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Tseng Ya-ni

En 30 secondes : Le 31 juillet 2011, Tseng Ya-ni, 22 ans, remporte l'Open féminin britannique en 212 coups et devient la joueuse la plus jeune de l'histoire à détenir cinq trophées en Grand Chelem — Tiger Woods n'en comptait que deux au même âge. Son règne de 109 semaines consécutives au rang mondial numéro un est resté inégalé pendant plus d'une décennie dans le golf féminin. En tout, 15 victoires sur le circuit LPGA et 5 Majeurs : c'est le bilan le plus élevé jamais atteint par un athlète taïwanais sur un même circuit professionnel international. En octobre 2025, à Yangmei, elle s'empare d'un titre après onze ans d'absence au palmarès — les yeux rouges, elle se murmure à elle-même : « Tu as bien mérité ça. »

En octobre 2025, au 18e trou du Yangmei Golf Club, des milliers de spectateurs attendent. Ils attendent depuis onze ans.

« En 2011, j'ai atteint mon apogée ici. Quatorze ans plus tard, je gagne à nouveau ici. Voir le soutien de ma famille, de mes amis et de mes fans — c'est la plus grande force qui m'a permis de tenir. » Lorsque Tseng Ya-ni prononce ces mots, ses yeux sont brillants de larmes. Ce jour-là, elle a 36 ans et s'offre sa 28e victoire en carrière — mettant fin à 4 291 jours sans lever un trophée.

Ce dénouement, joint à l'apogée de 2011, compose l'arc complet de cette histoire.

Le premier swing à 6 ans : le visage d'un talent naturel

Née le 23 janvier 1989 à Yangmei, Taoyuan, Tseng Ya-ni découvre le golf à 6 ans lorsque ses parents l'emmènent sur un parcours. Son premier swing attire immédiatement les regards : ce n'est pas un rythme travaillé, c'est une perception innée de l'espace et du temps.

Elle entame une formation structurée dès 8 ans et domine rapidement les circuits amateurs juniors d'Asie-Pacifique. Les ressources pour le golf féminin à Taïwan restent limitées, mais son talent lui permet de s'en affranchir et de bâtir les fondations techniques nécessaires pour rejoindre le circuit professionnel.

En 2005, à seulement 16 ans, elle passe professionnelle et commence par l'Asian Ladies Professional Golf Association (ALPGA). En 2007, elle décroche sa première victoire professionnelle — l'Open féminin DLF en Inde — puis s'impose au circuit canadien féminin la même année, signalant au monde qu'elle est prête pour une plus grande scène.

Gagner son premier Majeur d'entrée de jeu : le McDonald's LPGA Championship 2008

En 2008, Tseng Ya-ni obtient sa carte sur le circuit LPGA, le plus haut niveau du golf féminin mondial. Elle remporte son tout premier Majeur lors de sa toute première participation à l'un d'eux.

Au McDonald's LPGA Championship 2008, elle bat l'Américaine Maria Hjorth en prolongation et devient la première joueuse d'origine chinoise à s'imposer dans un Majeur LPGA. 19 ans, premier Majeur, titre décroché.

La même année, elle gagne également le LPGA State Farm Classic — deux victoires en une saison. Sa victoire déclenche une fièvre du golf sans précédent à Taïwan et force le circuit LPGA à prendre sérieusement en compte cette nouvelle venue. La suite lui donnera largement raison.

📝 La force de Tseng Ya-ni ne réside pas dans la puissance brute, mais dans un contrôle des distances d'une précision extrême et dans une stabilité mentale sous pression. Sa maîtrise des fers lui permet de placer la balle exactement là où elle le décide — une sérénité rarissime chez une joueuse professionnelle de 19 ans.

2010-2012 : trois ans de domination absolue

2010 marque le début de son règne. Cette année-là, elle remporte cinq titres LPGA, dont l'Open féminin britannique et le Nabisco Championship (devenu ANA Inspiration). Elle devient la première joueuse à s'imposer dans ces deux Majeurs la même année. À 21 ans, elle cumule déjà trois Grand Chelems, établissant le record de la plus jeune joueuse à atteindre ce cap. Elle est également sacrée Joueuse de l'année et domine le classement des gains.

En février 2011, sa victoire à l'ANZ Ladies Masters lui offre le rang numéro un mondial pour la première fois — le point de départ d'un règne de 109 semaines.

