En 30 secondes : Liu An-Ting est née en 1989 à Taipei et a grandi à Taichung1. Son père, Liu Yi-Chung, a fondé la fondation sociale Lin Ye Sheng ; sa mère, Lin Yi-Rong, est professeure de musique à l'école expérimentale annexe de l'université d'éducation de Taichung et présidente de la fondation caritative Lin Ye Sheng2. En 2008, après avoir obtenu simultanément des admissions à la NTU (département de littérature anglaise et de science politique) et dans dix universités américaines, elle choisit Princeton — avec une bourse complète1. Pendant ses quatre années d'études, elle enseigne dans des salles de classe en terre battue au Ghana, dans des écoles sous tentes en Haïti, dans des prisons pour jeunes adultes aux États-Unis, dans des banlieues défavorisées de Paris et sur des sites de génocide au Cambodge3. À 23 ans, elle démissionne de son poste de consultante à New York et rentre à Taïwan. En 2013, elle lance Teach For Taiwan (TFT) avec un capital de 2 000 dollars taïwanais, neuf personnes et huit écoles à Tainan et Taitung4. En 2016, lors de la cérémonie de remise de diplômes de l'université Cheng Kung, sa question — « Que faites-vous de votre chance ? » — est partagée des centaines de milliers de fois et devient un slogan collectif pour toute une génération5. Mais sa phrase la plus constante reste : « Ne me faites pas confiance en tant qu'individu. »6 En 2024, après le dixième anniversaire de TFT, elle passe la présidence du conseil d'administration à Lin Yan-Xi et devient administratrice7. En onze ans, TFT a formé plus de 400 membres du programme dans neuf comtés, 85 écoles, auprès de plus de 7 500 élèves8. Mais le chef-d'œuvre de Liu An-Ting n'est peut-être pas TFT lui-même — c'est d'avoir pratiqué, dès le premier jour, l'art de s'en aller.
Pas une fondatrice partie de rien
Pour comprendre pourquoi Liu An-Ting a fait à 23 ans ce que d'autres n'oseraient pas à 63, il faut regarder le salon de son enfance.
La famille Liu vivait à Taichung. Le rez-de-chaussée était le bureau du père, le deuxième étage celui de la grand-mère maternelle, le troisième le vrai espace de vie familiale2. Son père, Liu Yi-Chung, a passé le concours d'entrée à la faculté de droit de l'université nationale de Taïwan après son service militaire2. Diplômé, il a fondé la fondation sociale Lin Ye Sheng, qui accompagne les enfants de familles monoparentales et défavorisés à Taichung et Chiayi ; sous son égide, il a créé un programme spécifique pour les décrocheurs scolaires2. Sa mère, Lin Yi-Rong, diplômée de la 72e promotion de l'université nationale d'éducation de Taipei, enseigne la musique dans une école primaire expérimentale et préside la fondation caritative Lin Ye Sheng2.
Ce contexte familial change complètement la lecture de l'histoire. Liu An-Ting n'est pas une jeune femme de génie soudainement inspirée. Elle a grandi en regardant ses parents faire du travail social, et dès le collège, elle donnait déjà des cours de soutien aux jeunes décrocheurs pris en charge par la fondation de son père2. Celui-ci a confié à un journaliste : « Mon propre parcours scolaire a été formaté par un enseignement bourrage de crâne. C'est pourquoi je n'ai jamais imposé de méthode à mes enfants ; je les ai laissés explorer leurs propres intérêts. »2 Cet espace de liberté est le terreau de tous les choix qu'elle fera ensuite. Elle n'a pas été contrainte de faire le bien — elle a été autorisée à observer une famille qui le faisait, puis à décider elle-même ce qu'elle voulait en faire.
Ce détail compte, parce que les médias dominants ont ensuite encadré Liu An-Ting comme « la brillante diplômée de Princeton qui sacrifie tout ». Ce cadre transforme son engagement en vertu individuelle. Elle a toujours su que la vérité était plus proche de la transmission générationnelle : elle ne faisait que prolonger ce que ses parents menaient depuis vingt ans, à une échelle plus grande.
