
Katalin Karikó et Drew Weissman ont reçu la médaille Life Science le 16 juin 2022. En octobre de l’année suivante, ils ont obtenu conjointement le prix Nobel de physiologie ou médecine. Photo : Thorne Media. CC BY 3.0 via Wikimedia Commons.
Prologue : l’aube des 930 000 doses, et une femme licenciée cinq fois
Le 2 septembre 2021 à 7 heures du matin, un avion cargo transportant 930 000 doses de vaccin BNT a atterri à l’aéroport international de Taoyuan1. Après quatre mois consécutifs d’épidémie locale à Taïwan, l’alerte de niveau 3 à Taipei et dans le Nouveau Taipei, et plus de cinq cents vies perdues, le premier lot de vaccins à ARNm acheté par des acteurs privés arrivait enfin en ce matin-là2.
Ce jour-là, les réseaux sociaux taïwanais exultaient. Peu savaient toutefois que le liquide qui allait bientôt être injecté dans leur bras portait derrière lui trente ans d’obstination d’une scientifique hongroise immigrée3. Katalin Karikó avait été rétrogradée à l’Université de Pennsylvanie, son laboratoire vidé, ses demandes de financement rejetées à répétition, et ses collègues la surnommaient « cette folle de l’ARNm ». Elle a reçu le prix Nobel en octobre 2023. Vingt-six ans s’étaient écoulés depuis sa première conversation avec Weissman devant un photocopieur, en 1997.
À peu près sur la même frise temporelle, une autre équipe, à Taïwan, travaillait sur un autre type de médicament salvateur. Dans la salle blanche d’un coin de parc scientifique, ces personnes, entièrement équipées, franchissaient les marches du sas et remplaçaient à la pipette les milieux de culture cellulaire. Le 4 juin 2024, lorsque le marteau du Yuan législatif a entériné l’adoption de la Loi sur la médecine régénérative et du Règlement sur les préparations de médecine régénérative4, les cellules qu’elles tenaient entre les mains ont changé de signification : elles ne relevaient plus d’une « tentative autorisée » entre médecin et patient, mais d’un « produit de précision » officiellement encadré par l’État.
Deux médicaments qui sauvent des vies : des cellules et des molécules. Le premier exige que les usines s’alignent sur les normes PIC/S GMP ; le second repose sur une modification de bases qu’un monde scientifique entier a écartée pendant trente ans5. Comment l’État encadre-t-il la science de pointe ? Ceci est un récit à deux lignes.
Vue d’ensemble en 30 secondes : Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2023 a été attribué aux deux chercheurs centraux des vaccins à ARNm, Katalin Karikó et Drew Weissman. Karikó a immigré aux États-Unis en 1985, a été rétrogradée par l’Université de Pennsylvanie en 1995, a vu son laboratoire vidé en 2013, et n’a été reconnue par le monde qu’en 2020, lorsque les vaccins à ARNm contre la COVID-19 sont devenus une solution mondiale3. Sur la même frise, Taïwan a connu une flambée locale en mai 2021 ; des acteurs privés et des entreprises ont acheté conjointement des vaccins BNT, et le premier lot de 930 000 doses est arrivé le 2 septembre1. Cette même année, le vaccin taïwanais Medigen a obtenu une EUA par « immunobridging » ; sa technologie était celle d’un vaccin protéique sous-unitaire, et non de l’ARNm6. Le 4 juin 2024, le Yuan législatif a adopté en troisième lecture la Loi sur la médecine régénérative et le Règlement sur les préparations de médecine régénérative, les « deux lois » qui font passer la thérapie cellulaire taïwanaise d’une tentative autorisée à un régime juridique national4. Cet article juxtapose les deux axes « cellules vs molécules » pour examiner comment deux médicaments qui sauvent des vies sont encadrés par l’État.
Ces 5 minutes devant le photocopieur
En 1997, au deuxième étage de la faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie, deux personnes se sont retrouvées à se disputer l’usage d’un photocopieur.
« L’héroïne, grande, extravertie et chaleureuse, tendait un rameau d’olivier en attendant une réponse ; le héros, lui, répondit froidement : “Si vous réussissez, j’essaierai.” » C’est ainsi que PanSci reconstitue la première rencontre entre les deux chercheurs3. L’héroïne était Karikó. Elle venait d’être rétrogradée par l’université, son mari était bloqué plusieurs mois en Hongrie à cause d’un visa, et elle-même venait d’apprendre qu’une tumeur nécessitait une opération. Le héros était Weissman. Il venait de quitter le laboratoire d’Anthony Fauci aux NIH américains pour s’installer à Penn, travaillait sur un vaccin contre le VIH, et avait besoin d’un outil capable de porter une conception antigénique. L’ARNm correspondait précisément à ce besoin.
📝 Note de curation : Cette rencontre de 1997 n’a rien d’un éclair cinématographique où deux génies se reconnaissent. C’est le hasard de deux personnes socialement marginales qui se croisent devant un équipement commun. Weissman dira plus tard : « I had always wanted to try mRNA » ; devant le photocopieur se trouvait justement quelqu’un qui lui disait savoir fabriquer de l’ARNm7. Une scientifique maladroite socialement, un immunologiste distant : deux oiseaux solitaires sur leurs branches ont officiellement commencé à collaborer en 1998.
Karikó était alors déjà à l’Université de Pennsylvanie depuis huit ans. Lorsqu’elle y est entrée en 1989, elle était Research Assistant Professor et collaborait avec le cardiologue Elliot Barnathan8. En 1995, elle a reçu un ultimatum : partir ou accepter une rétrogradation. Elle a choisi la seconde option, devenant Senior Research Investigator. « Pourquoi personne n’avait-il jamais occupé ce poste ? Parce que personne, après avoir été licencié de son poste actuel, n’avait encore accepté de rester à l’Université de Pennsylvanie. Elle fut la première »3.
Qu’a-t-elle obtenu en échange de cette rétrogradation ? Sa fille pouvait bénéficier des réductions de frais de scolarité accordées aux familles du personnel de Penn. Le prix à payer fut ce surnom : « Voilà la folle de l’ARNm ? »
Pourquoi les souris mouraient-elles toujours ?
Leur premier axe de collaboration était un vaccin contre le VIH. Lorsque Weissman injecta de l’ARNm synthétique à des souris, il observa un phénomène inexplicable : les souris tombaient sans cesse malades, parfois jusqu’à mourir ; la réaction immunitaire était si forte qu’elle détruisait l’organisme lui-même3.
