Bai Xianyong : de « Taipei People » (1971) à la tournée du « Peony Pavilion » version jeunesse, vingt ans

Né en 1937 à Guilin, province du Guangxi, fils de Bai Chongxi. En 1956, il étudie les langues étrangères à l'Université nationale de Taiwan et fonde, avec Wang Wenxing et d'autres, la revue « Littérature moderne ». En 1971, il publie le recueil de quatorze nouvelles « Taipei People ». En 1983, il écrit « Les Enfants du péché ». En 2003, il lance la version jeunesse du « Peony Pavilion », dont la première représentation a lieu en avril 2004, et célèbre le 20ᵉ anniversaire en 2024. Il reçoit le Prix national des arts en 2003.

Vue d’ensemble en 30 secondes : Bai Xianyong, né en 1937 à Guilin (Guangxi), fils du haut‑grad du Kuomintang Bai Chongxi1. En 1952, il émigre à Taiwan avec sa famille ; en 1956, il intègre le département des langues étrangères de l'Université nationale de Taiwan et, avec Wang Wenxing, Chen Ruoxi et d’autres, fonde la revue « Littérature moderne ». En avril 1971, il publie le recueil de quatorze nouvelles « Taipei People »1 ; en 1983, il écrit « Les Enfants du péché ». En 2003, il lance la planification de la version jeunesse du « Peony Pavilion », dont la première représentation a lieu à Taipei en avril 2004, et célèbre le 20ᵉ anniversaire de la tournée en 20242. Il reçoit le Prix national des arts en 20033 et reste actif en 20264.

1937 : Guilin – 1952 : Taiwan

Bai Xianyong naît en 1937 à Guilin, province du Guangxi, et passe son enfance à suivre son père, militaire, à travers les zones de guerre1. En 1952, il émigre à Taiwan avec sa famille et fréquente le lycée Jianguo.

En 1956, il entre à l'Université nationale de Taiwan, département des langues étrangères, où il rencontre son mentor décisif, Xia Ji‑an1. Durant ses études, il co‑fonde, avec Wang Wenxing, Chen Ruoxi et d’autres, la revue « Littérature moderne », qui devient un point d’ancrage majeur du mouvement moderniste à Taiwan.

« Littérature moderne » ne se limite pas à une simple revue : elle introduit de façon systématique le modernisme occidental (Kafka, Woolf, Joyce) aux lecteurs taïwanais et engage un dialogue avec la tradition du mouvement du 4 mai. Les techniques narratives que Bai développera plus tard dans ses romans se forment largement durant cette période d’exploration.

« Taipei People » : quatorze nouvelles et poème collectif de l’exil

En avril 1971, la première édition de « Taipei People » paraît1. Les quatorze nouvelles décrivent la vie à Taipei d’un groupe de personnes venues de la Chine continentale : un général déchu, un artiste en déclin, un vieil homme solitaire, chacun portant un souvenir historique différent.

Parmi les pièces majeures figurent « Yongyuan de Yin Xueyan » (la fleur éternelle de la haute société) et « La dernière nuit de Jin Daban » (l’adieu de la reine des salles de danse)1.

Les quatorze récits ne constituent pas une simple anthologie indépendante, mais forment un poème collectif autour du thème de « l’exil » : l’exil de la Chine continentale vers Taiwan, l’exil historique vers le présent, l’exil du jeune qui vieillit. Chaque personnage représente une variation de ce thème. Cette structure poétique‑narrative était inédite dans la littérature taïwanaise.

« Les Enfants du péché » : récit marginal au parc New Park

En 1983, « Les Enfants du péché » est publié1. Le roman se déroule dans le New Park de Taipei (aujourd’hui le parc commémoratif de la paix du 28 février) et décrit la vie d’une communauté homosexuelle marginalisée par la société dominante. Il s’agit du premier roman taïwanais à aborder ouvertement ce sujet.

L’importance historique de « Les Enfants du péché » dépasse le cadre littéraire : c’est la première fois, en 1983, que le milieu littéraire taïwanais offre à la communauté homosexuelle un espace narratif complet, avec une attitude de compassion plutôt que de pathologisation. L’orientation sexuelle de Bai Xianyong ne sera rendue publique qu’après la parution, mais le livre se place déjà en avance sur le débat sociétal.

Le « New Park de Taipei » (actuel parc de la paix du 28 février) sert de refuge aux marginaux. Le choix du lieu porte un poids historique : le parc témoigne à la fois des persécutions politiques et de la marginalisation urbaine, devenant ainsi un symbole spatial unique dans l’écriture de l’histoire post‑Seconde Guerre mondiale de Taiwan par Bai.

2003 : planification – avril 2004 : première représentation : version jeunesse du « Peony Pavilion »

En 2003, Bai Xianyong lance la planification de la version jeunesse du « Peony Pavilion », participant à toutes les étapes, de l’adaptation du texte au casting des acteurs2. En avril 2004, la première représentation a lieu à Taipei. Par la suite, la production tourne dans les trois régions sinophones, totalisant plus de 300 représentations et attirant plus de 600 000 spectateurs.

La version jeunesse du « Peony Pavilion » démontre qu’une transmission contemporaine de la culture classique n’a pas besoin d’être vulgarisée ; elle peut, grâce à une haute qualité artistique, attirer naturellement les jeunes générations. Bai a choisi des acteurs d’une vingtaine d’années, comme Su Kun, non pas par compromis commercial, mais comme investissement à long terme dans la vitalité du Kunqu.

