En 30 secondes : En 2022, des affiches « Inscriptions ouvertes — classes de redoublement pour le concours d'entrée » sont réapparues près de la gare centrale de Taipei. Les demandes de renseignements avaient plus que doublé par rapport à l'année précédente. L'ironie est cruelle : Taïwan a passé trente ans à réformer son éducation pour en finir avec « tout se joue en un seul jour » — et voilà que les premiers candidats du nouveau programme retournent d'eux-mêmes dans les salles de cours de préparation. De 100 000 redoublants rue Nanyang en 1981, à seulement 2 500 en 2023, puis au retour des classes de rattrapage en 2022 : ce cycle révèle comment une société débat sans fin de la définition même de l'équité.
En mai 2022, lorsque les résultats du premier concours organisé sous le nouveau programme furent publiés, des affiches familières réapparurent aux abords de la gare de Taipei : « Classes de redoublement pour le Test de compétences académiques — inscriptions ouvertes. » Les organisateurs de cours privés signalèrent une hausse de plus de cent pour cent des demandes de renseignements par rapport à l'année précédente.
La scène avait quelque chose d'à la fois familier et absurde pour de nombreux Taïwanais. N'avions-nous pas passé trente ans à vouloir nous débarrasser du système des concours ? Pourquoi les élèves y revenaient-ils de leur plein gré ?
La réponse se cache dans une expérience insulaire autour du mot « équité ».
L'ère du concours unique : la loi d'airain (1954–2002)
En 1954, Taïwan instaure un système national de recrutement unifié pour l'entrée à l'université. Tous les candidats passaient le même examen le même jour ; l'affectation dans les filières et établissements se faisait strictement par ordre décroissant de notes. Ce système a fonctionné pendant quarante-huit ans et forgé la mémoire de deux générations de jeunes Taïwanais d'après-guerre.
Sa logique était d'une limpidité absolue : l'équité, c'est une règle commune ; la chance, c'est le mérite mesuré par la note. Que l'on vienne du quartier huppé de Xinyi à Taipei ou d'un village reculé du Pingtung, on s'asseyait dans la même salle d'examen, on recevait le même sujet, et au soir on savait dans quelle université on allait. Pas de passe-droits, pas de favoritisme — juste le travail et le talent.
Mais cette « équité » avait un coût humain considérable. En 1996, le magazine Taiwan Panorama soulignait que le concours unique « évaluait les candidats sur un nombre restreint de matières », poussant les élèves à « négliger l'éducation artistique, physique et sociale au profit du pur intellectuel » et à « perdre toute liberté personnelle ». Surtout, il avait engendré la culture des cours privés, propre à Taïwan.
La légende de la rue Nanyang : une armée de 100 000 redoublants
En 1981, pas moins de quarante-huit centres de préparation au redoublement étaient concentrés autour de la rue Nanyang et du boulevard Roosevelt à Taipei, accueillant plus de 100 000 élèves. Rapporté à la population taïwanaise de moins de vingt millions d'habitants de l'époque, cela signifiait qu'un habitant sur deux cents était en train de repréparer le concours.
📝 Note du curateur
Pour se représenter ces 100 000 redoublants : c'est l'équivalent de la population entière du district de Tamsui aujourd'hui, déversée dans deux rues proches de la gare de Taipei. Chaque matin à huit heures, la rue Nanyang était plus encombrée que le quartier de Xinyi.
Si la rue Nanyang est devenue le haut lieu du « street de cours privés », c'est parce que les professeurs stars du redoublement étaient tous à Taipei dans les années 60 et 70, ce qui obligeait les candidats du Centre et du Sud à remonter vers le Nord pour se loger et suivre des cours. La proximité de la gare centrale facilitait un parcours quasi rituel : prendre le train → descendre à Taipei → comparer les centres rue Nanyang → louer une chambre pour un an → retenter le concours.
