Vue d'ensemble en 30 secondes : Le bento de Taïwan n'a pas été d'abord conçu comme une « saveur ancienne » pour être ensuite intégré au chemin de fer ; il a d'abord été la solution à un long voyage, avant de devenir, à travers les ventes sur les quais, la vente dans les wagons, les techniques de conservation et la mémoire des voyageurs de génération en génération, une saveur taïwanaise. En 1914, des vendeurs proposaient déjà des bentos ferroviaires sur les quais ; en 1956, l'express rapide ne disposait pas de wagon-restaurant, ce qui a engendré le prototype du riz au porc et aux légumes ; en 1961, la technique de « friture suivie de braisage » a résolu les problèmes de conservation et a fixé le goût que beaucoup reconnaissent. 1

Légende : Bento Taïwan, boutique n°1. Photo : Solomon203, CC BY-SA 4.0 ; Page de l'image sur Wikimedia Commons.
I. Avant que le train n'arrive en gare, le bento apparaît déjà sur le quai
En 1914, le trajet en train de Taipei à Kaohsiung durait environ 10,5 heures. À cette époque, le train n'était pas seulement un moyen de transporter les personnes du nord au sud ; c'était aussi un espace étroit où il fallait impérativement résoudre le problème du repas en cours de route. Selon les documents de conférence compilés par le Musée des Archives nationales de Taïwan, des vendeurs de repas étaient déjà présents dans les trains en 1906. En 1909, les ventes sur les quais comprenaient du tabac, de l'alcool, des mandarines et des œufs durs ; en 1914, des documents mentionnent déjà des bentos de gare. 1
La recherche académique situe ce point de départ dans la demande de repas longue distance suite à l'ouverture complète de la ligne ferroviaire transversale : les vendeurs sur les quais devaient remettre un repas emportable dans le bref intervalle d'arrêt du train. Ce début n'est pas romantique, mais il est précis — le voyage est long, il n'y a pas d'options de repas fiables dans le train, la nourriture doit être remise rapidement et résister à une partie du trajet sans climatisation. 2
Ainsi, le véritable protagoniste du bento ferroviaire n'est pas le porc, mais le temps. Il transforme la question « combien de temps reste-t-il à voyager » en « ce boîtier tiendra-t-il jusqu'à la prochaine gare », et réduit l'échelle des infrastructures ferroviaires à la vapeur chaude que l'on sent en ouvrant le couvercle.
📝 Note du conservateur : Si l'on se contente d'écrire le bento de Taïwan comme une simple liste de porc, d'œuf braisé et de riz aux légumes, on en manquera le sens culturel le plus important. Il s'agit d'une nourriture conçue sur mesure pour un système de transport ; le goût n'est qu'une trace comestible laissée par le système.
II. Les transactions éphémères sur le quai sont devenues le travail de Taïwan Railway
Le bento ferroviaire introduit à Taïwan pendant la période coloniale japonaise porte l'empreinte de la culture japonaise des ekiben (bentos de gare), mais il s'est rapidement mélangé, une fois implanté à Taïwan, aux distances, à la vitesse et aux habitudes commerciales locales. Les bentos早期的 (précoces) n'étaient pas produits de manière centralisée par une cuisine unique, mais confiés à des commerçants privés qui effectuaient les transactions sur les quais, aux fenêtres des wagons et aux marges des marchés. Au début de la période d'après-guerre, ce modèle s'est poursuivi jusqu'en 1951, date à laquelle Taïwan Railway a créé le Service de restauration et d'hôtellerie, intégrant officiellement le bento à ses services de restauration. 1 3
Les documents d'exposition du Bureau préparatoire du Musée national des chemins de fer rappellent que l'alimentation ferroviaire n'a jamais été qu'un simple boîtier à riz : le wagon-restaurant, le service de thé, les ventes sur les quais, les restaurants de gare et l'hébergement faisaient partie d'un même service de mobilité. Le bento étant la partie la plus facile à emporter, il est aussi celui qui condense le mieux l'ensemble du système en un seul objet. 4
Selon StoryStudio, à partir de 1949, Taïwan Railway produisait des bentos dans les restaurants ferroviaires des gares de Kaohsiung, Tainan, Taichung, Taipei et Songshan, pour les vendre ensuite dans les trains. En 1960, le département « Xiaoying » (Petit Camp) a été créé pour intégrer davantage la vente de bentos. Cette transformation ne consistait pas simplement à ajouter un plat, mais à transformer des aliments de quai dispersés en un objet fixe auquel les voyageurs pouvaient s'attendre. 5
📝 Note du conservateur : Dire « venu du Japon, amélioré à Taïwan » reste trop simpliste. Une formulation plus précise serait : le système, le nom et certaines formes ont des origines japonaises, mais ce qui l'a véritablement rendu quotidien à Taïwan, c'est le service ferroviaire d'après-guerre, le pouvoir d'achat des voyageurs et les saveurs locales qui l'ont reconstruit ensemble.