Princeton : quatre ans hors des murs
En 2008, Liu An-Ting quitte le lycée pour filles de Taichung avec des admissions simultanées à la NTU (deux filières) et dans dix universités américaines. Elle choisit Princeton, la seule qui lui offre une bourse complète1.
Elle intègre l'école des affaires publiques et internationales (devenue depuis la School of Public and International Affairs, anciennement Woodrow Wilson School), spécialisation développement international, axe politiques éducatives3. Son mémoire de fin d'études porte sur la reconstruction de la société civile au Cambodge — il reçoit le prix du meilleur mémoire de son département.
Mais le vrai cadeau de Princeton n'est ni ce prix ni son bulletin, c'est le temps passé hors du campus. Elle reviendra sur ces années dans plusieurs entretiens3 :
Été de première année, Ghana, Afrique de l'Ouest : elle enseigne dans une école construite en terre battue. Les enfants n'ont ni papier ni crayon. Été de deuxième année, Haïti : elle intervient dans une école sous tente, quelques mois après le tremblement de terre de 2010. Une prison pour jeunes adultes aux États-Unis : elle y enseigne comme bénévole pendant deux ans, face à des jeunes de 18 à 20 ans qui n'ont aucun intérêt pour l'apprentissage — à leurs yeux, les études, c'est pour « les gagnants de la vie ». Elle ne se décourage pas, assure chaque cours avec sérieux, et voit progressivement les attitudes changer3. S'ajoutent une banlieue défavorisée de Paris et un site du génocide cambodgien.
Ces expériences lui font faire le tour du monde de la précarité éducative. Puis elle se pose une question : Et Taïwan ?
Pas de façon rhétorique. Elle rentre consulter des données et découvre que même dans un Taïwan prospère, une proportion importante d'élèves des zones défavorisées accuse un retard scolaire grave — sans pouvoir compter sur des enseignants stables et qualifiés4. Ce constat devient le point de départ de TFT.
En 2014, elle publie son premier livre, Apprendre à tenir bon : j'ai été admise à Princeton, suivi de Partir pour mieux rentrer : le chemin de Princeton9. Les deux livres traitent du même sujet : ce qu'une jeune Taïwanaise apprend dans une grande université américaine, ce n'est pas comment devenir une élite plus brillante — c'est comment devenir quelqu'un qui veut rentrer chez soi.
2013 : deux mille dollars, neuf personnes, huit écoles
Diplômée de Princeton, Liu An-Ting rejoint d'abord un cabinet de conseil en management à New York1. La trajectoire semblait logique : grande école, premier poste dans le conseil, puis peut-être une banque d'investissement, un MBA, une organisation internationale.
Elle démissionne en moins d'un an et rentre à Taïwan1.
En 2013, lors d'un camp d'entrepreneuriat social organisé par la fondation Public Platform, elle rencontre Yan Chang-Shou, Fang Hsin-Chou et Lee Chi-Jen. Yan Chang-Shou est le fondateur de Public Platform et ancien directeur général d'un palace taiwanais, très engagé dans l'éducation autochtone ; Fang Hsin-Chou est un ancien cadre de la tech qui fondera plus tard la fondation Cheng-Zhi ; Lee Chi-Jen est alors professeur à la faculté de gestion de la NTU4. Ils débattent du « problème des talents » dans les zones rurales : pas tant un manque de ressources éducatives qu'un manque d'enseignants de qualité prêts à s'installer durablement.
Après le camp, Liu An-Ting passe six mois à mener une étude de faisabilité. Elle visite des écoles rurales, interroge directeurs et enseignants, analyse des cas internationaux4. Le modèle qu'elle a en tête : Teach For America, fondé en 1989 par Wendy Kopp (une ancienne de Princeton), qui envoie des diplômés de grandes universités dans des écoles de quartiers défavorisés4.
En 2013, TFT est officiellement créée. Capital de départ : 2 000 dollars taïwanais4.
Première promotion : neuf personnes dans huit écoles de Tainan et Taitung, pour deux ans d'enseignement à temps plein4.
À cette échelle, personne ne s'en aperçoit vraiment. Onze ans plus tard, ce programme aura tracé une nouvelle ligne sur la carte de l'éducation rurale à Taïwan.