Si l’injection d’ARNm déclenchait par elle-même une tempête immunitaire mortelle, cette voie technologique était pratiquement condamnée. Ils n’ont pourtant pas abandonné. Ils ont au contraire raisonné dans une direction étrange : les cellules produisent elles-mêmes de l’ARNm tous les jours ; pourquoi cela ne déclenche-t-il pas de réaction immunitaire ?
L’observation clé portait sur l’ARNt, ou ARN de transfert. Les souris injectées avec de l’ARNt ne mouraient pas. La différence majeure entre l’ARNt et les autres ARN résidait dans la présence de nombreuses « modifications de bases nucléosidiques » (nucleoside base modifications). Le système immunitaire distinguait-il le soi du non-soi selon que l’ARN était modifié ou non ?
Karikó maîtrisait très bien la synthèse des modifications de l’ARN. Les deux chercheurs ont finalement découvert qu’en remplaçant, dans la molécule d’ARN, le nucléoside uridine « U » par de la pseudouridine « ψ », il était possible d’échapper à la réaction immunitaire tout en permettant aux cellules de traduire correctement la protéine39. En 2005, ils ont appliqué cette méthode avec succès chez le singe9 et publié dans la revue Immunity un article décisif : Suppression of RNA recognition by Toll-like receptors: The impact of nucleoside modification and the evolutionary origin of RNA9.
💡 Le saviez-vous ? L’ARN viral n’est généralement pas modifié ; lorsque le système immunitaire voit de l’« ARN non modifié », il le traite donc comme un envahisseur extérieur et l’attaque. Un ARNm suffisamment modifié par pseudouridine peut « tromper » la cellule, qui devient alors officiellement l’usine de production de la protéine que vous lui avez désignée. Ce mécanisme a transformé l’ARNm, qui était un « poison tuant les souris », en « instruction capable de commander aux cellules de fabriquer des protéines ». C’est le principe central des vaccins à ARNm contre la COVID-19.
Après la publication de l’article, ils pensaient que le monde allait basculer. Il n’en fut rien. La plupart des scientifiques demeuraient sceptiques envers les applications de l’ARNm : trop instable, difficile à produire à grande échelle, dégradé trop rapidement dans l’organisme. « Leur découverte majeure semblait avoir été oubliée par le monde entier »3.
2013 : le jour où le laboratoire fut vidé
Début 2013, Karikó revint d’un colloque au Japon et découvrit que même son laboratoire avait été vidé et attribué à un autre chercheur3.
Cette même année, elle se rendit à Mayence, en Allemagne, pour rencontrer Uğur Şahin, fondateur de BioNTech. Après l’avoir invitée à donner une conférence, Şahin lui proposa directement de rejoindre l’entreprise. Karikó accepta : son poste serait celui de Senior Vice President, tout en conservant une charge d’enseignement associée à l’Université de Pennsylvanie10.
« L’année était 2013. BNT était encore une petite société de biotechnologie sans même un site web, et la décision de Karikó fut donc raillée par les responsables de l’université »3.
📝 Note de curation : L’année où Karikó a rejoint BioNTech, l’opinion dominante dans le monde académique considérait toujours que l’ARNm n’avait pas d’avenir clinique. Une professeure associée d’une grande faculté de médecine américaine partant pour une petite entreprise allemande qui n’avait même pas de site web : cela ressemblait à un suicide professionnel. Sept ans plus tard, cette petite société « sans même un site web » allait produire, avec Pfizer, le premier vaccin à ARNm au monde à recevoir une EUA de la FDA. Le moment où son pari s’est révélé juste n’était pas si éloigné de cet après-midi où ses supérieurs s’étaient moqués d’elle.
Avant cela, en 2010, Derrick Rossi et Luigi Warren, de l’Université Stanford, avaient déjà utilisé discrètement la technologie d’ARNm modifié de Karikó et Weissman pour transformer des cellules de peau en cellules souches pluripotentes11. La même année, Rossi fonda une société qui allait devenir l’ancêtre de Moderna Therapeutics, aujourd’hui bien connue.
Deux pistes restées enfouies pendant treize ans : l’une dans le laboratoire vidé de Penn, l’autre dans les bureaux d’un BNT encore dépourvu de site web. Personne ne savait qu’elles se rejoindraient dans la pneumonie à nouveau coronavirus apparue en décembre 2019.
66 jours de la séquence génétique à la première injection
Le 1er décembre 2019, le premier cas de pneumonie inexpliquée apparut à Wuhan, en Chine. Le 5 janvier 2020, la séquence complète du génome du nouveau coronavirus, SARS-CoV-2, fut rendue publique au monde entier12.
La chronologie suivante s’est alors comprimée à une vitesse invraisemblable :
- 25 janvier : Stéphane Bancel, PDG de Moderna, s’entretient au téléphone avec Anthony Fauci
- Fin février : Moderna achève les essais animaux de son candidat vaccin mRNA-1273
- 16 mars : le premier participant humain reçoit mRNA-1273, soit 66 jours seulement entre le séquençage du virus et l’injection à un humain3
- 11 décembre : la FDA accorde une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) au BNT162b2 de Pfizer-BioNTech, premier vaccin à ARNm de l’histoire à recevoir une EUA aux États-Unis13
- 18 décembre : la FDA accorde une EUA au mRNA-1273 de Moderna
Entre les 5 minutes devant le photocopieur en 1997 et la première injection d’un vaccin à ARNm dans un bras humain en 2020, vingt-trois ans se sont écoulés. Entre l’après-midi de 2013 où Karikó fut tournée en dérision et 2020, lorsque BioNTech et Pfizer ont produit le premier vaccin à ARNm mondial, sept ans se sont écoulés. Une technologie que le monde académique avait écartée pendant trente ans fut propulsée par une pandémie mondiale au centre de l’histoire médicale humaine.
⚠️ Point de controverse : Lors de leur EUA, Moderna comme BioNTech sont entrées dans la vaccination à grande échelle sans avoir achevé, au sens traditionnel, les essais cliniques de phase III. Cela a déclenché en 2020-2021 un débat mondial sur la sécurité vaccinale. Les critiques estimaient que le mécanisme d’autorisation d’urgence sacrifiait les données de sécurité à long terme ; ses partisans soulignaient au contraire que la plateforme ARNm avait accumulé près de quinze ans de recherche fondamentale depuis l’article de 2005, et que le suivi de phase III se poursuivait en parallèle. À Taïwan, les controverses de 2021 autour de l’achat de BNT et de l’EUA de Medigen furent la branche locale de ce débat mondial.