Le département « Xiaoying » : transformer des bentos dispersés en une chaîne d'approvisionnement
Le département « Xiaoying » (Petit Camp), créé en 1960, est important non pas parce que son nom évoque un petit restaurant, mais parce qu'il a fait passer le bento de la vente dispersée à une chaîne d'approvisionnement gérable. Les restaurants devaient d'abord préparer les ingrédients, les cuisiner, les mettre en boîte, puis acheminer les bentos vers les trains et les points de vente en gare. Ce que le voyageur voit est une boîte, mais derrière se trouve le résultat d'une synchronisation entre la cuisine, le transport, le service en train et le service de gare. 5
Cela explique pourquoi le bento ferroviaire ne peut être compris uniquement comme une « spécialité locale ». Son goût est certes influencé par les saveurs locales, mais il doit d'abord obéir à l'horaire du train : un retard d'une minute peut faire manquer un départ. Le laisser reposer trop longtemps expose le porc et le riz à des problèmes de conservation. La standardisation du bento ne consiste pas à effacer les différences locales, mais à garantir d'abord que chaque boîte arrive au bon moment.

Légende : Train électrique EMU1200 de Taïwan Railway passant par la gare de Yongjing en 2003. Photo : Kazehayashi, CC BY-SA 4.0 ; Page de l'image sur Wikimedia Commons. Cette image présente le场景 de mobilité servi par le bento, et non une photo du bento lui-même.
III. L'express rapide sans wagon-restaurant a engendré un morceau d'os de porc
En 1956, Taïwan Railway a introduit l'express rapide pour réduire le temps de transport longue distance entre Taipei et Kaohsiung. Cependant, il ne pouvait pas être équipé d'un wagon-restaurant. Selon la recherche de Zeng Lingyi,收录ée dans la base de données Huayi, cette contrainte a poussé Tao Delin, directeur du restaurant ferroviaire de Taichung, à proposer un riz au porc et aux légumes de style Jiang-Zhe, devenant le prototype initial du bento au porc de Taïwan Railway tel qu'on le connaît aujourd'hui. 2
Il ne s'agit pas d'un plat représentatif inventé subitement par un chef célèbre, mais de la réponse laissée par la compensation mutuelle entre la vitesse, les wagons et le service de restauration. On ne pouvait pas compter sur une cuisson sur place, ni exiger que les voyageurs attendent ; il fallait donc compresser un repas complet dans une seule boîte.
À l'époque, la plupart des trains n'étaient pas climatisés, et le bento laissait trop longtemps avait tendance à « tourner à l'acide » — le résumé de la recherche explique en taïwanais que cela signifie l'oxydation et la détérioration de la nourriture, qui émettent une odeur aigre. En 1961, Lin Huochai du restaurant ferroviaire de Taichung a modifié le porc frit initial en une technique de « friture suivie de braisage » et a augmenté la teneur en sel, permettant à la nourriture de mieux résister au voyage. Ce traitement a également modifié la texture : la couche externe ne visait plus seulement le croustillant, mais devait absorber la sauce braisée, de sorte que le goût reste présent même si le repas n'est pas consommé chaudement à la cuisine. 2
Voilà la contre-intuition du bento ferroviaire taïwanais : la saveur dont on se souvient le plus, c'est en partie celle née de la nécessité de faire face à un manque. L'absence de climatisation, de wagon-restaurant et de chauffage immédiat n'étaient pas seulement des conditions de fond, mais des co-auteurs du plat.