« Que faites-vous de votre chance ? »
En juin 2016, TFT a trois ans. La première promotion approche de la fin de ses deux années de service. Liu An-Ting est invitée à prononcer le discours de remise des diplômes de l'université Cheng Kung5.
Elle a 27 ans. Elle ne parle ni de rêves ni d'avenir. Elle pose une question : « Que faites-vous de votre chance ? »5
Elle raconte deux histoires5. La première : sa première expérience comme bénévole dans une prison pour jeunes adultes aux États-Unis, face à des détenus de 18 à 20 ans. La seconde : un enfant qu'elle a rencontré dans une salle de classe TFT — appelons-le A-Wei — dont le père tient un stand de thé et la mère est originaire du Vietnam, une famille qui ne peut pas payer les frais de scolarité. A-Wei séchait les cours pour aider à la vente. Un enseignant TFT est allé le chercher. De retour en classe, il obtient la meilleure note de la classe chez les garçons et remporte un concours national de dessin pour élèves d'écoles rurales4.
Entre les deux histoires, elle pose la question. « La chance » n'est pas une figure de style dans sa bouche. Elle dit : le simple fait d'être assis ici à écouter un discours est le résultat d'une injustice. Qu'allez-vous en faire ?
Elle conclut en souhaitant aux diplômés de pouvoir dire quatre ans plus tard, avec fierté et joie, qu'ils ont « pris leur chance et choisi la bonté, la douceur, l'attention, l'amour »5.
Ces mots sont partagés des centaines de milliers de fois5. Ils deviennent la citation collective d'une génération d'étudiants taïwanais. Beaucoup de ceux qui rejoindront TFT par la suite diront avoir entendu le nom de Liu An-Ting pour la première fois dans un extrait de ce discours. Cette viralité la transforme d'une jeune entrepreneuse sociale en figure médiatique.
Mais cette exposition amène avec elle un cadrage narratif qu'elle ne voulait pas.
« Ne me faites pas confiance en tant qu'individu »
En 2013, un discours TEDxTaipei propulse Liu An-Ting du statut d'inconnue à celui de personnalité médiatique6. Les étiquettes qui lui sont accolées : « brillante diplômée de Princeton qui renonce à un salaire élevé pour enseigner à des enfants ruraux ». L'histoire devient un récit de sacrifice personnel, plutôt qu'un récit sur la défaillance systémique de l'éducation.
Dans un entretien pour le magazine Cheers, elle dit directement : « Ne me faites pas confiance en tant qu'individu… Ce qui a de l'influence, ce n'est pas moi, c'est la conviction que je porte. »6
À l'époque, dans les milieux de l'entrepreneuriat social taïwanais, certains ont pris cette phrase pour de la modestie. Mais Liu An-Ting n'était pas en train de faire la politesse. Les dix ans qui ont suivi ont été la mise en pratique littérale de cette phrase.
Dans un autre entretien pour Cheers, elle explique : « Les médias ont encadré TFT comme une "histoire de héros", pas comme un mouvement systémique. »6 Sa crainte : si le succès de TFT est attribué à « une personne exceptionnelle », cette histoire devient un cas unique impossible à reproduire. Les gens entendent : « Wow, elle est formidable. » Et ne font rien. Mais si le succès de TFT est attribué à « une conviction exceptionnelle », cette histoire devient un point de départ que n'importe qui peut s'approprier.
Cette distinction la tient à cœur. Parce qu'elle a toujours su une chose : elle partirait un jour, et TFT devait survivre à son départ.
Le couple qui réinvente l'éducation
La vie personnelle de Liu An-Ting est relativement discrète, mais un fait est connu dans les milieux de l'éducation taïwanaise : son mari est Lü Guan-Wei10.
Lü Guan-Wei est diplômé de la faculté de médecine de la NTU en 2013. Il renonce à la médecine pour l'éducation, rejoint la fondation Cheng-Zhi pour enregistrer les premières vidéos de mathématiques, et devient directeur général de la plateforme éducative Junyi. En 2024, Junyi compte plus de 5,28 millions d'utilisateurs et 270 000 apprenants actifs mensuels — le plus grand système d'apprentissage en ligne à but non lucratif de Taïwan11.