De modèle sanitaire à île en attente de vaccins
Le 11 mai 2021, le nombre de reproduction effectif, ou Rt, des cas locaux de COVID-19 à Taïwan commença à s’envoler. Le 15 mai, 180 nouveaux cas locaux furent enregistrés en une journée, et Taipei ainsi que le Nouveau Taipei passèrent en alerte de niveau 3. Le 19 mai, l’ensemble du pays passa au niveau 3 et les établissements scolaires suspendirent les cours14.
Pendant toute l’année précédente, Taïwan avait été, pour les médias internationaux, un « modèle de lutte contre l’épidémie » ; en 2020, le total des décès locaux et importés s’élevait à 7 personnes. Puis, en quatorze jours, ce modèle s’est transformé en une île faisant la queue pour des vaccins.
Le 23 mai, Terry Gou, fondateur de Foxconn, proposa publiquement aux autorités compétentes un plan de don de vaccins BNT15. Le 1er juin, Foxconn et la Fondation Yonglin déposèrent un dossier auprès de la TFDA. Le 18 juin, le Yuan exécutif annonça enfin son autorisation : « Le gouvernement adressera une lettre autorisant TSMC et Foxconn/Fondation Yonglin à négocier directement avec le fabricant d’origine ou son agent pour acheter chacun 5 millions de doses de vaccin BNT fabriqué par l’usine allemande d’origine, lesquelles seront livrées directement du fabricant à Taïwan pour être données au gouvernement »16.
📝 Note de curation : L’achat direct de vaccins par des acteurs privés fut cette année-là un événement politique inhabituel. Les achats de vaccins taïwanais relevaient normalement du CDC ; en 2021, les achats internationaux étant bloqués, le Yuan exécutif a cédé un espace à TSMC, Foxconn/Fondation Yonglin et Tzu Chi, qui devaient faire don ensemble de 15 millions de doses. « Le gouvernement voit avec optimisme les dons de vaccins par les groupes privés dans les limites permises par la loi, il est heureux d’y apporter son aide, et il n’y aura absolument aucune obstruction », déclara alors Lo Ping-cheng, porte-parole du Yuan exécutif. Relue aujourd’hui, cette phrase laisse encore sentir la tension de la chronologie de l’époque16.
Le 26 juin, TSMC et Foxconn achevèrent la signature des documents juridiques17. Le 12 juillet, Foxconn/Yonglin finalisa le contrat d’achat ; Foxconn prit en charge 105 millions de dollars américains et la Fondation Yonglin 70 millions, soit environ 175 millions de dollars au total, l’équivalent d’environ 4,99 milliards de dollars taïwanais. Début août, la TFDA délivra l’EUA du vaccin BNT. Le 2 septembre à 7 heures du matin, le premier lot de 930 000 doses atterrit à Taoyuan1.
Entre la proposition du 23 mai et l’arrivée du 2 septembre, 102 jours s’étaient écoulés.
Pendant ces 102 jours, la plateforme ARNm propre à Taïwan n’était pas encore née.
L’injection Medigen, et un choix qui n’a pas été fait
Le 19 juillet 2021, le centre de commandement taïwanais annonça que le MVC COVID-19 Vaccine de Medigen avait passé l’examen de l’EUA par la TFDA18. Medigen était un vaccin protéique sous-unitaire (subunit protein vaccine), une voie technologique très différente de l’ARNm : il ne consistait pas à injecter de l’ARNm dans les cellules pour leur demander de fabriquer une protéine, mais à synthétiser directement un fragment de protéine Spike du virus, puis à l’injecter avec un adjuvant.
Le 23 août, la présidente Tsai Ing-wen se rendit au gymnase de la faculté de médecine de l’Université nationale de Taïwan pour recevoir sa première dose de Medigen, retransmise en ligne par la chaîne de la présidence et PTS. « Je me sens très bien maintenant, je vais continuer la journée de travail » ; « ça ne fait pas mal », écrivit-elle ensuite sur Facebook19.
Medigen a obtenu son EUA par « immunobridging » : il a contourné l’essai clinique de phase III en s’appuyant sur deux indicateurs selon lesquels ses données d’anticorps neutralisants n’étaient pas inférieures à celles observées chez des ressortissants vaccinés avec AstraZeneca6. Cela a suscité deux niveaux de controverse à l’époque : 1. pendant l’examen, la TFDA fut accusée d’avoir remplacé des membres du comité d’évaluation ; 2. pourquoi le vaccin taïwanais reposait-il sur la protéine sous-unitaire plutôt que sur l’ARNm ?
⚠️ Point de controverse : Le choix de Medigen relevait fondamentalement d’une réalité d’ingénierie. En 2020, Taïwan ne disposait pas d’une plateforme ARNm à l’échelle de la production. La plateforme de développement de vaccins et médicaments à ARNm de l’Institut national de recherche en santé, élaborée avec Polaris Pharmaceuticals, n’a été annoncée qu’en 2021 au salon Bio Asia-Taiwan20 ; son objectif était alors la sous-traitance et le transfert de technologies, non la recherche et développement autonome. Autrement dit, le choix taïwanais de la protéine sous-unitaire n’était pas une préférence de valeur, mais le fait que c’était le seul outil disponible pour produire un candidat EUA en six mois. En 2026, après l’expiration de son EUA, le vaccin COVID-19 de Medigen a cessé sa production faute d’essai de phase III achevé ; l’entreprise s’est tournée vers d’autres lignes de produits, notamment le vaccin contre l’entérovirus. La capacité autonome de Taïwan en matière d’ARNm demeure, jusqu’à la prochaine pandémie, dans une phase de rattrapage.
Voir depuis la salle blanche la juridicisation du miracle
Revenons à l’autre ligne temporelle taïwanaise.
Au moment où les vaccins à ARNm entraient dans les bras taïwanais par les chaînes d’approvisionnement mondiales en 2021, une autre équipe travaillait sur quelque chose qui, en apparence, n’avait rien à voir avec les « molécules ». Elle cultivait des cellules vivantes : les cellules immunitaires du patient, les cellules souches d’un donneur, ou encore des CAR-T amplifiées trois semaines en laboratoire.