Zhang Haoran, secrétaire général de l'Association des centres de cours privés de Taipei, se souvient : « À l'époque, il y avait une quarantaine d'établissements les uns à côté des autres, rue Nanyang. Les élèves pouvaient comparer. » Toute la rue dégageait un mélange de jeunesse et d'anxiété — boîtes à lunch, librairies de mangas, boutiques de photocopies — le tout orienté vers un seul objectif : être admis dans une bonne université l'année suivante.
La réforme éducative : l'idéal du pluralisme (1994–2019)
En 1994, la réforme éducative lance le projet de « diversification des voies d'accès ». Recommandations, candidatures sur dossier, Test de compétences académiques (學測, xuece), Examen national d'admission sur matières désignées (指考, zhikao) — plusieurs portes d'entrée s'ouvrent pour que les élèves ne soient plus condamnés à tout miser sur une seule épreuve.
La philosophie de cette réforme est simple : chaque enfant a des talents différents et ne devrait pas être défini par un score. Celui qui dessine bien peut candidater en beaux-arts, le sportif peut passer par le recrutement spécial, le programmeur peut valoriser ses compétences dans un dossier de candidature. Une société plus équitable devait offrir une scène à chaque talent.
Les chiffres semblent donner raison à la réforme.
| Ère du concours unique (1981) | Ère plurielle (2023) |
|---|---|
| 48 centres de redoublement rue Nanyang, 100 000 élèves | 3 centres restants, environ 2 500 élèves |
En quarante ans, le nombre de redoublants a chuté de 97,5 %. Rue Nanyang, les enseignes de thé aux perles sont désormais plus nombreuses que les centres de cours. En apparence, Taïwan a réussi sa transition de « l'enfer du concours unique » au « paradis du pluralisme ».
Mais la réalité est plus complexe.
La panique des redoublants à l'ère du nouveau programme : le pluralisme comme fardeau multiple
En 2019, le nouveau programme — dit « programme du 108 » ou « programme axé sur les compétences » — entre en vigueur. Son ambition : passer de la « mémorisation de connaissances » à « l'application de compétences », du « corrigé unique » à « la pensée critique ».
Le Test de compétences académiques est revu en conséquence : de cinq matières obligatoires, on passe à « cinq au choix de quatre » pour plus de flexibilité ; des types de questions mixtes sont introduits pour évaluer la pensée de haut niveau ; l'orientation « compétences » vise à tester non seulement les savoirs, mais aussi leur mise en pratique. Ces évolutions reflètent une transformation profonde de la philosophie éducative.
Pourtant, en 2022, les premiers candidats soumis au nouveau programme se sont heurtés à des difficultés imprévues. Le Test de matières désignées (分科測驗, fenkemoshiyan, qui remplace l'ancien 指考) n'incluant plus le chinois, l'anglais ni les mathématiques de niveau B, de nombreuses universités se sont retrouvées contraintes de réintégrer les résultats du xuece dans leurs critères de sélection par affectation. Résultat : un dispositif conçu pour « réduire le stress » a finalement accru la pression ressentie par les élèves.
⚠️ Point de controverse
Les acteurs des cours privés ne mâchent pas leurs mots : le nouveau programme serait « un changement de forme sans changement de fond ». « Tant que les mentalités parentales n'évoluent pas et que les ressources continuent de se concentrer sur quelques filières et grandes universités, la pression à l'entrée restera. Et au bout du compte, ce sont les centres de cours qui y gagnent. »
À l'issue du xuece 2022, la rue Nanyang a de nouveau arboré ses affiches « Inscriptions ouvertes — redoublement ». Les demandes ont plus que doublé par rapport à l'année précédente. Un formateur vedette observe : « Ceux qui redoublent aujourd'hui visent souvent des filières très sélectives dans les universités nationales — médecine, informatique et autres. »
Taïwan semble avoir renoué avec le même chemin de croix que connut la génération de leurs parents.
