des humoristes qui en sont issus, dont Ho Lung, Lung Lung et Huang Hao-ping.↩
  9. 曾博恩專訪 - Bios Monthly — Entretien approfondi, incluant les réflexions sur la nature de la blague : « mon parcours académique est arrivé au bout de sa course », « une blague qui ne fait pas rire, face à un sujet qu’on ne peut pas tourner en dérision », et la recherche d’une reconnaissance collective sous-jacente.↩2
  10. STR Network 官方 FB - 共同創辦聲明 — Explication officielle, publiée sur le compte Facebook officiel de STR Network, de la cofondation de l’entreprise par Hsieh Cheng-hao (DJ Hauer) en juillet 2018.↩
  11. 薩泰爾娛樂 - 維基百科 — Article consacré à STR Network : date de fondation le 31 juillet 2018, origine du nom en transcription phonétique de « satire », composition du conseil d’administration et de la direction, et liste des humoristes ayant quitté l’entreprise (la page ne comporte pas de liste des artistes actuellement sous contrat).↩23
  12. 英法雙碩士變脫口秀網紅!博恩把笑話當學問分析 - 中央社文化+ / 風傳媒轉載 — Entretien de 2019 pour CNA Culture+, incluant le parallèle entre langues étrangères et neurosciences comme deux façons de parler de ce qui est commun aux êtres humains, la méthode consistant à traiter la scène comme un laboratoire, et l’anticipation, dès cette date, de la fermeture du stand-up en Chine à travers l’exemple du hip-hop.↩
  13. 博恩夜夜秀 - 維基百科 — Article consacré à l’émission : diffusion de l’épisode pilote le 20 août 2018, 130 000 vues en cinq jours, 32 épisodes réguliers sur trois saisons, fin de la troisième saison le 18 janvier 2020.↩
  14. 博恩夜夜秀 - 維基百科 §節目沿革與募資 — Même article, avec les informations sur le financement participatif via Backer-Founder, l’objectif public de 3 millions de NT$, le déficit budgétaire de la première saison, et le statut de premier talk-show taïwanais financé par sociofinancement en ligne.↩2345
  15. 蔡英文成首位來賓!博恩夜夜秀第2季首播秀「辣台妹」 - Newtalk新聞 — Article du 14 avril 2019 annonçant l’enregistrement de Tsai Ing-wen le 20 avril pour le premier épisode de la deuxième saison, épisode qui dépassera le million de vues trois jours après sa diffusion.↩
  16. 蔡英文上博恩夜夜秀 對賴清德喊話「1+1要大於2」 - 鏡週刊 — Reportage de Mirror Media du 25 avril 2019, citant mot pour mot l’appel à la coopération lancé par Tsai Ing-wen à Lai Ching-te pendant l’émission.↩
  17. 韓國瑜上博恩夜夜秀 自嘲開播以來最熟悉的陌生人 - 中央社 — Reportage de la CNA du 24 décembre 2019, incluant les 18 minutes d’enregistrement de Han Kuo-yu, son exigence de ne pas plaisanter sur sa coiffure, et la formule d’ouverture de Brian Tseng, « l’inconnu le plus familier ».↩
  18. 宋楚瑜上博恩夜夜秀 法語對談「金剛人」誤稱鋼鐵人 - 聯合新聞網 — Enregistrement de James Soong en studio le 18 décembre 2019 : il déclare avoir étudié le français trois ans à l’université, cite en français des expressions idiomatiques, et confond « Iron Man » avec « King Kong ».↩
  19. 博恩夜夜秀總統候選人收費爭議:韓 31.5 萬 / 蔡 13 萬 / 宋 0 - 數位時代 — Le tableau des recettes et dépenses de dons politiques publié par le Control Yuan en juillet 2020 révèle la structure de rémunération des trois candidats invités à l’émission ; Brian Tseng présentera ensuite des excuses publiques et une explication dans une vidéo de 18 minutes.↩2
  20. STR Network 求職資訊 - Yourator — STR Network compte entre 11 et 50 salariés ; l’entreprise se décrit elle-même comme ayant « fait passer la comédie de salles de 40 personnes à des salles de 13 000 personnes, pour un total de 80 000 billets vendus ».↩
  21. 薩泰爾娛樂 公司登記 - 商工登記資料 — Numéro d’immatriculation de l’entreprise 50798810, capital social versé de 10,406 millions de NT$ (au 27 novembre 2024), et principaux actionnaires incluant Yuguan Capital et Brooklyn Investment.↩