Dans un coin de parc scientifique, une équipe travaille entièrement équipée. Elle enfile des combinaisons de salle blanche, superpose deux paires de gants, met des lunettes de protection, puis franchit la marche du sas. Ici se trouve un site de préparation cellulaire hautement propre ; l’air y est renouvelé des centaines de fois par heure, les filtres y retiennent 99,97 % des particules. Dans ce lieu, le temps semble s’écouler lentement. Seul le grondement grave des filtres HEPA rappelle que nous sommes dans un royaume de pureté séparé du monde.
Le 4 juin 2024, lorsque le marteau du Yuan législatif a entériné l’adoption de la Loi sur la médecine régénérative et du Règlement sur les préparations de médecine régénérative, ensemble appelés les « deux lois sur la médecine régénérative »4, nous tenions encore des pipettes en salle blanche, remplaçant précisément les milieux de culture. Mais à cet instant, le tube de cellules entre nos mains avait entièrement changé de signification : de « tentative autorisée » entre médecin et patient, il devenait un « produit de précision » officiellement intégré au droit national, doté d’un potentiel d’industrialisation.
C’est une longue marche autour de la « confiance ».
Structure moléculaire de l’ARNm, ou ARN messager. Découverte centrale de l’article de Karikó et Weissman en 2005 : modifier l’uridine « U » de l’ARN en pseudouridine « ψ » permet d’échapper à la reconnaissance par le système immunitaire tout en laissant la cellule traduire normalement l’ARN en protéine. Image : Daylite. Public Domain via Wikimedia Commons.
La « préhistoire » des zones grises
Avant l’adoption des deux lois, la médecine régénérative taïwanaise a connu une longue « préhistoire ».
Au début, de nombreux patients, en quête d’un dernier espoir, devaient traverser la mer vers le Japon ou l’Ukraine et payer plusieurs millions de dollars taïwanais pour recevoir des réinjections cellulaires incertaines. Dans le pays existaient aussi de nombreuses cliniques aux marges de la réglementation, réalisant des manipulations cellulaires dans des environnements dépourvus de contrôle standardisé. C’était une époque où il n’y avait qu’une ligne très mince entre « sauver une vie » et « jouer son destin ».
En 2018, le ministère de la Santé et du Bien-être a publié le Règlement relatif à la mise en œuvre ou à l’utilisation de technologies médicales spécifiques, d’examens, de tests et de dispositifs médicaux, appelé en abrégé « Règlement de gestion spéciale ». Il a ouvert pour la première fois la porte aux thérapies cellulaires21. Il permettait aux hôpitaux, sous certaines conditions, de demander l’application de technologies de thérapie cellulaire contre le cancer ou pour la réparation tissulaire. Mais dans le cadre de ce règlement, les cellules étaient considérées comme une « technologie » plutôt que comme un « produit » : chaque prescription médicale restait un cas individuel, difficilement extensible. Pour les personnels de préparation, ils étaient comme des « artisans » de précision, gardant l’échantillon de chaque patient sans pouvoir transformer une expérience réussie en médicament courant susceptible de bénéficier au public.
Décryptage des deux lois : la double voie de la « technologie » et de la « préparation »
La stratégie centrale des « deux lois » adoptées en 2024 réside dans un « système à double voie ». Il s’agit d’un tournant majeur dans l’histoire de la réglementation médicale taïwanaise.
La Loi sur la médecine régénérative régit principalement les établissements médicaux et donne aux médecins la capacité, face à des patients en situation critique, de mettre en œuvre légalement des techniques de médecine régénérative. Plus important encore, elle définit le statut juridique des « sites de préparation cellulaire ». Par le passé, un laboratoire pouvait relever d’un hôpital ou être confié à une entreprise de biotechnologie, avec des responsabilités floues. Désormais, la loi exige clairement que ces sites soient approuvés et qu’un médecin responsable dédié soit désigné pour les superviser.
Le Règlement sur les préparations de médecine régénérative est quant à lui la clé qui permet de considérer les cellules comme des « médicaments ». Lorsqu’une thérapie est démontrée efficace et doit être diffusée à l’échelle mondiale, elle doit devenir une « préparation ». Ce texte fait référence aux standards pharmaceutiques internationaux les plus élevés, tels que PIC/S GMP, afin que les préparations cellulaires produites à Taïwan disposent d’un « passeport » pour l’exportation internationale22.
📝 Note de curation : Le découplage opéré par les deux lois résout la tension entre « sauver vite » et « encadrer strictement les médicaments ». D’un côté, il permet une flexibilité sur le terrain médical pour le traitement d’urgence de patients particuliers ; de l’autre, il établit les standards internationaux de mise sur le marché des médicaments. On peut le comparer au chemin suivi par les plateformes ARNm mondiales : des EUA de 2020 à la transition progressive vers des autorisations régulières, puis à l’extension vers les thérapies contre le cancer et les maladies rares, c’est la même philosophie réglementaire du « laisser passer d’abord, vérifier au fil de l’usage ». Lorsque l’État encadre la science de pointe, aucun pays n’a le luxe d’« achever tous les essais cliniques avant d’administrer à quiconque ».
Le processus est le produit : deux versions, cellules et ARNm
En tant que professionnel de la préparation cellulaire, mon quotidien ne ressemble pas à un film rempli de liquides scintillants. Ce qui occupe vraiment la majeure partie du temps, ce sont les SOP, procédures opératoires normalisées, et la validation.
Beaucoup demandent : « Pourquoi la conformité est-elle si importante ? Si les cellules poussent bien, cela ne suffit-il pas ? »
En médecine régénérative, « le processus est le produit » (The Process is the Product). Contrairement aux médicaments de synthèse chimique, les cellules sont vivantes. Chaque lot, chaque donneur, réagit différemment. Sans contrôle strict de type GTP, bonnes pratiques relatives aux tissus et cellules humains, ou GMP, bonnes pratiques de fabrication, il est impossible de garantir que la dose cellulaire produite aujourd’hui aura la même activité anticancéreuse que celle produite demain.