Les cours privés : un système éducatif parallèle indéracinable
Même si le nombre de redoublants a fortement diminué, la culture des cours privés reste florissante à Taïwan. On dénombre plus de 18 000 centres enregistrés sur l'ensemble du territoire, pour un chiffre d'affaires annuel estimé à 170 milliards de dollars taïwanais — soit à peu près la moitié de TSMC.
Ce phénomène ne reflète pas seulement la pression scolaire : il révèle une anxiété éducative profondément enracinée dans la société taïwanaise. Les familles à double revenu ont besoin de structures parascolaires, la diversification des voies d'accès génère un travail de constitution de dossiers, le nouveau programme requiert un accompagnement aux « compétences » — chaque réforme crée de nouveaux débouchés pour le secteur privé.
Les centres de cours privés modernes se sont mués en véritables « écosystèmes éducatifs » :
- Centres académiques : mathématiques, anglais, physique-chimie (offre traditionnelle)
- Centres d'éveil artistique : musique, arts plastiques, danse, programmation
- Centres de constitution de dossiers : accompagnement pour les portfolios et la préparation aux entretiens
- Centres « compétences » : se targuant de développer les aptitudes du programme 108
💡 Le saviez-vous ?
Des enseignants stars comme Feige English, Jianhong Math ou Liu Yi English ont souvent une notoriété qui dépasse celle des professeurs de l'enseignement public. Leurs vidéos pédagogiques cumulent des dizaines de milliers de vues sur YouTube, et leurs abonnés sur les réseaux sociaux rivalisent avec ceux de certaines célébrités.
Un élève a formulé la chose avec une clarté désarmante : « Le professeur à l'école enseigne le manuel ; le professeur au cours particulier enseigne l'examen. Il faut maîtriser les deux pour réussir. » Cette phrase met en lumière la contradiction structurelle de l'éducation taïwanaise : l'école poursuit des idéaux, le cours privé s'adapte à la réalité.
Les résultats PISA : l'excellence au prix du bonheur
Sur la scène internationale, les élèves taïwanais s'en sortent remarquablement bien. Aux PISA 2022, Taïwan obtient 547 points en mathématiques (3e mondial), 537 en sciences (4e mondial) et 515 en lecture (8e mondial), bien au-dessus des moyennes de l'OCDE.
Un chiffre mérite une attention particulière : les élèves issus des milieux les plus défavorisés (environ 3,8 % de l'échantillon) atteignent 471 points en mathématiques, quasiment à égalité avec la moyenne OCDE de 472 points. Le ministère de l'Éducation y voit le fruit des dispositifs de soutien scolaire et du déploiement de l'apprentissage numérique, qui ont effectivement réduit les inégalités territoriales.
Mais PISA révèle aussi l'autre visage de l'éducation taïwanaise : une motivation intrinsèque insuffisante, une pensée créative sous-développée, un niveau d'anxiété scolaire élevé. Les élèves taïwanais ont beau exceller en termes de résultats académiques, leur indice de bien-être est comparativement faible.
📊 Source
Le rapport PISA 2022 indique que la « satisfaction de vie » des élèves de 15 ans à Taïwan est de 6,7 sur 10, contre une moyenne OCDE de 7,3. Des résultats brillants, au prix de la joie de l'adolescence.
Ce paradoxe résume le défi fondamental de l'éducation taïwanaise : comment maintenir l'excellence scolaire tout en permettant aux élèves d'apprendre avec davantage de bonheur ?
L'enseignement professionnel : une réalité à deux faces
Le système d'enseignement professionnel et technique taïwanais est particulièrement développé : des lycées professionnels aux universités de technologie, en passant par les instituts, les élèves de la filière technique représentent 60 % des effectifs du secondaire. Sur la scène internationale, les résultats sont éloquents — aux WorldSkills Competition de Lyon 2024, Taïwan a remporté 6 médailles d'or, 13 d'argent et 6 de bronze, se classant 3e sur 57 pays participants.
