Vue d'ensemble en 30 secondes
Fermez les yeux. Entendez-vous Taïwan ? À dix-huit heures trente, la mélodie de À Élise s'approche lentement avec le camion-poubelles, et tout le quartier sort ses sacs poubelle en file indienne. Au milieu de la nuit, devant le temple, les gongs et tambours du beiguan résonnent à plein volume, tandis que les néons des voitures-ornements électroniques clignotent devant les divinités. Dans les montagnes, les Bunun chantent le Pasibutbut en octophonie pour demander au dieu du ciel une récolte abondante de millet — l'une des plus anciennes formes de chant polyphonique connues de l'humanité.
Les sons de Taïwan ne sont pas de simples bruits de fond : ils constituent un code culturel vivant. Chaque son porte en lui une histoire, une mémoire et une identité.
Sons clés :
- 🚛 Musique des camions-poubelles : un rituel sonore urbain unique au monde
- 🏯 Musique des processions religieuses : beiguan, nanguan, tambours des Huit Généraux
- 🏔️ Polyphonie autochtone : le Pasibutbut bunun (un chœur à quatre voix produisant huit harmoniques)
- 🛵 La mer de scooters : une symphonie de moteurs dans le pays à la plus forte densité de deux-roues au monde
- 🌙 Les cris des vendeurs de night market : un théâtre sonore de l'économie populaire
Pourquoi c'est important
Chaque ville possède son empreinte sonore. New York a les hurlements du métro et les klaxons de taxis, Tokyo les mélodies de départ des gares et les sonnettes des supérettes. Mais le paysage sonore de Taïwan a une particularité unique : il réunit simultanément les chants ancestraux des peuples austronésiens, les gongs et tambours des processions religieuses des immigrants hokkien, la tradition des chants scolaires héritée de la période coloniale japonaise, et les créations sonores de la vie urbaine contemporaine.
Ce n'est pas une seule strate de sons : c'est quatre siècles d'archéologie sonore.
Comprendre le paysage sonore de Taïwan, c'est entrer dans l'histoire du pays par l'oreille. Or ces sons sont en train de disparaître — certains engloutis par l'urbanisation, d'autres perdus à cause de ruptures culturelles. Les documenter n'est pas seulement une démarche de préservation culturelle : c'est un sauvetage.
Les codes sonores du quotidien urbain
La musique des camions-poubelles — la façon la plus civilisée au monde de sortir ses poubelles
Exclusivité mondiale : collecter les ordures en musique classique
Les deux morceaux classiques diffusés par les camions-poubelles de Taïwan sont gravés dans l'ADN de chaque Taïwanais :
- À Élise (Für Elise) — le morceau pour piano le plus célèbre de Beethoven, principalement utilisé par les camions-poubelles du nord et du centre de Taïwan
- La Prière d'une jeune fille (A Maiden's Prayer) — une pièce de salon pour piano de la compositrice polonaise Tekla Bądarzewska, datant de 1856, principalement diffusée par les camions-poubelles du sud de Taïwan
Fait amusant : l'endroit où l'on vit à Taïwan détermine la mélodie que l'on entend — c'est peut-être le seul cas au monde où la musique classique délimite des identités régionales. Un habitant du nord trouve étrange d'entendre La Prière d'une jeune fille, et un habitant du sud est tout aussi déconcerté par À Élise.
Depuis que la ville de Taipei a mis en place la politique des « ordures non déposées au sol » en 1997, la musique des camions-poubelles est devenue une mémoire collective taïwanaise. Ce n'est pas simplement une collecte de déchets — c'est un micro-rituel communautaire qui se joue chaque jour : les voisins se croisent au coin de la rue, échangent des potins et en profitent pour jeter leurs ordures.
Pourquoi de la musique classique ? Dans les années 1980, lors du choix des morceaux par l'Agence de protection de l'environnement, les critères étaient : « facilement identifiable, pas désagréable, portée acoustique importante ». Les pièces classiques pour piano répondaient parfaitement : mélodie simple, fréquences pénétrantes, et aucun problème de droits d'auteur.