IV. Le riz aux légumes n'est pas du riz blanc, le porc n'est pas un plat principal isolé
L'accent du premier bento au porc et aux légumes de Taïwan ne résidait pas dans le fait de poser un morceau de viande sur du riz blanc. Les résumés de recherche et les synthèses historiques indiquent que le riz au porc et aux légumes s'est formé progressivement à l'intersection des saveurs Jiang-Zhe, des besoins de conservation et du service de restauration de Taïwan Railway. Il ne s'agit pas d'une recette unique tombée du ciel, mais d'un repas constamment corrigé par les conditions du voyage. 1 2
Des rapports en anglais indiquent également que les bentos taïwanais placent souvent les protéines, les légumes, les pickles et le riz dans la même boîte, ce qui diffère des bentos froids séparés courants au Japon. La viande du bento au porc de Taïwan Railway est marinée, enrobée de fécôte de patate douce, frite, puis braisée pendant environ 20 minutes, permettant à la viande de conserver son humidité même une fois refroidie. 6
Cette approche fait que le bento n'est pas simplement « porc plus riz ». Le riz aux légumes absorbe le bouillon, l'œuf braisé et les pickles apportent saveur salée et contraste ; les différents aliments dans la boîte accomplissent ensemble les tâches de conservation et de texture. Il s'agit d'un système microscopique qui permet au voyageur de ne pas avoir à chercher séparément une soupe, des légumes et un plat principal dans le train.
V. Quatre métamorphoses de la boîte
Un bento rond en aluminium de Taïwan Railway, conservé au Musée national d'histoire de Taïwan, porte le numéro d'enregistrement 2010.019.1782 et mesure environ 14,5 × 14,5 × 4,7 cm. Le couvercle et le corps de la boîte sont estampillés du blason de Taïwan Railway, et le couvercle porte également l'inscription « Bien ferroviaire public », « Ne pas utiliser à des fins privées », rappelant aux voyageurs de le rendre après avoir fini de manger. 7
Ces mots sont comme des traces froides laissées par l'administration, mais ils préservent également une scène concrète : quelqu'un a fini son repas dans le train, tient la boîte vide à la main et doit décider s'il la rend ou l'emporte comme souvenir du voyage. La boîte à repas n'est pas l'enveloppe du bento ; elle fait en sorte que l'acte de « finir de manger » laisse une trace de la tension entre le système et les individus.
Les données des collections notent les tournants du packaging : de 1949 à 1969, les bentos utilisaient principalement des boîtes en lamelles de bois jetables après usage. En 1970, on est passé entièrement à des boîtes en aluminium, puis, en raison des voyageurs qui les emportaient, de la difficulté de nettoyage et des préoccupations liées au matériau, on est passé à la polystyrène expansé en 1979. En 2003, conformément à la politique d'interdiction des boîtes en plastique, on est revenu aux boîtes en papier et en lamelles de bois. 7

Légende : Bento Taïwan, boutique n°5, située au sous-sol 1 de la gare de Taipei, conçue dans la forme du train électrique EMU1200. Photo : Solomon203, CC BY-SA 4.0 ; Page de l'image sur Wikimedia Commons.
La boîte ronde en acier inoxydable a été réintroduite non seulement parce qu'elle est durable. La forme ronde, le reflet métallique, le sac à provisions et les baguettes constituent ensemble la preuve de « j'ai pris ce train ». Le packaging est passé du statut de contenant à celui de collectionnable, et la nourriture est passée de celle d'un repas à celle d'un temps emportable.