En juin 2011, Taïwan accueille pour la première fois un tournoi LPGA : le Wegmans LPGA Championship se tient à Yangmei, attirant plus de 60 000 spectateurs en quatre jours — un engouement sans précédent dans l'histoire du sport taïwanais. Tseng s'impose avec 269 coups, soit 19 sous le par, devenant à 22 ans la joueuse la plus jeune à détenir quatre trophées en Majeur. Tiger Woods n'en comptait que deux au même âge.

Le 31 juillet 2011, Open féminin britannique. Total de 212 coups, 16 sous le par, titre défendu avec succès. Elle devient la joueuse la plus jeune à détenir cinq trophées en Majeur, et la première à conserver son titre depuis que l'Open féminin britannique est passé au statut professionnel.

Bilan 2011 : 7 victoires LPGA, 2 Majeurs, Joueuse de l'année pour la deuxième fois consécutive, domination du classement des gains. La saison ressemble alors à « Tseng contre le reste du monde ».

En 2012, elle enchaîne : -19 à l'Open de Thaïlande, double titre à la Coupe de la Fondatrice, troisième couronne au KIA Classic.

Sur la période 2010-2012, elle remporte 13 titres LPGA dont 4 Majeurs.

109 semaines : un record qui a tenu plus d'une décennie

En février 2011, elle prend la tête du classement mondial pour la première fois. Elle s'y maintient 109 semaines consécutives, jusqu'à ce que son rang glisse en 2013.

Pour apprécier ce chiffre à sa juste valeur, il faut le mettre en contexte : le circuit LPGA compte environ 30 tournois par an ; des joueuses d'élite américaines, coréennes, japonaises et thaïlandaises se disputent chaque semaine les points du classement. Rester numéro un sans interruption pendant plus de deux ans signifie maintenir, week-end après week-end, un niveau que personne ne peut dépasser.

Ce n'est pas « quelques tournois exceptionnels » — c'est une excellence continue, semaine après semaine. Voilà ce que représentent vraiment ces 109 semaines.

Ce record a résisté pendant plus d'une décennie dans le golf féminin mondial.

Pourquoi une domination aussi longue : la technicité au service de la régularité

Le classement mondial du golf ne fonctionne pas comme le tennis — un seul grand tournoi ne suffit pas à tout bouleverser. Les points LPGA s'accumulent chaque semaine ; des classements réguliers dans les premiers rôles, ponctuellement rehaussés par une victoire, constituent la formule d'un long règne au sommet.

Pour tenir 109 semaines, Tseng s'appuie sur une solidité technique à 360 degrés.

Son taux de fairways en régulation reste constamment parmi les meilleurs du circuit, ce qui signifie qu'elle évite rarement les zones de difficulté et conserve ainsi des options d'attaque claires. Sa maîtrise des fers est son arme maîtresse — sa perception des distances et son contrôle de trajectoire lui confèrent un avantage évident à l'approche des greens. Ses statistiques de greens en régulation (GIR) sont excellentes, et ses qualités au putting comme sa lecture des greens la placent dans l'élite du circuit.

Son atout le plus remarquable est peut-être mental. Dans les derniers trous, en position de leader ou dans l'obligation de remonter au score, son rythme de swing et sa vitesse de décision ne varient presque pas. Cette « invariance » sous la pression est plus difficile à acquérir que n'importe quelle technique.

La traversée du désert : 4 291 jours d'une longue bataille

En 2013, Tseng termine la saison sans victoire et cède sa place de numéro un. Les commentaires sur « la chute d'une légende » et « la fin du mythe » se multiplient.

En 2014, elle s'impose au Taiwan Taiwan Golf Open, mettant fin à 22 mois de disette devant son public à domicile. Mais cette victoire marque en réalité le début d'une période encore plus difficile.

Elle retravaille son swing, change de coach, cherche à retrouver ses sensations. Mais la blessure reste le problème fondamental : une atteinte à la hanche l'oblige à subir deux opérations. Chaque chirurgie interrompt son cycle d'entraînement et l'oblige à tout reconstruire, avec la longue rééducation qui s'ensuit, les ajustements incessants, et le regard du monde entier posé sur elle. Ces années-là, la pression psychologique dépasse largement les questions techniques. Elle traverse une période de dépression.

Il y a un peu plus d'un an, elle adopte même un grip gauche pour le putting, dans l'espoir de franchir un nouveau cap. Cette décision est quasi inouïe dans le golf professionnel — mais Tseng Ya-ni l'a prise, révélant l'intensité de son désir de revenir au plus haut niveau.

Les chiffres illustrent le creux : en 2016, seulement 13 passages en phase finale sur 25 tournois ; en 2018, 7 sur 20, avec des gains quasi inexistants ; en 2020, une saison presque entièrement manquée entre blessure et pandémie.