Ce principe vaut aussi pour les plateformes ARNm, mais sous une autre forme. Chaque dose de BNT162b2 ou de mRNA-1273 exige l’exacte cohérence de la séquence moléculaire d’ARNm, la distribution granulométrique des nanoparticules lipidiques, ou LNP, et une chaîne du froid ininterrompue depuis l’usine jusqu’au bras. Les 930 000 doses de vaccin BNT produites à Mayence, en Allemagne, et livrées à l’aéroport de Taoyuan1 exigeaient que la chaîne du froid à −70 °C ne soit rompue à aucun point de transfert. Les cellules exigent que la stérilité ne soit rompue à aucun point de transfert entre boîtes de culture. Deux formes de « processus-produit », deux types de salles blanches.
La disparition de « l’espace gris »
Dans le cadre des deux lois, nous devons procéder à des prélèvements environnementaux extrêmement fastidieux : tests de sédimentation microbienne, surveillance particulaire, calibration de la concentration en dioxyde de carbone, surveillance de la température, contrôle qualité des produits, suivi des contaminations microbiologiques. Si un seul indicateur s’écarte des normes, une déviation, l’ensemble du lot cellulaire peut devoir être détruit.
C’est cruel pour les patients, qui ont parfois attendu trois semaines que l’expansion cellulaire soit terminée. Mais pour les personnels de préparation, c’est le poids de la conformité. Les deux lois nous donnent le droit de dire « non ». Lorsque l’environnement n’atteint pas le standard, lorsque les tests échouent, nous ne pouvons légalement pas expédier. Ce parapluie protecteur protège en fin de compte la sécurité de ce qui sera injecté dans le corps du patient.
Le cœur de l’affrontement : le bras de fer de l’autorisation assortie de conditions
Au cours du processus législatif, la controverse la plus intense a porté sur l’« autorisation assortie de conditions » (Conditional Approval)23.
Ce dispositif permet, pour des patients en situation critique et sans traitement disponible dans le pays, d’accorder une autorisation temporaire de mise sur le marché après l’achèvement d’un essai clinique de phase II démontrant la sécurité et une efficacité préliminaire, à condition qu’un essai de phase III soit achevé dans le délai prescrit.
- Les partisans estiment que, pour les patients atteints de cancer en phase terminale, le temps est la vie ; on ne peut pas les laisser mourir sur le chemin de l’attente d’un rapport complet de phase III.
- Les sceptiques craignent que ce mécanisme ne devienne une porte dérobée permettant aux fabricants de contourner les essais cliniques. Si l’effet est inférieur aux attentes, les patients auront non seulement dépensé des sommes importantes, mais risqueront aussi de retarder des thérapies conventionnelles.
La version finale des deux lois a établi des « pare-feu » stricts :
- Restriction du public concerné : uniquement les situations engageant le pronostic vital ou entraînant un handicap grave.
- Délibération professionnelle : chaque cas doit être strictement examiné par un comité d’experts du ministère de la Santé et du Bien-être.
- Mécanisme de réparation : en cas d’effet indésirable, le fabricant doit assumer les responsabilités correspondantes.
Ce mécanisme partage en réalité la même philosophie que la logique réglementaire de l’EUA des vaccins à ARNm : lorsque la maladie ne peut pas attendre, l’État doit concevoir un état intermédiaire qui « accorde un laissez-passer conditionnel d’abord et vérifie au fil de l’usage ». La controverse autour de l’« immunobridging » utilisé par Medigen en 2021 pour obtenir son EUA6 et le débat sur l’autorisation assortie de conditions relèvent au fond du même problème : comment trouver le point d’équilibre entre « sauver vite » et « disposer de données complètes ».
De He Jiankui aux interdictions explicites des deux lois
Les deux lois tracent clairement des lignes rouges éthiques : interdiction d’appliquer l’édition génétique aux cellules embryonnaires, interdiction de créer des embryons hybrides humain-animal, interdiction de commercialiser l’achat et la vente de sources cellulaires.
Ces dispositions n’ont pas été écrites dans le vide. En 2018, le scientifique chinois He Jiankui a utilisé la technologie d’édition génétique CRISPR-Cas9 pour modifier le gène CCR5 d’embryons de jumelles, dans le but d’immuniser partiellement les enfants contre l’infection par le VIH. Les jumelles Nana et Lulu sont nées en novembre 2018. L’affaire a déclenché une condamnation vigoureuse de la communauté scientifique mondiale ; He Jiankui a été condamné à trois ans de prison et à une amende de 3 millions de yuans, puis libéré en avril 202224.
Après l’affaire He Jiankui, les législations de médecine régénérative dans le monde ont commencé à faire passer « l’édition génétique d’embryons humains » de la zone grise à l’interdiction explicite. Les deux lois taïwanaises constituent la version concrète de la troisième vague de réponses en Asie, après le Japon en 2014 et Singapour en 2022 : elles inscrivent les interdictions dans la loi, de sorte que les contrevenants aient une responsabilité pénale, des sanctions et un nom.
✦ Le progrès scientifique ne pave pas lui-même la route de l’éthique. La législation nationale se contente, lorsque la science gravit la pente, de placer du ruban d’avertissement au bord des falaises possibles. Les lignes rouges éthiques des deux lois et les extensions futures des plateformes ARNm dans les thérapies contre le cancer, les thérapies géniques et les traitements des maladies rares continueront d’être mises à l’épreuve dans les années 2030.
Une banque cellulaire asiatique, et une plateforme ARNm encore incomplète
Avec l’entrée en vigueur des deux lois, la carte biotechnologique de Taïwan connaît un mouvement tectonique :
- L’essor des CDMO, services de développement et fabrication sous contrat : Taïwan possède un puissant ADN de sous-traitance. Une fois les standards établis, les grandes entreprises pharmaceutiques internationales seront davantage disposées à confier la préparation cellulaire à des usines taïwanaises conformes.
- L’articulation avec le système d’assurance : une fois le cadre juridique établi, les assurances commerciales privées oseront concevoir des polices pour la thérapie cellulaire, ce qui réduira à terme le fardeau des patients.
- L’intégration de la médecine de précision : en la combinant aux mégadonnées de l’assurance maladie nationale, dont Taïwan est fière, il sera possible de mieux prédire quel type de cellule est le plus efficace pour quels patients, selon quelles caractéristiques génétiques.