Perception internationale : C'est probablement le spectacle urbain taïwanais le plus souvent filmé par les YouTubers étrangers. « Vous utilisez de la musique classique pour sortir vos poubelles ? » — Oui, et tout le pays trouve cela parfaitement normal.1
La mer de scooters — une symphonie de quatorze millions de moteurs
Le nombre de scooters immatriculés à Taïwan dépasse les 14 millions, la plus forte densité au monde. L'instant où le feu passe au vingt, le rugissement simultané de dizaines de scooteurs qui démarrent est la bande-son quotidienne de chaque commutateur taïwanais.
Ce son est en train de changer — la popularisation des scooters électriques (comme Gogoro) rend les villes un peu plus silencieuses, mais ce bourdonnement collectif du démarrage pourrait devenir un son nostalgique d'ici une décennie.
Les camions électoraux — la démocratie en décibels
À chaque saison électorale, des véhicules de campagne équipés de haut-parleurs géants sillonnent les rues, diffusant en boucle et à plein volume le nom et le numéro des candidats. C'est probablement la pratique démocratique la plus bruyante du monde.
Les Taïwanais l'aiment et le détestent à la fois : c'est assourdissant, mais c'est aussi l'expression la plus directe de la liberté d'expression — sous la loi martiale, on pouvait être arrêté pour avoir collé une simple affiche.
Les sons sacrés : processions religieuses et cultes
Le beiguan — le rock du parvis des temples
Le beiguan est la musique traditionnelle la plus courante lors des processions religieuses à Taïwan. Volume élevé, rythme puissant, tension émotionnelle extrême. Si le rock se définit comme « exprimer les émotions les plus intenses au volume le plus élevé », alors le beiguan est le plus ancien rock de Taïwan. Le beiguan comprend de la musique instrumentale (paizi et xianpu) et du chant vocal (opéra et xiqu). Les paroles du chant utilisent une forme de « mandarin correct » (zhengyin guanhua) — non pas le taïwanais, mais un système de mandarin archaïque.
Contexte historique : Le beiguan a été introduit à Taïwan vers les périodes Qianlong et Jiaqing de la dynastie Qing, et tire son nom de sa contrepartie méridionale, le nanguan, originaire de Quanzhou. Fait intéressant, ses racines vocales remontent au luanTan de Pujiang dans le Zhejiang et au xiqinxi du Guangdong, et non directement au Fujian — aujourd'hui, on ne trouve même pas de genre théâtral identique au beiguan au Fujian. À Taïwan, le beiguan s'est développé en deux grandes écoles, « Xuan » et « Yuan » (correspondant aux associations de musiciens xuan et yuan), et les confrontations entre les deux écoles (pindian) pouvaient parfois dégénérer en rixes — les querelles de goûts musicaux à Taïwan pouvaient faire couler le sang.
Situation actuelle : Le beiguan fait face à une crise de transmission grave. Les jeunes le trouvent trop bruyant et trop « ringard », et le nombre d'apprenants chute drastiquement. Ironiquement, les ethnomusicologues internationaux s'extasient devant son système complexe de banqiang (mélodies types) et sa structure de qupai (airs fixes) — il partage les mêmes racines que le xi-erhuang de l'opéra de Pékin et est surnommé affectueusement « le cousin campagnard de l'opéra de Pékin ».
Le nanguan (xian'guan / nanyin) — la plus ancienne musique de chambre d'Asie
Contraste saisissant avec la violence du beiguan, le nanguan est une musique délicate, élégante, au tempo lent. Anciennement appelé xian'guan (« cordes et vents »), il est originaire de Quanzhou et a été transmis à Taïwan par les immigrants hokkien. L'ensemble typique des « quatre instruments supérieurs » (shang si guan) comprend : le pipa tenu à l'horizontale, le sanxian, le dongxiao (conservant le format shiba-cun — une chi et huit cun — du shakuhachi de la dynastie Tang), l'erxian et le paiban (claquoirs). En 2009, il a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO sous le nom de « nanyin ».2
Caractéristiques sonores : Les lignes mélodiques du nanguan sont extrêmement longues — une phrase musicale peut s'étirer sur plusieurs minutes. Lors de l'exécution, les sons « se fondent progressivement » (si mo jiang lai) : les cordes (pizzicato du pipa) entament la phrase, les vents (dongxiao) s'y fondent ensuite, chaque voix se complétant tout en restant distincte. C'est une musique qui demande de la patience — à l'ère de l'attention rare, la première leçon du nanguan est « ralentir ».