Ce qui est le plus difficile pour un athlète de haut niveau, ce n'est pas de perdre — c'est quand l'esprit se souvient encore de comment jouer, mais que le corps ne suit plus. Ces années-là, elle a vécu dans cet écart, sans jamais quitter le circuit.

📝 « Je me vois simplement comme quelqu'un qui aime profondément jouer au golf. » déclare Tseng Ya-ni lors d'un entretien fin 2024. Elle ne dit pas « je veux retrouver le numéro un mondial ». Elle parle d'amour — c'est la raison pour laquelle elle continue de se présenter sur le parcours, et finalement la raison pour laquelle elle a tenu. (Source : Storm Media, 2024)

2025 : le 28e titre sur le parcours de Yangmei

Le 26 octobre 2025, au Yangmei Golf Club.

« Princesse souriante » — ce surnom l'accompagne depuis de nombreuses années, mais ce sourire avait disparu pendant un temps. Ce jour-là, au Wistron Ladies Open, doté d'un prize-money total d'un million de dollars, elle s'impose avec 14 sous le par et un total de 130 coups, mettant fin à onze ans de disette. Les spectateurs taïwanais encerclent à nouveau le 18e green — moins nombreux qu'il y a dix ans, mais l'intensité émotionnelle, elle, est intacte.

Elle déclare : « Ces dix dernières années, ce qui était le plus difficile, c'est de ne pas savoir si cela arriverait encore. Ce que je pouvais faire chaque jour, c'était de continuer à travailler, de garder la passion, de me dire de ne pas abandonner, de croire en moi — et c'est ce qui m'a amenée au résultat de cette année. » (Source : Central News Agency, octobre 2025)

Tseng Ya-ni fond en larmes. Elle se dit deux mots à elle-même : « Bien mérité. »

C'est sa 28e victoire en carrière.

L'effet Tseng sur le golf taïwanais

Durant ses années les plus brillantes, entre 2010 et 2012, le nombre de pratiquants du golf à Taïwan augmente sensiblement, tant dans les affluences sur les parcours que dans les clubs juniors. En mai 2011, Taishin Financial Group annonce son parrainage en la qualifiant de « première athlète taïwanaise à atteindre le numéro un mondial dans un sport mainstream » — un suivi commercial qui témoigne de la façon dont l'ensemble du monde des affaires la perçoit.

Elle contribue à faire venir un tournoi LPGA à Taïwan en 2011, permettant à plus de 60 000 personnes de découvrir pour la première fois le golf féminin de haut niveau sur leur propre sol.

Elle investit aussi directement dans la génération suivante. Son camp d'entraînement junior « Tseng Ya-ni Golf Clinic » lui permet de transmettre ses techniques et d'apporter un soutien concret aux jeunes joueuses. Après son époque, la visibilité et les ressources du golf féminin taïwanais ont changé de dimension — les performances régulières de Peiyun Chien ces dernières années bénéficient en partie des portes ouvertes par cette période.

Plus profondément, elle a transformé la façon dont Taïwan perçoit ce sport. Le golf y était longtemps considéré comme « un sport pour les riches », étranger au grand public. Le parcours de Tseng Ya-ni a montré que ce sport peut commencer dans une petite ville de Taoyuan, avec une petite fille qui saisit un club pour la première fois à 6 ans, et mener au sommet du monde.

Ses 15 victoires LPGA et 5 trophées en Majeur demeurent le bilan le plus élevé jamais atteint par un athlète taïwanais sur un seul circuit professionnel international.

Année Victoires LPGA Titres Majeurs remportés Remarques
2008 2 1 (LPGA Championship) Premier Majeur en carrière
2009 1 Gains de 2 millions USD — record de vitesse
2010 5 2 (Nabisco + Open féminin britannique) Joueuse de l'année
2011 7 2 (LPGA Championship + Open féminin britannique) Meilleure saison en carrière, 1ère semaine N°1 mondial
2012 3 Troisième titre au classement des gains
Total (LPGA) 15 5 109 semaines N°1 mondial

Ce chiffre de 109 semaines au sommet ne vaut pas par le rang lui-même, mais par ce qu'il représente : une excellence tenace, constante, inlassablement renouvelée.

De Yangmei au sommet du monde, puis du fond du gouffre jusqu'au 18e trou de Yangmei — 4 291 jours plus tard, ce sourire est revenu. Ce n'est pas seulement une histoire de golf ; c'est une histoire sur ce que signifie recommencer.

Sources

À propos de cet article Cet article a été créé par collaboration communautaire avec l'assistance de l'IA.
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