Mais dans un autre coin de cette même carte, la progression des plateformes ARNm n’a pas suivi la vitesse des deux lois. L’usine pilote d’ARNm inaugurée début 2024 par l’Academia Sinica demeure à l’échelle d’« une base destinée à quelques centaines de doses de vaccin pour essais cliniques ». Le président de l’Academia Sinica l’a lui-même définie ainsi : « L’usine pilote d’ARNm est une base de très petite échelle, destinée à environ quelques centaines de doses de vaccin pour essais cliniques ; ce n’est pas une “usine” au sens généralement entendu »25. La même année, les « Moderna Taiwan mRNA Innovation Awards » ont annoncé cinq axes technologiques primés : immunothérapie anticancéreuse, association de cellules NK et de nanomédecine, emballage automatisé de nanoparticules protéiques à ARNm, vaccin contre la dengue et technologie d’ARN circulaire26. Mais en 2026, Taïwan ne dispose toujours pas d’un vaccin à ARNm autonome ayant achevé un essai clinique de phase III et obtenu une autorisation régulière.
📝 Note de curation : Les avantages taïwanais en thérapie cellulaire, à savoir la sous-traitance de précision, les mégadonnées de l’assurance maladie et une culture manufacturière de salle blanche, ne se reproduisent pas automatiquement sur les plateformes ARNm. Pour la thérapie cellulaire, le seuil d’entrée est une usine GMP et une équipe de préparation ; trente ans de sous-traitance biotechnologique taïwanaise ont suffi à l’accumuler. Pour les plateformes ARNm, le seuil d’entrée est la formulation LNP, ou nanoparticules lipidiques, les matrices de plasmid DNA comme matière première, les algorithmes de conception de séquences et la production à grande échelle par transcription in vitro de l’ARNm. Taïwan est encore en phase d’apprentissage sur ces quatre dimensions. Les deux lois ont été adoptées ; la prochaine loi ne fera pas pousser automatiquement une plateforme ARNm taïwanaise.
Conclusion : le prix du miracle est une persévérance ordinaire

Katalin Karikó lors d’un événement à l’Université de Szeged, en Hongrie, en mai 2021. Elle a obtenu son doctorat en biochimie dans cette université et a quitté la Hongrie en 1985 avec 1 200 dollars cousus dans l’ours en peluche de sa fille. Photo : University of Szeged. CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.
Le 2 octobre 2023, le téléphone du comité Nobel a sonné.
Karikó a raconté à la radio suédoise que sa mère écoutait chaque année l’annonce des lauréats par le comité Nobel. « J’ai seulement souri amèrement, parce que je n’avais jamais obtenu de subvention et que je n’avais jamais eu d’équipe. Je n’étais même pas professeure, puisque j’avais été rétrogradée, donc je ne l’ai pas pris au sérieux. J’ai répondu : “Impossible” »3.
Malheureusement, la mère de Karikó était décédée cinq ans plus tôt. Elle n’a pas pu voir sa fille recevoir réellement le prix Nobel3.
Deux mois plus tard, le 7 décembre 2023, Karikó a prononcé sa conférence Nobel à l’Aula Medica du Karolinska Institutet de Stockholm, intitulée « Developing mRNA for therapy ». Trente ans d’obstination, racontés en une seule fois.
Chaîne officielle Nobel Prize : conférence Nobel de Katalin Karikó le 7 décembre 2023, « Developing mRNA for therapy ». De son départ de Hongrie en 1985, à sa rétrogradation à l’Université de Pennsylvanie en 1995, à l’article fondateur sur les nucléosides non modifiés en 2005, jusqu’à l’injection du vaccin BNT/Pfizer dans des milliards de bras en 2020 — ces 38 ans condensés en 30 minutes, sans notes.
Chaque fois que je sors de la salle blanche, que j’enlève l’épais vêtement de protection et que je regarde le soleil couchant par la fenêtre, je pense toujours aux numéros qui nous sont confiés. Derrière ces numéros se trouvent des familles brisées, des espoirs qui refusent de céder. Sur une ligne de production à Mayence, en Allemagne, la 500 milliardième dose de vaccin à ARNm de BNT est peut-être en train de sortir d’usine ; dans une salle blanche ISO 5 du parc scientifique de Taoyuan, le même après-midi, un préparateur cellulaire remplace encore silencieusement un milieu de culture. Deux médicaments qui sauvent des vies, deux modes de fabrication : tous deux racontent l’attente humaine que le droit rattrape la science.
L’adoption des deux lois sur la médecine régénérative ne rendra pas les miracles bon marché du jour au lendemain. La recherche et développement reste difficile, les coûts demeurent élevés, les frontières de la science persistent. Mais au moins, à partir de maintenant, lorsqu’un médecin taïwanais dit à un patient : « Il nous reste l’option de la thérapie cellulaire », cette phrase désigne un espoir réel, fondé sur la protection du droit national, sur l’appui des données scientifiques et sur les innombrables professionnels de préparation qui, en salle blanche, gardent les standards.
Chaque mois d’octobre, une vieille dame hongroise allumait autrefois sa radio et écoutait en silence le comité Nobel annoncer les lauréats. Sa fille lui répondait : « Impossible. » Le 2 octobre 2023, elle n’a pas pu l’entendre ; elle était partie cinq ans plus tôt. Mais le 2 septembre 2021 à 7 heures du matin, lorsque les 930 000 doses de BNT ont atterri à l’aéroport de Taoyuan, le bras de chaque Taïwanais vacciné avec BNT fut la réponse qu’elle avait attendue trente-huit ans.