L'année où Liu An-Ting crée TFT — 2013 — est également l'année où Lü Guan-Wei quitte la médecine pour l'éducation. Ce n'est pas un hasard : ils forment depuis lors le « couple qui réinvente l'éducation »10. L'un envoie des diplômés d'élite dans des écoles rurales pour résoudre la pénurie d'enseignants en amont ; l'autre achemine des ressources d'apprentissage numériques vers ces mêmes écoles pour résoudre les inégalités en aval. Les deux démarches ne se substituent pas — elles se complètent : TFT traite le problème de l'enseignant, Junyi traite le problème des ressources.
Ce couple médiatisé n'est pas un fait divers. C'est un phénomène structurel : autour de 2013, une génération de jeunes Taïwanais a fait des choix similaires en même temps, abandonnant des carrières prometteuses pour rejoindre le terrain de l'éducation. Liu An-Ting et Lü Guan-Wei sont les deux visages les plus visibles de ce mouvement, mais ils n'en sont pas les seuls acteurs. Fondation Cheng-Zhi, Junyi, TFT, DFC Taïwan, KIST — tous appartiennent à la même vague12.
2024 : la fondatrice passe la main
En 2024, TFT renouvelle son conseil d'administration pour la troisième fois7.
Lin Yan-Xi prend la présidence à partir de 2024. Ancienne directrice générale et conseillère au conseil mondial de DDI (Development Dimensions International) pour Taïwan, elle a débuté sa carrière de consultante chez Caliper en 2000 avant de rejoindre DDI en 2006, spécialisée dans le développement du leadership et l'évaluation des talents, avec plus de vingt ans d'expérience auprès de grandes entreprises cotées7.
Ce qui importe davantage que le CV, c'est la chronologie : Lin Yan-Xi a rencontré TFT et Liu An-Ting en 2015, par l'entremise du professeur Lee Chi-Jen de la NTU. Neuf ans plus tard, elle reprend le flambeau7.
Liu An-Ting devient administratrice7.
Ce geste est rare dans le monde des ONG taïwanaises. La plupart des fondateurs sociaux restent à la présidence tant que l'organisation existe — non par attachement au pouvoir, mais parce que l'organisation elle-même repose trop souvent sur le charisme personnel du fondateur, rendant la passation de relais presque impossible.
Le passage de témoin de Liu An-Ting est un acte délibéré. Elle n'a pas été évincée, elle n'est pas épuisée — elle a simplement toujours cru qu'une organisation incapable de fonctionner sans son fondateur n'est pas une organisation durable. Elle l'a répété dans plusieurs entretiens : « TFT est un mouvement social, pas mon œuvre personnelle. »6
Concrètement, ce passage de témoin signifie :
- Lin Yan-Xi est désormais responsable de la feuille de route stratégique 2030 de TFT, articulée autour de trois grandes ambitions : « Faire des inégalités éducatives un mouvement social impliquant le plus grand nombre », « Faire de la pauvreté d'apprentissage un phénomène du passé », « Faire des parcours atypiques une option à part entière »13
- Liu An-Ting, en tant qu'administratrice, continue d'apporter ses conseils stratégiques, mais n'est plus au centre des décisions quotidiennes
- TFT passe officiellement du modèle « fondatrice + équipe » au modèle « gouvernance professionnelle + fondatrice conseillère »
- Lin Yan-Xi apporte une expertise en développement du leadership et en évaluation des talents qui complète ce qui était jusqu'ici davantage une organisation tournée vers le terrain
Dans un entretien accordé à Flip Education, Liu An-Ting a dit une phrase que l'on peut lire à la lumière de ce passage de témoin : « La présidente de TFT doit d'abord savoir être un adulte capable d'accepter l'échec et l'imperfection. »14 Ce n'est pas seulement un conseil à son successeur — c'est aussi son bilan personnel des onze années écoulées. Seule une fondatrice capable d'accepter l'imperfection peut quitter le poste qu'elle a créé.