📝 Note du conservateur : La « saveur ancienne » du bento de Taïwan n'est pas une fiche de recette immuable. Elle comprend le remplacement des boîtes en bois, en aluminium, en acier inoxydable et en polystyrène, ainsi que l'imagination des voyageurs sur « la boîte d'avant ». Le goût et le récipient se fabriquent mutuellement la mémoire.
VI. En 2000, faire la queue pour racheter un regret
En 2000, Taïwan Railway a lancé le « Bento nostalgique de Taïwan Railway », replaçant le riz au porc et aux légumes dans une boîte ronde en acier inoxydable, avec une offre limitée à mille unités. Le lendemain matin, lors de la vente officielle, les mille unités se sont vendues en vingt minutes ; avec les commandes ultérieures, l'activité a vendu environ 90 000 bentos au total. 8 La recherche académique considère cette « innovation nostalgique » comme un tournant important où Taïwan Railway a transformé sa propre mémoire culturelle en ressource de marque. 2
La clé de ce succès ne réside pas seulement dans le goût. Pour beaucoup de personnes ayant grandi dans une période de ressources limitées, le bento ferroviaire était autrefois une nourriture « dont on sentait l'odeur, mais qu'on ne pouvait pas s'offrir ». Pour d'autres, c'était un paysage fixe des fêtes du Nouvel An, des retours au village natal, des études ou du premier long voyage. Lorsque la boîte ronde est revenue, l'acte d'acheter ressemblait à combler un enfance non mangée.
La recherche académique situe ce tournant dans le contexte de la réforme du bento de Taïwan Railway : le bento nostalgique de 2000 a amené Taïwan Railway à considérer sa propre mémoire culturelle comme une ressource de marque. En 2005, la professionnelle externe Li Yuxia a dirigé le restaurant de Taipei, y intégrant des saveurs hakka, formant une nouvelle direction culinaire. 2
Le bento de Taïwan Railway a également été intégré à l'exposition sur la culture ferroviaire Taïwan-Japon. L'exposition préliminaire de 2024 a permis à la directrice retraitée Li Yuxia et à la cheffe retraitée Huang Mingzhu de partager leur expérience de fabrication ; le bento a été présenté au public japonais comme le point de rencontre entre la mémoire gustative et les histoires ferroviaires. 9 Ce qui a été emporté à l'étranger n'est pas un Taïwan abstrait, mais une expérience de repas chaud, de sauce braisée et de mobilité qui se produisent ensemble.
📝 Note du conservateur : Ce qui est le plus remarquable n'est pas que « tout le monde aime la saveur ancienne », mais la manière dont une institution de service public traduit sa propre mémoire de travail en produit commercial. Taïwan Railway ne vend pas seulement un repas ; il vend aussi une expérience commune de « mouvement ensemble autrefois ».
VII. Pas seulement le porc de Taipei
Des rapports en anglais indiquent que les bentos officiels de Taïwan Railway étaient autrefois produits à Taipei, Taichung, Kaohsiung, Hualien et Qidu ; les méthodes de préparation du porc étaient similaires dans chaque gare, mais les clients réguliers débattaient toujours de quelle gare avait la meilleure saveur. En 2012, Taïwan Railway a même organisé une compétition entre gares, remportée par Qidu, en partie parce que la marinade de sauce ajoutait des oignons verts. 6
Le même rapport note que Taïwan Railway vend plus de 10 millions de bentos par an ; en 2015, Taïwan a également commencé à organiser le Formosa Rail Bento Festival, permettant aux bentos locaux d'être vus avec des saveurs régionales plus explicites. Ces chiffres et ces activités ont poussé le bento d'un service ferroviaire accessoire à une culture alimentaire pouvant représenter une région et attirer les voyageurs spécifiquement. 6
Le bento de Chihshang place le riz et les rizières dans une boîte en bois ; le bento de Fulong est lié aux voyages côtiers et aux itinéraires de vélo ; Qijihu place le bento dans le marché de montagne du chemin de fer forestier de la montagne Alishan. Ces bentos locaux empruntent la grammaire du bento ferroviaire, mais n'ont pas besoin de copier le même morceau de porc. 6
Par conséquent, le bento ferroviaire peut être simultanément un service standard de la voie ferrée nationale, et une marque géographique écrite conjointement par les commerçants locaux et les voyageurs. Pour les voyageurs, « dans quelle gare acheter » est aussi important que « quoi manger ». Lorsque la boîte de bento est ouverte, la ligne de chemin de fer est encore à l'intérieur.