✦ « La marque de fabrique de l'enseignement professionnel taïwanais, c'est l'"apprendre en faisant" et les partenariats école-entreprise. Au-delà des cours théoriques, les élèves effectuent des stages, réalisent des projets et passent des certifications professionnelles. De nombreuses universités de technologie ont noué des liens étroits avec l'industrie : leurs diplômés trouvent un emploi dès la sortie. »
Pourtant, l'enseignement professionnel se heurte encore aux préjugés sociaux. L'adage confucéen — « tout est inférieur, seul l'étude est noble » — reste ancré dans les esprits, et la filière technique est souvent perçue comme un « second choix » par rapport aux études académiques. Le gouvernement a lancé des plans de « revitalisation de la voie professionnelle » pour combattre ce cliché, mais l'évolution des valeurs sociales prend du temps.
La formation des enseignants : pourquoi tout le monde veut devenir prof
Le métier d'enseignant bénéficie d'un grand prestige social à Taïwan, avec un salaire stable — une vocation enviée par de nombreux jeunes. En 2024, l'examen de qualification des enseignants a reçu 10 377 inscriptions ; 5 022 candidats l'ont réussi, soit un taux de réussite de 52,2 % — autrement dit, un étudiant en formation sur deux n'obtient pas son brevet.
Ce niveau de concurrence reflète l'attachement de la société taïwanaise au corps enseignant, mais révèle aussi des problèmes structurels : la baisse démographique réduit les besoins en enseignants, les réformes successives alourdissent la charge de travail, et les attentes des parents font monter la pression professionnelle.
Les quarante-six universités dotées d'un centre de formation pédagogique forment environ dix mille futurs enseignants par an, mais moins de 30 % intègreront effectivement un poste permanent. Beaucoup d'entre eux enchaînent pendant plusieurs années les remplacements, les stages et les sessions d'examens avant de trouver leur place dans l'éducation nationale.
La participation des parents : une épée à double tranchant
L'implication des parents taïwanais dans la scolarité de leurs enfants est parmi les plus élevées au monde — associations de parents, bénévolat scolaire, formation parentale, accompagnement aux devoirs. Mais ce « fort engagement » peut facilement virer à « l'ingérence excessive ».
La liberté de choix scolaire est la préoccupation centrale des familles taïwanaises. La carte scolaire fait flamber les prix de l'immobilier autour des établissements réputés, les écoles privées offrent un enseignement différencié, l'éducation expérimentale répond aux besoins individuels — chaque choix reflète l'anxiété des parents dans leur quête de qualité éducative.
Mais ce droit au choix creuse aussi les inégalités. Les familles aisées peuvent opter pour le privé ou déménager dans le périmètre d'un lycée de prestige ; les familles défavorisées doivent se contenter des ressources existantes. Comment garantir la liberté de choix tout en assurant l'équité éducative : c'est le dilemme permanent des politiques publiques.
L'éducation numérique : les leçons du COVID
Pendant la pandémie de COVID-19, les capacités d'enseignement à distance de Taïwan ont attiré l'attention internationale. Le ministère de l'Éducation avait investi massivement depuis des années dans l'infrastructure numérique — salle informatique et Wi-Fi dans chaque établissement —, et ces équipements ont joué un rôle décisif lors de la crise sanitaire.
Le programme 2019 inscrit les « technologies » comme matière obligatoire au collège et au lycée. L'enseignement de la programmation progresse de Scratch (programmation visuelle) vers Python (programmation textuelle), développant la pensée algorithmique. L'éducation à l'intelligence artificielle s'impose comme une nouvelle priorité : le ministère pilote un « Plan d'ancrage de l'IA dans l'éducation » pour préparer les élèves à l'ère de l'IA.