Racines culturelles : Le nanguan a préservé des vestiges des périodes Han et Wei. Son ensemble remonte aux xianghege (chants à l'unisson) de la dynastie Han (« cordes et bambous se répondent, celui qui tient le rythme chante »), et la structure de ses instruments et de ses pièces est étroitement liée aux daqu (grands ensembles musicaux) des dynasties Tang et Song. Les érudits l'appellent un « fossile musical vivant » et lui attribuent le surnom de « son pur millénaire » (qian zai qing yin). À Taïwan, Lukang est le bastion le plus important du nanguan.
Particularité unique : Le pipa du nanguan conserve encore aujourd'hui la technique de jeu horizontale de la dynastie Tang, tandis que le pipa des autres traditions musicales a depuis longtemps été redressé — ce simple geste est une capsule temporelle de mille ans.
Les voitures-ornements électroniques — la collision du sacré et du profane
C'est le paysage sonore le plus surréaliste de Taïwan : sur les chars funéraires ou de procession, des danseuses de pole dance évoluent sous des néons, tandis que des synthétiseurs diffusent un mélange de chansons en taïwanais, de musique électronique et de sutras bouddhiques.
Logique culturelle : Cela semble absurde, mais repose sur une logique folklorique sérieuse — l'animation est destinée aux divinités, et c'est aussi la dernière fête pour le défunt. « Il faut l'envoyer en beauté. »
Attention internationale : Les voitures-ornements électroniques ont fait l'objet de reportages spéciaux de médias internationaux comme la BBC et Vice, et sont considérées comme l'un des spectacles visuels et sonores les plus singuliers de la culture populaire taïwanaise.
Les strates sonores des sutras et des cérémonies
Les offices du matin et du soir dans les temples bouddhistes, la récitation des textes sacrés lors des rituels taoïstes, les processions de gongs et tambours lors du raojing (pèlerinage) de Mazu — les sons religieux constituent la strate la plus profonde du paysage sonore taïwanais. En ville, on peut entendre simultanément les cloches d'une église, le muyu (poisson de bois) d'un temple et l'adhan d'une mosquée — c'est la pluralité religieuse de Taïwan, exprimée par le son.
Les sons des peuples autochtones : la mémoire de la terre
Le _Pasibutbut_ bunun (chant de prière pour la récolte du millet) — la « octophonie » mal nommée
Le Pasibutbut des Bunun est souvent appelé « octophonie », mais ce nom est en réalité un malentendu poignant — il s'agit en fait d'un chœur à quatre voix (mabungbung, maidadu, mandaza, mahosngas), qui, par le renforcement de la résonance thoracique et la technique de chant guttural, produit de riches harmoniques naturelles, créant l'effet de huit parties sur un spectrogramme. Ce ne sont pas huit personnes chantant huit voix, mais quatre voix produisant un miracle de la physique.
En 1952, le musicologue japonais Kurosawa Takashige a soumis un enregistrement de cette chanson à l'UNESCO, stupéfiant la communauté internationale d'ethnomusicologie.3
Caractéristiques sonores : Six à douze hommes (en nombre pair) se tiennent par la main en cercle, chantant les voyelles « o », « e », « a », « i » en montant progressivement depuis les graves. Pas de chef d'orchestre, pas de partition — uniquement l'écoute mutuelle, atteignant l'harmonie dans la fusion des sons. Lorsque les harmoniques se superposent correctement, on entend un nombre de voix supérieur au nombre de chanteurs — c'est l'un des phénomènes acoustiques les plus mystérieux que la voix humaine puisse produire.
Signification culturelle : Le Pasibutbut est un rituel de communication avec le dieu du ciel Dihanin, chanté uniquement entre janvier et mars, pendant la saison de la récolte du millet. Plus le chant est harmonieux, plus le dieu est content, et plus le millet sera abondant cette année-là. Il n'est transmis que parmi les communautés Luan et Jun des Bunun, et non dans tous les villages bunun.