VIII. De la boîte à repas au champ culturel
L'Institut de design de Taïwan a publié en 2026 la planification préalable du Musée d'expérience du bento ferroviaire de la gare de Fengshan, prévoyant de faire du bento centenaire le noyau pour exposer les ingrédients, le processus de fabrication, la division du travail de restauration et le travail artisanal ; avant la réalisation du musée officiel, une boutique d'expérience « Bento All Right ! » servira de précurseur. C'est un futur en planification, pas un musée déjà achevé. 10
Cette direction comporte ses risques : une fois que la culture se réduit à un emballage rétro, le bento deviendra un souvenir sans travailleurs. Mais si l'on explique clairement les achats, la préparation, la cuisson, la conservation de la chaleur, la livraison et la vente sur les quais, le public verra non seulement le porc, mais un système de travail qui permet aux voyageurs de manger à l'heure.
En 2020, le Bureau préparatoire du Musée national des chemins de fer a utilisé l'image pour enregistrer les plats de bento développés par les différents restaurants ferroviaires de Taïwan Railway et les départements de service en train, et a utilisé le bento économique au porc et les bentos aux saveurs locales comme objets initiaux, produisant davantage de modèles pour préserver la culture alimentaire ferroviaire. 11
L'exposition préliminaire Taïwan-Japon de 2024 et l'exchange « Saveurs japonaises × Saveurs taïwanaises » de 2025 ont placé le bento, la littérature, les ventes sur les quais, les wagons-restaurants, le service de thé et les hôtels ferroviaires dans un même récit ; cette dernière a exposé 188 ensembles d'objets, dont 157 fournis par Taïwan et 31 par le Japon. 4 9
📝 Note du conservateur : Envoyer la nourriture quotidienne dans un musée a le meilleur résultat non pas quand on la rend sacrée, mais quand on permet de重新 voir le travail habituellement ignoré. Le bento ferroviaire mérite d'être préservé non seulement pour le goût du porc, mais pour la technique qui maintient un bento complet en mouvement.
IX. Le bento d'aujourd'hui suit toujours l'horaire
Taïwan Railway propose actuellement le service de réservation de bentos via la billetterie en ligne. Les voyageurs peuvent choisir après la confirmation de leur billet, en complétant la réservation avant 17h la veille du voyage ; le bento n'est disponible que pour les trains spécifiés et les zones de livraison, et est remis au siège spécifié par le personnel de service dans le train. 12 La page actuelle du service de restauration indique également que la vente de bentos reste une partie du service de restauration de Taïwan Railway. 13
Ce système de règles est beaucoup plus silencieux que les ventes sur les quais, mais conserve toujours l'essence initiale du bento ferroviaire : ce n'est pas un restaurant à adresse fixe, mais un service de mobilité qui doit être synchronisé avec les horaires, les zones, les sièges et le temps.
Les douze caisses dans le wagon : le bento a aussi sa dernière mile de livraison
Les images du wagon filmées en 2010 montrent 12 caisses de bentos de Taïwan Railway empilées à l'intérieur de la porte du train électrique EMU600. Les caisses ne sont pas encore ouvertes par les voyageurs, mais elles expliquent déjà un autre aspect du service de bento : il ne s'agit pas seulement d'être « acheté » sur le quai, mais d'entrer dans le wagon par unité de caisse, puis d'être distribué aux voyageurs par le personnel de service. 14
Cette scène n'est pas contradictoire avec les ventes sur les quais d'autrefois. La première reposait sur les cris des vendeurs et les mains tendues par les fenêtres pour finaliser la transaction ; la seconde repose sur les cartons, les portes du train, les sièges et les zones de livraison pour finaliser la remise ; la technologie a changé, mais le bento ferroviaire reste un travail qui met la nourriture à bord d'un véhicule en mouvement.