Mais l'apprentissage numérique a aussi mis en lumière la fracture numérique : manque d'équipements dans les zones rurales, absence de connexion stable dans les foyers défavorisés — à l'ère numérique, les inégalités territoriales risquent paradoxalement de se creuser.
L'éducation expérimentale : une alternative qui se cherche
L'éducation expérimentale se développe rapidement à Taïwan : en 2023, on comptait 150 établissements expérimentaux et 8 000 élèves en instruction en famille. La pédagogie Waldorf, la méthode Montessori et les groupes d'auto-apprentissage offrent des alternatives au système dominant.
Mais ces structures font face à de vrais défis : qualité hétérogène, formation insuffisante des enseignants, difficultés d'articulation avec les filières d'accès à l'enseignement supérieur. Le gouvernement a adopté les « Trois lois sur l'éducation expérimentale » pour encadrer et garantir la qualité de ces dispositifs — mais trouver l'équilibre entre innovation et rigueur reste un chantier ouvert.
📝 Note du curateur
La directrice d'une école expérimentale l'a formulé ainsi : « L'éducation expérimentale n'est pas une fuite du système dominant — c'est une exploration de ce que l'éducation pourrait faire de mieux. Nous voulons former des enfants heureux et capables. » Cette phrase pointe le dilemme central de l'éducation taïwanaise : résultats scolaires et épanouissement sont-ils vraiment incompatibles ?
Formation tout au long de la vie et éducation des adultes
La culture de la formation continue est bien ancrée à Taïwan : universités populaires, universités du troisième âge, formations professionnelles, cours en ligne permettent à chacun d'apprendre tout au long de sa vie. Les quatre-vingt-dix universités populaires du pays accueillent chaque année 400 000 apprenants, avec des programmes allant des savoirs académiques aux compétences du quotidien.
Les plateformes d'apprentissage numérique se développent rapidement. L'explosion de la demande de cours en ligne pendant la pandémie a stimulé la croissance de l'industrie de l'e-learning. Des plateformes taïwanaises comme Hahow et PressPlay Academy proposent des contenus variés, transformant le slogan « apprendre toute sa vie » en réalité concrète.
De l'enfer du concours au labyrinthe du pluralisme : qu'avons-nous appris ?
Revenons à la question posée en ouverture : pourquoi, après trente ans de réforme éducative, les élèves taïwanais se retrouvent-ils à nouveau dans la panique du redoublement ?
La réponse tient en ceci : nous avons sous-estimé la complexité de la notion d'« équité ». À l'ère du concours unique, l'équité signifiait « égalité des chances » — même épreuve pour tous. À l'ère du pluralisme, elle signifie « développement de chaque profil » — une porte pour chaque talent. Mais dans les faits, les voies d'accès multiples ont pu creuser les inégalités de classe : les familles qui ont les moyens d'investir dans la préparation de toutes les candidatures s'en sortent mieux ; celles qui n'en ont pas les moyens ne peuvent miser que sur les notes.
De l'armée des 100 000 redoublants de la rue Nanyang aux 2 500 d'aujourd'hui, et jusqu'au retour des classes de rattrapage en 2022 : ce cycle nous enseigne que la réforme éducative n'est pas qu'une question de conception institutionnelle — c'est un défi profond pour les valeurs d'une société. Tant que persiste le mythe des « grandes universités » et des « filières d'élite », tant que la définition sociale du succès reste étroite, tout système éducatif risque de se muer en nouvelle arène de compétition.
✦ « La véritable équité éducative n'est peut-être pas de donner à chaque enfant la même ligne de départ, mais de permettre à chaque enfant de trouver la piste qui lui convient — même si cette piste mène vers un horizon différent de celui des autres. »
L'expérience éducative taïwanaise se poursuit. Chaque réforme est une dialectique sociale, chaque génération d'élèves en est à la fois actrice et cobaye. Nous cherchons encore ce système éducatif qui conjuguerait équité, efficacité et bonheur — si tant est qu'un tel système puisse exister.