(Note : lorsqu’un texte indique « à partir de 2004 », il faut comprendre « première représentation en avril 2004 » ; la planification a réellement débuté en 2003.)

Lecture courante → lecture plus précise : Bai Xianyong est souvent identifié comme « l’auteur de « Taipei People » », ce qui masque la transition majeure de la seconde moitié de sa carrière. Après 2003, il consacre la majeure partie de son temps à la préservation du Kunqu plutôt qu’à la création de romans. Ce n’est pas une « reconversion » au sens usuel, mais, selon ses propres mots, « rembourser une dette », c’est‑à‑dire rendre hommage à la musique qu’il a entendue enfant à Shanghai.

Prix national des arts : reconnaissance officielle d’une demi‑siècle d’écriture

En 2003, Bai Xianyong reçoit le Prix national des arts3.

Ce prix constitue la reconnaissance officielle par le milieu littéraire taïwanais de l’ensemble de sa carrière, du roman moderne à la sauvegarde du Kunqu. De son premier texte dans les années 1950 à son statut, cinquante ans plus tard, de figure représentative de la littérature chinoise, son parcours n’a jamais été interrompu.

(Note : le « Prix artistique de Zhongshan » et le « Prix du jury du 7ᵉ Red Chamber Award 2018 » ne sont pas vérifiables. Le second était une illusion : le lauréat du 7ᵉ Red Chamber Award (2018) était « Qing Fuzi » et « Wang Chunfeng », pas Bai Xianyong5.)

20ᵉ anniversaire de la version jeunesse du « Peony Pavilion » et « Peony Flowers Blooming Twenty Years »

En septembre 2024, la tournée du 20ᵉ anniversaire de la version jeunesse du « Peony Pavilion » démarre2. En novembre de la même année, le livre « Peony Flowers Blooming Twenty Years » est publié, consignant les deux décennies de performances.

En octobre 2025, l’Université nationale de Taiwan organise une exposition spéciale sur Bai Xianyong4. En 2026, il reste actif.

La tournée de 2024 a traversé Taipei, Hong Kong, Suzhou et d’autres villes ; le livre « Peony Flowers Blooming Twenty Years » retrace le projet culturel depuis la première représentation jusqu’aux étapes majeures.

En 2026, Bai Xianyong continue de participer à des événements publics, de promouvoir le Kunqu et l’éducation littéraire. Cette persistance même constitue une déclaration contre l’oubli.

🎙️ Note du commissaire‑exposant : Bai Xianyong est l’un des rares auteurs de l’histoire littéraire taïwanaise à débuter comme « romancier moderne » pour finir comme « revitalisateur de la culture traditionnelle ». Ce parcours n’est pas une simple transition, mais un approfondissement. Le désir de « Taipei People » de préserver ce qui disparaît se retrouve dans la défense du Kunqu par la version jeunesse du « Peony Pavilion », tous deux issus d’une même préoccupation : comment empêcher la perte de ce qui est précieux.

Son succès montre que la sauvegarde culturelle n’a pas besoin d’être muséalisée ni vulgarisée. Elle requiert simplement une personne dotée d’un niveau artistique suffisant et d’une persévérance à le faire bien.

« Les Enfants du péché » et la version jeunesse du « Peony Pavilion » (l’un brisant le silence en 1983, l’autre relançant le classique en 2004) semblent très différents, mais partagent la même profonde protection des éléments marginalisés.

De Guilin (Guangxi) à New Park de Taipei, de « Littérature moderne » au théâtre Kunqu de Suzhou, le parcours de plus de soixante ans de Bai Xianyong constitue un exemple de persévérance face à la « mémoire » que l’on refuse d’abandonner.

Lectures complémentaires : Bai Xianyong — Wikipédia (zh) | Prix national des arts : dossier de Bai Xianyong | Musée national de la littérature taïwanaise | San Mao : Bai Xianyong a recommandé sa première œuvre « Huò » à la revue « Littérature moderne ».

Références

  1. Wikipédia : Bai Xianyong — confirme la naissance en 1937 à Guilin, le fait d’être le fils de Bai Chongxi, les études en langues étrangères à l’Université nationale de Taiwan, la création de « Littérature moderne », la première édition de « Taipei People » en avril 1971 (14 nouvelles) et la publication de « Les Enfants du péché » en 1983.
  2. Site officiel de la version jeunesse du Peony Pavilion — indique le lancement de la planification en 2003, la première représentation à Taipei en avril 2004, plus de 300 représentations et 600 000 spectateurs, ainsi que le livre « Peony Flowers Blooming Twenty Years » pour le 20ᵉ anniversaire en 2024.
  3. Conseil national des arts : dossier du Prix national des arts (Bai Xianyong) — confirme l’attribution du prix en 2003.
  4. Xinhua Taiwan : Bai Xianyong actif en 2026 — comprend les activités littéraires de 2025‑2026 et l’exposition spéciale à l’Université nationale de Taiwan.
  5. Wikipédia : Red Chamber Award — confirme que le lauréat du 7ᵉ Red Chamber Award (2018) était « Qing Fuzi » et « Wang Chunfeng », excluant toute affirmation selon laquelle Bai Xianyong aurait reçu le prix.
À propos de cet article Cet article a été créé par collaboration communautaire avec l'assistance de l'IA.
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