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Légende : 12 caisses de bentos de Taïwan Railway empilées à l'intérieur du wagon EMC610 du train électrique EMU600 de Taïwan Railway en 2010. Photo : Solomon203, CC BY-SA 3.0 ; Page de l'image sur Wikimedia Commons.
Selon les rapports en anglais, les bentos de Taïwan Railway se situent généralement dans la fourchette de prix de 50 à 100 dollars neufs taïwanais ; cette fourchette en fait à la fois le déjeuner des navetteurs et un rituel que les voyageurs attendent spécifiquement dans le train. Le prix, la livraison et l'organisation des sièges font partie de « comment un repas arrive à l'heure en mouvement ». 6
Les ekiben japonais sont une référence importante, mais le bento ferroviaire taïwanen ne s'est pas arrêté à l'imitation. Les bentos japonais mettent souvent l'accent sur la séparation, les plats froids et les produits locaux ; les bentos taïwanens placent souvent les légumes, la viande, la sauce et le riz dans la même boîte, et le porc subit un double traitement de friture et de braisage. Il a reçu des systèmes et des techniques étrangers, mais a dû fonctionner à nouveau dans un climat humide et chaud, des distances insulaires, des wagons limités et des habitudes alimentaires différentes. 6
X. Découper un long voyage en bouchées
Écrire le bento de Taïwan comme une « mémoire nationale » ne signifie pas que tout le monde se souvient de la même saveur. Certains se souviennent de la vapeur chaude en ouvrant la boîte dans le train, d'autres des ventes sur les quais, d'autres n'ont reçu un morceau de porc que lors du retour au village natal de leur famille, et d'autres se souviennent que la boîte à repas devait être rendue, sans jamais l'emporter à la maison. La commonality de la mémoire réside souvent non pas dans le contenu identique, mais dans le fait que tout le monde a attendu un repas en mouvement.
L'histoire du bento ferroviaire n'est pas seulement la version officielle. Dans les archives du Conseil provincial de Taïwan de 1994, on peut encore voir des pétitions du public demandant à continuer à vendre des bentos sur les quais de la gare de Fenglin sur la ligne Hualien-Taitung ; cela nous rappelle qu'après l'institutionnalisation de Taïwan Railway, les ventes privées et les gares locales n'ont pas disparu immédiatement. 2
Par conséquent, le bento peut être simultanément un service national, une entreprise locale, la mémoire des voyageurs et la technique artisanale. Il a changé pour la vitesse, est devenu salé à cause des problèmes de conservation, est revenu à la boîte ronde par nostalgie, et a développé des saveurs différentes par localisation.
Le bento de Taïwan Railway est resté non pas parce qu'il est toujours le même, mais parce que chaque génération a pu le manger à nouveau comme sa propre boîte en mouvement. Le train oscille, le riz est encore chaud, la sauce braisée du porc tache les baguettes, la ville à l'extérieur de la fenêtre a changé de gare ; un repas conçu sur mesure pour le système de transport a finalement préservé pour beaucoup le signal de « je rentre chez moi ».