Pas une fin, un nouveau départ
La jeune femme de 24 ans de Apprendre à tenir bon, et celle de 35 ans qui passe la présidence de TFT en 2024 : est-ce la même personne ?
En surface, l'écart semble immense. À 24 ans, revenue de New York, portée par l'enthousiasme et les idéaux ; à 35 ans, forte de onze ans d'expérience, d'un réseau de plus de 400 alumni, d'une organisation qui a traversé trois renouvellements de conseil et dont une citation est devenue un lieu commun. Mais en regardant chacun de ses choix sur ces onze ans, on découvre qu'elle a toujours fait la même chose : rendre cela possible sans elle.
Depuis le premier jour, elle pratique l'art de partir. Elle refuse que les médias la définissent comme une héroïne. Elle refuse d'être la seule porte-parole de TFT. Elle refuse de lier son identité publique au succès de l'organisation. Elle forme sans cesse d'autres personnes à faire son travail, tenir son discours, porter sa responsabilité614.
Ce n'est pas une chose aisée à accomplir. La plupart des fondateurs ne refusent pas de lâcher prise — ils en sont incapables : leur organisation est trop centrée sur eux, leur identité trop liée à elle. Si Liu An-Ting y est parvenue, c'est parce qu'elle a conçu dès le départ une organisation capable de tourner sans elle.
C'est aussi pourquoi « ne me faites pas confiance en tant qu'individu » était une déclaration sérieuse. En demandant aux journalistes et au public de ne pas mettre son nom au centre, elle savait que si tout le monde croyait en elle en tant qu'individu, elle ne pourrait jamais partir. Et rester aurait un coût : TFT resterait à l'échelle d'une fondatrice, sans jamais devenir un vrai mouvement social.
Le jour où elle passe la main en 2024 est son geste le plus important des onze ans — et le moins visible. Parce qu'un bon départ est silencieux.
Liu An-Ting n'a pas disparu. En tant qu'administratrice, elle reste une voix stratégique pour TFT, une militante visible sur les questions d'éducation rurale, la femme de Lü Guan-Wei, l'ancienne fondatrice qu'on invite encore à prendre la parole dans les universités. Mais elle n'est plus le centre. Le centre, aujourd'hui, c'est Lin Yan-Xi, les plus de 400 alumni, les routines institutionnelles que TFT a construites — et cette culture qu'elle a laissée derrière elle, résumée en une phrase : « Ne me faites pas confiance en tant qu'individu. »
Si TFT se dissout un jour, se transforme, ou fusionne avec d'autres organisations, personne ne dira que c'est « l'échec de Liu An-Ting ». Parce qu'elle n'a jamais fait de cette organisation le prolongement de sa personne. C'est le choix le plus rare — et le plus précieux — qu'elle ait fait en tant que fondatrice.
En 2016, quand elle a posé la question « Que faites-vous de votre chance ? » à Cheng Kung, elle n'avait pas encore entièrement réponse à cette question. Dix ans plus tard, un passage de témoin lui a permis de répondre : prendre sa chance, agir, puis laisser l'action lui survivre.
C'est l'histoire de la figure la plus mémorable du mouvement éducatif de cette génération à Taïwan. Mais elle s'opposerait à ce qu'on l'appelle ainsi.
Pour aller plus loin
- Teach For Taiwan (TFT) — L'histoire complète de l'organisation : le cadre 3A, le programme de deux ans, les six semaines de formation, le réseau de plus de 400 alumni, le pôle d'innovation éducative de Pingtung. Cet article se concentre sur la personne de Liu An-Ting ; pour la dimension organisationnelle, voir l'article TFT.
- Éducation dans les zones rurales de Taïwan — Le terrain où Liu An-Ting a travaillé pendant onze ans. Le cadre des cercles concentriques de TFT (élève / école / communauté / société) est une construction collective, mais elle en a été l'une des premières promotrices.
- Lü Guan-Wei — Le mari de Liu An-Ting, directeur général de la plateforme éducative Junyi. L'autre moitié du « couple qui réinvente l'éducation », lui aussi entré dans le champ éducatif en 2013.