  22. 薩泰爾與賀瓏終止經紀合約聲明 - STR Network 官方 Threads — Déclaration officielle de résiliation de contrat publiée mot pour mot par STR Network sur son compte Threads officiel le 23 juin 2025.↩2
  23. 喜劇「Open mic」與言論自由:「曾博恩調侃鄭南榕」從不存在 - The News Lens 關鍵評論網 — Analyse de l’affaire d’août 2019, citant mot pour mot le numéro d’Open Mic de Brian Tseng sur Cheng Nan-jung, et une discussion juridique sur la nature de l’Open Mic.↩2
  24. 調侃鄭南榕惹議 博恩道歉了:原先覺得不用為一張傳聞截圖澄清,但現在明白了 - 風傳媒 — Texte intégral, mot pour mot, de la déclaration d’excuses de Brian Tseng du 9 août 2019.↩
  25. 開鄭南榕玩笑引爭議 博恩首道歉這樣說 - 自由時報 — Reportage citant mot pour mot la déclaration d’excuses complète, et l’annonce de la passation de l’animation à partir de la quatrième saison.↩
  26. 開鄭南榕自焚玩笑 博恩夜夜秀驚傳喊卡 - 自由時報 — Réaction officielle initiale de STR Network annonçant la suspension de sa collaboration avec Brian Tseng, suivie de l’évaluation du directeur général Hsieh Cheng-hao qualifiant les faits d’« acte privé ».↩2
  27. 博恩失言風波 鄭南榕基金會出面回應、網紅批評 - Newtalk新聞 — Reportage de Newtalk du 8 août 2019, retraçant la chronologie des réactions publiques de la Fondation Cheng Nan-jung et des différentes parties concernées au numéro d’Open Mic de Brian Tseng.↩
  28. 賀瓏夜夜秀 - 維基百科 — Annonce par STR Network, le 4 octobre 2023, du retour de l’émission avec Ho Lung comme nouvel animateur, et mise en ligne de la première saison le 28 octobre 2023.↩
  29. 曾博恩「有趣的演講」收 2,283 萬 拒繳 26 萬娛樂稅敗訴確定理由曝光 - 鏡週刊 — Reportage de Mirror Media du 30 septembre 2025, détaillant les trois représentations, les recettes de billetterie de 22 835 950 NT$, la taxe sur les spectacles de 267 009 NT$, et le texte du jugement en deuxième instance de la Haute Cour administrative de Taipei.↩23
  30. 拒繳娛樂稅 26 萬!博恩脫口秀辯「演講」 薩泰爾提告抗罰 186 萬敗訴 - CTWANT — Dates des représentations des 11 et 12 mars 2022, calcul de l’amende de 1 869 063 NT$ (au septuple), jugement de première instance du 22 août 2024, et les motifs : différence entre conférence et stand-up, changement délibéré du nom, intention d’éluder la taxe.↩23
  31. 博恩「拒繳 26 萬娛樂稅」官司打 3 年終於輸了 首發聲宣布 1 重大消息 - TVBS — Après la confirmation du jugement en 2025, Brian Tseng annonce sur Facebook la diffusion en marathon de 48 heures de Triple Standard sur YouTube, et son intention d’utiliser les recettes pour payer les 260 000 NT$ de taxe et les 1,86 million de NT$ d’amende.↩
  32. 曾博恩成台灣史上首位攻蛋的 stand-up comedy 演員 - The News Lens 關鍵評論網 — Spectacle BALLBREAKER à la Taipei Arena le 27 mai 2023, 90 minutes, environ 13 000 spectateurs, et statut de premier artiste de stand-up comedy de l’histoire taïwanaise à se produire dans cette salle.↩
  33. 台北小巨蛋官網 - 破蛋者 BALLBREAKER — Fiche officielle de la Taipei Arena pour le spectacle du 27 mai 2023.↩
  34. 2023 BALLBREAKER 曾博恩世界巡迴 - Klook — Grille tarifaire : « zone blanc d’œuf » 800-3 800 NT$, « zone jaune d’œuf » 6 000 NT$, place « pigeon » 100 000 NT$.↩
  35. 收 5 萬小費外送員「曾墜機又喪妻」 空軍說沒這個人、博恩緊急下架影片 - 聯合新聞網 — Reportage sur l’affaire de la vidéo truquée du livreur, incluant la publication de la vidéo le 28 décembre, les détails mot pour mot de l’histoire personnelle du livreur, la déclaration du 29 décembre du Commandement de l’armée de l’air affirmant que « ce lieutenant-colonel pilote dont se réclame le créateur de contenu n’existe pas », et la réponse publique mot pour mot de Brian Tseng.↩23
  36. 「假飛官外送員是我爸」立委候選人道歉曝原委 - 今周刊 — Le 30 décembre 2023, Chen Kai-ning, candidate législative du Parti populaire de Taïwan, reconnaît que le faux lieutenant-colonel pilote de la vidéo est son père, et présente ses excuses.↩
  37. 收博恩 5 萬小費「飛官失事→外送員」全是假!女兒竟是立委參選人 - 風傳媒 — Reportage sur les excuses publiques de Chen Kai-ning, et la précision selon laquelle sa mère « n’est pas décédée ».↩