Légende d'origine : Les membres de la tribu, en chasse, auraient entendu la résonance d'un tronc d'arbre creux avec des abeilles sauvages, l'écho d'une cascade, ou le vent dans une forêt de pins et de bambous, et y auraient vu la bénédiction du dieu du ciel, imitant ces sons pour créer ce chant. Chaque tribu a sa propre version de l'histoire d'origine, mais toutes pointent vers la même chose — ce chant vient des sons de la nature.
Les Amis — les chants et danses du festival de la récolte
Le festival de la récolte (Ilisin) des Amis est l'une des plus grandes célébrations des peuples autochtones de Taïwan. Pendant plusieurs jours de chants et danses, le chant « antiphonal » entre le soliste et le groupe illustre la relation dynamique entre l'individu et le collectif.
Caractéristiques sonores : Le soliste chante en improvisation, le groupe répond. Les paroles peuvent être improvisées, la mélodie est relativement fixe. Ce type de chant se retrouve aussi dans la musique africaine — la similitude entre la musique austronésienne et la musique africaine reste un sujet de recherche en ethnomusicologie.
Les Paiwan et les Rukai — la flûte nasale à double tuyau
La flûte nasale à double tuyau (lalingedan) des Paiwan et des Rukai est l'un des rares instruments au monde joués avec le nez. Un tuyau joue la mélodie, l'autre joue un bourdon continu, créant un effet sonore unique.
Contexte culturel : Dans la tradition paiwan, la flûte nasale était un instrument réservé à l'aristocratie, étroitement lié au système de classes sociales. Elle était utilisée lors d'occasions importantes comme les mariages et les funérailles, et le souffle du musicien était considéré comme une extension de l'âme.
Les Tao — le chant d'applaudissements et l'océan
Les Tao (Dawu) de l'île des Orchidées sont le seul peuple maritime de Taïwan, et leur musique est indissociable de l'océan. Les chants d'applaudissements de la saison du poisson-volant, les chants de travail lors de la construction des pirogues, tous répondent au rythme de l'océan.
L'écrivain Syaman Rapongan a dit : « La mémoire des vagues est plus longue que celle des hommes. » La musique des Tao est la version sonore de cette phrase.
Les sons de la nature
Le tonnerre printanier et la saison des pluies
Le climat taïwanais a une saisonnalité sonore marquée : le premier coup de tonnerre du printemps, les pluies torrentielles de la saison des pluies (meiyu) frappant les toits en tôle, le silence étrange de quelques secondes avant un orage d'été. Tous ceux qui ont vécu sous un toit en tôle à Taïwan savent que la pluie peut être si forte qu'on n'entend plus son voisin parler.
Le chant des cigales
Taïwan compte plus de 60 espèces de cigales, et leur chant estival peut atteindre 90 décibels — l'équivalent du bruit d'un aspirateur. Différentes altitudes abritent différentes espèces, formant un spectre sonore à distribution verticale : la cigale de Taïwan (Cryptotympana atrata) en plaine, la cigale Takapsalta en moyenne altitude, la cicada Meimuna en haute altitude, chacune avec son timbre et son rythme propres.
Les sons des espèces endémiques de Taïwan
Le chant du Garrulax taewanus (endémique de Taïwan) est considéré comme l'un des plus beaux chants d'oiseaux du pays. Le aboiement du muntjac, semblable à celui d'un chien, surprend souvent les randonneurs. Et la nuit, en montagne, le hululement des hiboux et le coassement des grenouilles s'entrelacent pour composer le paysage sonore nocturne unique des forêts taïwanaises.
Les sons en voie de disparition
Le klaxon des rémouleurs ambulants
Les rémouleurs qui parcouraient les rues à vélo en actionnant un klaxon spécial en criant « Rémou—lage—de ciseaux— » étaient autrefois l'un des sons les plus familiers des ruelles taïwanaises. Avec la modernisation, ce son a presque disparu.
Les annonces publicitaires des quincailleries
Les annonces publicitaires enregistrées en taïwanais des quincailleries (« Venez, venez, tout à prix réduit… ») étaient autrefois le fond sonore des rues des villes et villages taïwanais. On ne les entend plus que dans certains marchés traditionnels et zones rurales.