- Yan Chang-Shou — Fondateur de la fondation Public Platform, l'un des acteurs clés lors de la création de TFT. C'est lors d'un camp organisé par Yan que Liu An-Ting rencontre Fang Hsin-Chou et Lee Chi-Jen en 2013.
- Pauvreté d'apprentissage — En 2024, « faire de la pauvreté d'apprentissage un phénomène du passé » figure parmi les trois grandes ambitions de la feuille de route 2030 de TFT. C'est la boussole stratégique laissée par Liu An-Ting à la prochaine génération de dirigeants.
Références
- Liu An-Ting — Wikipédia — Données biographiques de base : née en 1989 à Taipei, grandie à Taichung ; bourse complète à Princeton ; spécialisation développement international à la School of Public and International Affairs ; mémoire sur la société civile cambodgienne ; poste de consultante à New York après l'obtention du diplôme.↩
- Portrait de famille : Lin Yi-Rong et Liu An-Ting — blog wongliin — Entretien approfondi sur le contexte familial : père Liu Yi-Chung, fondateur de la fondation Lin Ye Sheng, créateur du programme de réinsertion scolaire pour décrocheurs ; mère Lin Yi-Rong, diplômée de la 72e promotion de l'université d'éducation de Taipei, enseignante de musique et présidente de la fondation.↩
- Liu An-Ting / TFT — plateforme IOH — Détail des expériences de bénévolat pendant les années Princeton : Ghana, Haïti post-séisme, prison pour jeunes adultes (deux ans), banlieue défavorisée de Paris, site du génocide cambodgien.↩
- TFT – À propos — Histoire officielle de la création : rencontres au camp de Public Platform, référence au modèle Teach For America, capital de départ de 2 000 dollars taïwanais, première promotion de neuf enseignants dans huit écoles, histoire d'A-Wei.↩
- Liu An-Ting : Que faites-vous de votre chance ? — Flip Education — Texte intégral du discours de remise des diplômes de l'université Cheng Kung, juin 2016. Deux récits, la question centrale, conclusion sur la bonté, la douceur, l'attention et l'amour. Des centaines de milliers de partages.↩
- Ne me faites pas confiance — Cheers magazine — Entretien approfondi sur le refus d'être encadrée comme héroïne individuelle, et sur la conviction que le succès de TFT doit être attribué à une conviction, pas à une personne.↩
- Lin Yan-Xi / Présidente TFT — blog DDI Land — Détails du renouvellement du conseil d'administration 2024 : nomination de Lin Yan-Xi, parcours professionnel, première rencontre avec TFT en 2015 via le professeur Lee Chi-Jen.↩
- TFT — Rapport d'impact 10 ans — Bilan décennal : plus de 400 membres formés, 9 comtés, 85 écoles, plus de 7 500 élèves accompagnés.↩
- Apprendre à tenir bon — librairie en ligne — Premier livre de Liu An-Ting, 2014. Suivi de Partir pour mieux rentrer. Les deux portent sur la même question : qu'apprend-on vraiment dans une grande université américaine ?↩
- Le couple qui réinvente l'éducation — Podcast Mingren Shufang, Apple Podcasts — Entretien avec Liu An-Ting et Lü Guan-Wei sur leurs approches complémentaires de la formation des talents et de la transformation éducative à Taïwan.↩
- Lü Guan-Wei — Taiwan.md — Profil : diplômé en médecine de la NTU en 2013, reconversion vers l'éducation, directeur général de Junyi. En 2024 : 5,28 millions d'utilisateurs, 270 000 apprenants actifs mensuels.↩
- TFT : tisser le réseau éducatif — TFT blog — Récit de l'écosystème éducatif innovant formé autour de 2013 : TFT, Junyi, fondation Cheng-Zhi, DFC Taïwan, KIST.↩
- Les dix prochaines années de TFT — TFT blog — Feuille de route 2030 : trois grandes ambitions pour la décennie à venir.↩
- Présidente TFT Liu An-Ting : être d'abord un adulte capable d'accepter l'échec — Flip Education — Entretien 2024 sur la philosophie du leadership, résumée dans cette phrase : être capable d'accepter l'imperfection est une condition préalable pour passer le relais.↩