  38. 收 5 萬小費外送員女兒竟是正妹候選人 陳愷寧致歉曝真相 - 自由時報 — Reportage citant mot pour mot les excuses publiques de Chen Kai-ning, dont : « je suis désolée que mes affaires familiales personnelles aient occupé l’espace public ».↩
  39. 台北地下室秘密酒吧「二三喜劇俱樂部」!全台首家中英文喜劇酒吧 博恩擔綱節目總監 - La Vie — Ouverture du Two Three Comedy Club le 20 décembre 2019, au sous-sol du 286, Linsen North Road, dans le district de Zhongshan à Taipei ; répartition des rôles entre cofondateurs, et fonction de Brian Tseng comme directeur des programmes en chinois.↩2
  40. 隱藏在台北酒吧地底下的「單口喜劇」秘密基地:二三喜劇俱樂部 - every little d — Description de l’espace du Two Three Comedy Club, capacité de 200 spectateurs, premier bar comique taïwanais bilingue chinois-anglais.↩2
  41. 賀博颱瘋 Storm in a Bubble Tea Cup - KKTIX — Page de billetterie KKTIX pour les représentations à Taipei de Storm in a Bubble Tea Cup (賀博颱瘋) des 21 et 22 juin 2024.↩
  42. BROAN 美國百朗 炎上 BURN 2025 - 臺北流行音樂中心 — Spectacle BROAN 美國百朗 炎上 BURN du 5 juillet 2025 : première fois que Brian Tseng y tient le rôle de tête d’affiche, Shen Yu-lin dans le rôle du « généralissime de la controverse », et liste des artistes participants.↩
  43. 賀瓏夜夜秀王志安事件 - 端傳媒 — Chronologie de la controverse déclenchée le 20 janvier 2024 par l’imitation d’un handicap physique par Wang Zhi’an dans The Night Night Show with Ho Lung, la décision du Conseil des affaires continentales de « révoquer son autorisation d’entrée à compter de ce jour et de lui interdire l’accès à Taïwan pendant cinq ans », la rupture ou suspension de sept sponsors, et la plainte du Taiwan Statebuilding Party.↩
  44. 賀瓏夜夜秀第一季賠 500 萬 - NOWnews — Reportage sur les résultats commerciaux de la première saison de The Night Night Show with Ho Lung, et les raisons structurelles de la rupture de contrat : difficulté à attirer de grandes vedettes invitées, fuite des sponsors.↩
  45. 卡米地喜劇俱樂部官網 — Données cumulées officielles du Comedy Club : 6 000 représentations, 250 000 spectateurs, troupe comique à la plus forte densité de représentations à Taïwan.↩
  46. 卡米地喜劇俱樂部 - 維基百科 §沿革 — Fondation du Comedy Club en mai 2007 par Chang Shuo-hsiu (Social), installation en 2022 au 480, Fuxing North Road, avec 250 places, plus grand club de comédie de Taïwan.↩
  47. 魚蹦興業 - 維基百科 — Fishbong, fondé en août 2008 par Lin Yu-bing, Chang Devil et d’autres, en hommage à la Yoshimoto Kogyo japonaise, premier groupe taïwanais de manzai japonais à vendre des billets.↩
  48. 曾博恩專訪 - VERSE — Entretien pour le magazine VERSE, incluant des citations d’introspection telles que « en réalité, je déteste beaucoup les fans de STR Network », « mais c’est moi-même qui ai fait naître cet environnement », et « l’effort pour redorer son image est bien plus grand que si l’on avait pris le bon chemin dès le départ ».↩
  49. 笑果文化 - 維基百科 — Article consacré à Xiaoguo Culture : cofondation en mai 2014 par Ye Feng, He Xiaoxi, Li Dan et d’autres, et valorisation d’environ 1,2 milliard de yuans (RMB) en 2017.↩
  50. 李昊石事件 - 維基百科 — Affaire HOUSE (Li Haoshi) du 13 mai 2023 et sa formule « une conduite exemplaire, capables de remporter la bataille » ; amende de 13,35 millions de yuans (RMB) infligée le 17 mai par le Bureau de la Culture et du Tourisme de Pékin, suspension indéfinie des spectacles, et perte de valorisation estimée à 4 milliards de yuans (RMB).↩
  51. 博恩夜夜秀「英法雙碩士」變脫口秀網紅 - 中央社文化+ — Entretien du 23 février 2019 pour CNA Culture+, citant mot pour mot la formule de Brian Tseng sur sa décision de ne pas s’implanter en Chine : « il suffit de regarder ce qui est arrivé au hip-hop ».↩
À propos de cet article Cet article a été créé par collaboration communautaire avec l'assistance de l'IA.
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