Les sons de l'ère de la radio
Avant la popularisation de la télévision, la radio était le centre sonore du foyer taïwanais. Les feuilletons radiophoniques en taïwanais, les diffusions d'opéra taïwanais (gezaixi), le doublage du théâtre de marionnettes (budaixi) — ces sons ont façonné la mémoire auditive d'une génération entière et n'existent plus aujourd'hui que dans la souvenance des anciens.
Les tons du taïwanais sont en train de se perdre
Le taïwanais possède huit tons (sept en usage courant), ce qui en fait l'une des langues à tons les plus riches au monde parmi les langues d'usage quotidien. Mais avec la promotion de l'enseignement en mandarin, la compétence en taïwanais des jeunes générations a chuté drastiquement. Lorsqu'une langue disparaît, ce ne sont pas seulement des mots qui s'évanouissent, mais aussi la texture sonore et la musicalité propres à cette langue — les inflexions du taïwanais sont en elles-mêmes une mélodie.
🚇 Projet de paysage sonore du métro de Taipei
En 2018, Daher Music a mené un travail de terrain unique le long du réseau de métro de Taipei — le « Projet de paysage sonore du métro ». Ils ont enregistré les sons de la vie quotidienne les plus représentatifs à proximité de chaque station, le long du réseau. Ces extraits de 8 secondes sont comme une carte de Taipei parcourue par l'oreille.
📝 Note du commissaire : Chaque station de métro possède son propre ADN sonore. Les sutras et les jiao (temple de Xintingong), le bourdonnement des machines à tatouer (Ximending), les cris des vendeurs de provisions du Nouvel An (rue Dihua) — ce ne sont pas des « bruits », mais les preuves qu'une ville est vivante.
🎧 Écoute : Paysage sonore du métro de Taipei (mars 2018, enregistré par Daher Music)
| Station / Lieu | Son | Écoute |
|---|---|---|
| Xintingong | Prière (sutras, jiao) | |
| Ximending | Salon de tatouage | |
| Rue Dihua | Achats du Nouvel An | |
| Taipei 101 | Compte à rebours du Nouvel An | |
| Mémorial de Chiang Kaï-chek | Pigeons en vol | |
| Mémorial de Chiang Kaï-chek | Appareils photo des touristes | |
| Parc forestier de Daan | Canards | |
| Parc de Dahu | Eau du lac | |
| Xiaobitan | Chants d'oiseaux | |
| Tamsui | Achat de calmars | |
| Miramar | Cinéma | |
| Librairie Sanmin | Bruit de pages qui tournent | |
| Bureau de poste de Beimen | Envoi de courrier | |
| Station Zhongshan | Perceuse électrique | |
| Station Zhongshan Junior High | Appel des noms |
Expérimentations sonores contemporaines
L'art sonore
Taïwan possède une scène d'art sonore (Sound Art) active. Des plateformes comme C-LAB (Laboratoire d'expérimentation culturelle contemporaine de Taïwan), Etang Expérience et le Festival Lacking Sound continuent de promouvoir la création et la diffusion d'art sonore.4 Les œuvres d'artistes comme Wang Fu-jui, Yao Chung-han et Chang Yung-da transforment les sons environnementaux de Taïwan en langage artistique contemporain.
L'enregistrement de terrain
De plus en plus de professionnels du son se consacrent à l'enregistrement de terrain (Field Recording) à Taïwan, documentant les sons en voie de disparition. Des forêts de haute montagne aux zones intertidales côtières, des vieux marchés aux zones industrielles — ces enregistrements ne sont pas de simples archives, mais un patrimoine culturel auditif.5
Les installations sonores interactives
Les artistes de nouveaux médias taïwanais excellent dans le domaine des installations sonores interactives. En combinant capteurs, calcul en temps réel et son spatialisé, ils transforment les mouvements corporels du public en expériences sonores — faisant de l'« écoute » une affaire de participation corporelle totale.
Les programmes de préservation des paysages sonores
L'Association taïwanaise du paysage sonore (Taiwan Soundscape Association) collabore avec les ressources du ministère de la Culture pour promouvoir continuellement la documentation et la préservation des « paysages sonores en danger ». Les cris des vendeurs de marchés traditionnels, la musique des troupes de procession des temples, les sons des machines des vieilles industries artisanales — ces sons qui disparaissent en raison de la rénovation urbaine ou du déclin industriel sont préservés grâce à l'enregistrement de terrain.