Lectures complémentaires :
- Système taïwanais de santé publique et de lutte contre les épidémies — contexte complet du système taïwanais de lutte contre les épidémies pendant la COVID-19 ; l’achat de BNT en 2021 traité ici en constitue un épisode
- Loi médicale — les deux lois sur la médecine régénérative sont des lois spéciales séparées de la Loi médicale ; celle-ci constitue la loi fondamentale de la réglementation institutionnelle des soins à Taïwan
- Développement de l’industrie biotechnologique taïwanaise — panorama global de la biotechnologie, de la recherche académique à l’industrialisation ; la thérapie cellulaire et les plateformes ARNm en sont deux branches
- Système médical taïwanais et assurance maladie universelle — l’intégration éventuelle de la thérapie cellulaire au remboursement de l’assurance maladie est un enjeu clé de la vision d’une « banque cellulaire asiatique » ; la structure du budget global de l’assurance maladie détermine également la voie de commercialisation de la médecine régénérative
- Industrie médicale taïwanaise — versant industriel de la fabrication de nouveaux médicaments et des CDMO, complémentaire de l’angle conformité de cet article
Sources des images
Cet article utilise 3 images sous licence CC, toutes mises en cache dans public/article-images/society/ afin d’éviter les liens directs vers les serveurs sources :
- Portrait de Drew Weissman et Katalin Karikó avec la médaille Life Science 2022 — Photo : Thorne Media, 2022-06-16, CC BY 3.0, Commons File:Drew_Weissman_and_Katalin_Karikó_Life_Science_Medalists.jpg
- Schéma de la structure moléculaire de l’ARNm — Image : Daylite, 2008-02-11, Public Domain, Commons File:MRNA_structure.svg
- Katalin Karikó à l’Université de Szeged en 2021 — Photo : Szegedi Tudományegyetem (University of Szeged), 2021-05-21, CC BY-SA 4.0, Commons File:Karikó_Katalin_Szegeden.jpg
Références
- 930 000 doses de vaccin BNT sont arrivées à l’aéroport international de Taoyuan le 2 septembre à 7 heures — Communiqué officiel du CDC du ministère de la Santé et du Bien-être, 2021-09-02, consignant l’heure d’arrivée à Taïwan du premier lot de 930 000 doses de vaccin BNT, les donateurs (TSMC / Foxconn / Yonglin / Tzu Chi), la date d’expiration de ce lot, fixée au 15 janvier 2022, ainsi que les publics prioritaires ouverts à la vaccination, notamment les adolescents de 12 à 17 ans et les personnes de 18 à 22 ans non encore vaccinées. Source gouvernementale primaire pour le point final de la chronologie d’achat BNT 2021 dans cet article.↩
- « Alerte COVID-19 de niveau 3 à Taïwan en 2021 : hausse du Rt le 11 mai, alerte de niveau 3 à Taipei et dans le Nouveau Taipei le 15 mai, alerte nationale de niveau 3 le 19 mai » — Synthèse des communiqués des conférences de presse du Centre central de commandement des épidémies en mai 2021, retraçant les deux semaines qui ont conduit l’épidémie locale taïwanaise de la flambée à l’alerte de niveau 3 ; base chronologique du passage de cet article sur « les deux semaines de mai 2021 ».↩
- « 【Prix Nobel de physiologie ou médecine 2023】Les épreuves derrière les vaccins à ARNm : pourquoi la recherche sur l’ARNm était-elle mal accueillie ? » — Long article du site PanSci, par la rédaction de PanSci, publié le 2023-11-05, retraçant la chronologie complète de Katalin Karikó : immigration depuis la Hongrie, rétrogradation à l’Université de Pennsylvanie, rencontre de Weissman devant un photocopieur en 1997, article d’Immunity en 2005, laboratoire vidé en 2013, réaction au prix Nobel 2023. Ligne narrative principale des trente années de l’ARNm dans cet article. Content Curation Partner per MOU 2026-05-05.↩
- Bulletin de la présidence de la République de Chine : texte intégral de la Loi sur la médecine régénérative — Texte intégral de la Loi sur la médecine régénérative promulgué par ordre présidentiel le 19 juin 2024 ; source juridique primaire de l’un des textes centraux de cet article.↩
- Suppression of RNA recognition by Toll-like receptors: The impact of nucleoside modification and the evolutionary origin of RNA — Karikó K., Buckstein M., Ni H., Weissman D., Immunity, vol. 23, no 2, p. 165-175, août 2005. Article décisif dans lequel Karikó et Weissman découvrent que la modification par pseudouridine permet d’échapper à la reconnaissance immunitaire par les TLR ; devenu ensuite le socle technologique central des vaccins à ARNm contre la COVID-19 et le noyau cité par le prix Nobel de physiologie ou médecine 2023.↩
- « Approbation de l’EUA du vaccin Medigen et voie technologique de l’“immunobridging” » — Synthèse du communiqué de la Food and Drug Administration du 2021-07-19 sur l’autorisation d’utilisation d’urgence du MVC COVID-19 Vaccine de Medigen et des dossiers d’examen, consignant que Medigen a obtenu l’EUA sur la base d’une immunobridging montrant que ses anticorps neutralisants n’étaient pas inférieurs à ceux du vaccin AZ ; base de comparaison technique du passage « L’injection Medigen » dans cet article.↩
- « Drew Weissman, “I had always wanted to try mRNA”, récit de la rencontre devant le photocopieur » — Synthèse de l’entretien de NBC New York du 2023-10-02, jour du Nobel, et des reportages 2023 de Penn Medicine News, consignant les mots de Weissman à propos de la rencontre devant le photocopieur en 1997 : « I had always wanted to try mRNA » et « here was somebody at the Xerox machine telling him that's what she does ».↩
- « Katalin Karikó rejoint l’Université de Pennsylvanie en 1989 comme research assistant professor et collabore avec Elliot Barnathan » — Synthèse de l’entrée anglophone Wikipedia Katalin Karikó (https://en.wikipedia.org/wiki/Katalin_Karik%C3%B3) et des documents historiques de la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie, retraçant son arrivée à Penn en 1989 et sa collaboration avec le cardiologue Barnathan sur l’ARNm appliqué aux maladies cardiovasculaires.↩
- The 2023 Nobel Prize in Physiology or Medicine: Scientific Background — Note scientifique officielle du comité Nobel, 2023-10-02, retraçant l’ensemble de la trajectoire de recherche de Karikó et Weissman, de l’article d’Immunity de 2005 aux vaccins contre la COVID-19 en 2020, avec la liste des références ; source officielle primaire pour le passage sur la percée de la recherche ARNm.↩
- « Katalin Karikó rejoint BioNTech en 2013 comme Senior Vice President » — Synthèse de l’annonce de recrutement de BioNTech en 2013 et de l’entrée anglophone Wikipedia Katalin Karikó (https://en.wikipedia.org/wiki/Katalin_Karik%C3%B3), consignant son arrivée début 2013 chez BioNTech RNA Pharmaceuticals comme vice-présidente tout en conservant une affiliation enseignante à Penn.↩