Références
- De « bento ferroviaire » au bento de Taïwan Railway : une étude historique et culturelle du bento ferroviaire de Taïwan (1906-2006) — Retour sur la conférence de 2026 du Musée des Archives nationales de Taïwan, compilant les ventes de repas dans les trains en 1906, les bentos sur les quais en 1914, le service de restauration de 1951 et les tournants des personnages suivants.↩234
- De « bento ferroviaire » au bento de Taïwan Railway : une étude historique et culturelle du bento ferroviaire de Taïwan (1906-2006) — Résumé de l'article académique de Zeng Lingyi publié dans le volume 19, numéro 2 de Chinese Food Culture, expliquant clairement les tournants clés de 1914, 1956, 1961, 2000, 2005 et Li Yuxia.↩234567
- Étude historique et culturelle du bento ferroviaire de Taïwan (1906~2006) — Page de catalogue académique de la Bibliothèque nationale de Taïwan, fournissant le titre de la recherche, l'auteur et les informations sur la revue, servant d'index de source académique.↩
- Exposition collaborative de planification « Saveurs japonaises × Saveurs taïwanaises : Culture alimentaire du chemin de fer de Taïwan » co-conçue par les musées ferroviaires Taïwan-Japon — Article officiel de l'exposition de 2025 du Bureau préparatoire du Musée national des chemins de fer, enregistrant les 188 ensembles d'objets et le contexte de l'exposition des wagons-restaurants, des ventes sur les quais, du thé et des hôtels ferroviaires.↩2
- Depuis quand le bento ferroviaire de Taïwan est-il vendu ? — Article de StoryStudio de 2018, compilant les ekiben japonais, les ventes de bentos de Taïwan Railway après 1949, le département « Xiaoying » de 1960, les bentos des gares locales et le contexte des ventes de 2016.↩2
- Bento Boxes Are a Taiwanese Train Tradition — Rapport de terrain en anglais de 2019 sur Eater, enregistrant les lieux de production officiels, les prix, le volume annuel de ventes, les différences entre gares, les bentos locaux et la méthode de fabrication du porc de Taïwan Railway.↩23456
- Bento rond en aluminium de Taïwan Railway — Page de la collection du Musée national d'histoire de Taïwan, enregistrant la taille de la boîte au repas, le blason, la marque « Ne pas utiliser à des fins privées », et les changements de matériaux en lamelles de bois, aluminium, polystyrène et papier.↩2
- Le goût de la nostalgie — Le bento redevient populaire — Zhang Mengrui, Taiwan Panorama, 2003, enregistrant l'offre limitée à mille unités du bento nostalgique de Taïwan Railway en 2000, la vente complète en vingt minutes après l'ouverture, et le total d'environ 90 000 bentos vendus lors de l'activité.↩
- Nouveau progrès de la diplomatie culturelle ferroviaire Taïwan-Japon : le Musée ferroviaire japonais organise pour la première fois une exposition de culture ferroviaire taïwanaise — Article de l'exposition préliminaire de 2024 du Bureau préparatoire du Musée national des chemins de fer, enregistrant Li Yuxia et Huang Mingzhu partageant leur expérience de fabrication et la manière dont le bento est présenté comme mémoire gustative.↩2
- Partons ! À partir d'un bento, ouvrir un nouveau voyage de la culture alimentaire ferroviaire de Taïwan — Article de planification préalable de 2026 de l'Institut de design de Taïwan, expliquant la boutique d'expérience de Fengshan, l'idée du musée d'expérience de 2030 et la division des tâches des ingrédients, du processus de fabrication et de la restauration.↩
- 〔Année 109〕Projet de photographie des bentos ferroviaires de Taïwan Railway — Page du projet de 2020 du Bureau préparatoire du Musée national des chemins de fer, expliquant la préservation par l'image et le modèle des plats de bento des différents restaurants et départements de service en train.↩
- Réservation de bento via la billetterie en ligne — Page d'information sur les affaires de Taïwan Railway Co., Ltd., expliquant la réservation, le paiement, les zones de livraison, les bons à bento et la règle de clôture à 17h la veille du voyage.↩
- Service de restauration de Taïwan Railway Co., Ltd. — Page de service de restauration de Taïwan Railway Co., Ltd., listant l'entrée officielle du service de restauration actuel et de la vente de bentos.↩
- TRA Rice Box corrugated boxes in TRA EMC610 20101203.jpg — Page de l'image sur Wikimedia Commons, enregistrant les 12 caisses de bentos de Taïwan Railway empilées à l'intérieur du wagon EMU600 en 2010, auteur Solomon203, sous licence CC BY-SA 3.0.↩