- « Derrick Rossi et la fondation de Moderna Therapeutics en 2010 » — Synthèse de l’article de Derrick Rossi dans Cell Stem Cell en 2010 (https://doi.org/10.1016/j.stem.2010.08.012), de l’annonce de création de Moderna en 2010 et d’un reportage rétrospectif de MIT Technology Review en 2018, retraçant les recherches de Rossi et Luigi Warren sur les cellules souches à Stanford et la fondation de Moderna Therapeutics en 2010.↩
- « La séquence du génome de SARS-CoV-2 rendue publique mondialement le 5 janvier 2020 » — Synthèse de la publication par l’équipe de Zhang Yongzhen de l’Université Fudan, le 2020-01-05 sur Virological.org (https://virological.org/), de la séquence complète du génome de SARS-CoV-2 et des premiers communiqués de l’Organisation mondiale de la santé en 2020.↩
- « La FDA accorde une autorisation d’utilisation d’urgence au BNT162b2 le 11 décembre 2020 » — Communiqué officiel de la U.S. Food and Drug Administration du 2020-12-11 (https://www.fda.gov/news-events/press-announcements/fda-takes-key-action-fight-against-covid-19-issuing-emergency-use-authorization-first-covid-19), consignant le moment de l’autorisation du BNT162b2, premier vaccin à ARNm au monde à obtenir une EUA de la FDA.↩
- « Alerte COVID-19 locale de niveau 3 à Taïwan en mai 2021 » — Conférences de presse du Centre central de commandement des épidémies des 11, 15 et 19 mai 2021, consignant la hausse du Rt, le niveau 3 à Taipei et dans le Nouveau Taipei, le niveau 3 national, la suspension des cours à tous les niveaux scolaires, ainsi que les données quotidiennes de cas confirmés.↩
- « Le 23 mai 2021, Terry Gou propose aux autorités compétentes un don de vaccins BNT » — Synthèse du communiqué officiel de Foxconn du 2021-05-23, de la lettre ouverte publiée sur le Facebook personnel de Terry Gou et d’une série de reportages du Liberty Times de mai à juillet 2021.↩
- Communiqué du Yuan exécutif du 18 juin 2021 autorisant TSMC et Foxconn/Fondation Yonglin à négocier l’achat de vaccins BNT — Communiqué de presse après la réunion du Yuan exécutif du 2021-06-18, consignant la position gouvernementale officielle annoncée par le porte-parole Lo Ping-cheng : le gouvernement enverrait une lettre autorisant les acteurs privés à acheter chacun 5 millions de doses de vaccin BNT ; source gouvernementale primaire du point d’autorisation dans la chronologie BNT 2021 de cet article.↩
- TSMC et Foxconn finalisent la signature des documents juridiques d’achat de vaccins BNT le 26 juin 2021 — Dépêche du Liberty Times du 2021-06-26, citant la déclaration du Yuan exécutif selon laquelle « le gouvernement et les deux unités donatrices ont signé avec succès les documents juridiques nécessaires à l’ouverture du projet d’achat » ; source médiatique rapportant directement le point médian de la chronologie d’achat BNT 2021.↩
- « Le vaccin Medigen obtient l’EUA le 19 juillet 2021 ; la présidente Tsai Ing-wen reçoit sa première dose le 23 août » — Synthèse de l’annonce de la Food and Drug Administration du ministère de la Santé et du Bien-être du 2021-07-19 concernant l’EUA du MVC COVID-19 Vaccine de Medigen et du communiqué de la présidence du 2021-08-23 sur la vaccination de la présidente Tsai Ing-wen.↩
- « La présidente Tsai Ing-wen reçoit sa première dose de Medigen le 2021-08-23 » — Communiqué de la présidence du 2021-08-23 et publication Facebook personnelle de Tsai Ing-wen le 2021-08-23, consignant les phrases originales « Je me sens très bien maintenant, je vais continuer la journée de travail » et « ça ne fait pas mal ».↩
- « L’Institut national de recherche en santé et Polaris Pharmaceuticals créent ensemble une plateforme de développement de vaccins et médicaments à ARNm en 2021 » — Reportage de Heho Health de juillet 2021, consignant l’annonce faite par l’Institut national de recherche en santé et Polaris Pharmaceuticals au salon Bio Asia-Taiwan 2021 sur la création conjointe d’une plateforme de développement de vaccins et médicaments à ARNm, avec pour objectifs principaux la sous-traitance de vaccins contre la COVID-19 et le transfert de technologies ; point de départ de la R&D autonome taïwanaise en ARNm.↩
- « Règlement relatif à la mise en œuvre ou à l’utilisation de technologies médicales spécifiques, d’examens, de tests et de dispositifs médicaux » — Base nationale des lois et règlements, texte intégral du « Règlement de gestion spéciale » publié par le ministère de la Santé et du Bien-être en 2018 ; source juridique du passage sur la « préhistoire ».↩
- TFDA : directives GMP pour les usines de fabrication de préparations de médecine régénérative — Normes techniques GMP relatives aux préparations cellulaires publiées officiellement par la TFDA ; standard d’exécution des exigences de conformité de cet article.↩
- « Décrypter les deux lois sur la médecine régénérative : l’affrontement autour de l’autorisation assortie de conditions » — Reportage approfondi de The Reporter, synthétisant les débats autour des deux lois, la controverse de l’autorisation assortie de conditions, les attentes industrielles et le point de vue des patients ; principale référence du passage « Le bras de fer de l’autorisation assortie de conditions ».↩
- « Affaire des jumelles génétiquement modifiées par CRISPR de He Jiankui en 2018 » — Synthèse du reportage de Nature du 2018-11-26 (https://doi.org/10.1038/d41586-018-07545-0) et du communiqué de l’agence Xinhua du 2019-12-30 annonçant la condamnation de He Jiankui à trois ans de prison, retraçant le premier cas clinique mondial d’édition génétique d’embryons humains et ses suites judiciaires.↩
- « L’usine pilote d’ARNm de l’Academia Sinica inaugurée début 2024 : quelques centaines de doses, pas une usine au sens courant » — Série de reportages de The News Lens en 2023-2024, documentant l’échelle et le positionnement de l’usine pilote d’ARNm de l’Academia Sinica, soit 300 à 1 000 doses de réactifs, son usage comme base d’essais cliniques et sa position technologique dans la médecine de nouvelle génération, notamment les vaccins contre le cancer.↩
- « Cinq technologies distinguées par les Moderna Taiwan mRNA Innovation Awards 2024 » — Communiqué officiel de Moderna Taiwan sur les « Taiwan mRNA Innovation Awards » 2024, consignant les cinq axes de recherche taïwanais récompensés : immunothérapie anticancéreuse, association de cellules NK et de nanomédecine, emballage automatisé de nanoparticules protéiques à ARNm, vaccin contre la dengue et technologie d’ARN circulaire.↩