Faits marquants
- 🔢 La musique des camions-poubelles, une exclusivité mondiale : Taïwan est le seul pays au monde à utiliser de la musique classique pour rappeler aux résidents de sortir leurs poubelles. Les deux morceaux sont utilisés depuis plus de 25 ans et constituent le déclencheur le plus puissant de mémoire collective nationale.
- 🔢 L'« octophonie » est en réalité une quadriphonie : Le Pasibutbut bunun est un chœur à quatre voix produisant un effet d'octophonie grâce aux harmoniques naturelles. En 1952, Kurosawa Takashige l'a soumis à l'UNESCO, stupéfiant la communauté internationale de musicologie.
- 🔢 Le nanguan est un fossile vivant : Il a préservé des éléments musicaux des dynasties Tang et Song et est l'une des plus anciennes traditions de musique de chambre existantes en Asie. Il a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2009.
- 🔢 Le chant des cigales taïwanaises atteint 90 décibels : Le volume du chant estival des cigales équivaut à celui d'un aspirateur. Plus de 60 espèces de cigales constituent l'un des paysages sonores de cigales les plus denses au monde.
- 🔢 Le taïwanais possède sept tons : C'est l'une des langues à tons les plus riches au monde parmi les langues d'usage quotidien. Chaque changement de ton modifie le sens du mot — la langue elle-même est de la musique.
- 🔢 Les gongs et tambours du pèlerinage de Mazu : Chaque année, le pèlerinage à pied de Mazu de Baishatun peut mobiliser plus de 100 000 personnes. Partout où passe le cortège, les pétards, gongs et tambours résonnent sur plusieurs kilomètres — c'est le plus grand événement de paysage sonore mobile de Taïwan.
- 🔢 Les strates sonores des night markets : Un night market présente en moyenne un son de fond de 80 à 90 décibels — crépitements des friteuses, cris des vendeurs, effets sonores électroniques des stands de jeux — le paysage sonore du night market est le condensé sonore le plus dense de la vie populaire taïwanaise.
- 🔢 Le festival Lacking Sound du C-LAB : Le festival Lacking Sound (Festival du son manquant) au C-LAB de Taipei est l'un des festivals d'art sonore expérimental les plus importants d'Asie. Il attire chaque année des artistes sonores internationaux à Taïwan, faisant du pays un nœud majeur de l'art sonore asiatique.
Pour aller plus loin :
- Wang Fu-jui — Fondateur en 1993 du premier label de musique expérimentale de Taïwan, NOISE. Wang Fu-jui, mentionné dans la section « Art sonore », est la source de la lignée incluant Yao Chung-han et Chang Yung-da.
- Traditions musicales autochtones de Taïwan — Les sons traditionnels comme l'octophonie bunun et l'harmonica paiwan constituent la strate la plus ancienne du paysage sonore taïwanais.
- La culture du karaoké à Taïwan — Des scènes de spectacle aux salles privées, le karaoké est l'une des sources sonores artificielles les plus répandues du paysage nocturne taïwanais. Les chants de cinq personnes filtrant d'une salle privée constituent une empreinte sonore unique des nuits taïwanaises.
- Le développement du hip-hop et du rap à Taïwan — Des sous-sols urbains aux classements KKBOX, la texture sonore du rap a transformé les couches sonores de la musique populaire taïwanaise.
Références
- Classic FM: Beethoven's 'Für Elise' calls Taiwanese residents to take out the trash — Couverture médiatique internationale de l'observation des camions-poubelles taïwanais diffusant de la musique classique↩
- UNESCO : Nanyin (nanguan) — Patrimoine culturel immatériel de l'humanité — Page de l'UNESCO sur l'inscription du nanguan au patrimoine culturel immatériel en 2009↩
- Ministère de la Culture : Base de données de musique des peuples autochtones de Taïwan — Base de données de la collection musicale des peuples autochtones de Taïwan, établie par le ministère de la Culture↩
- C-LAB — Laboratoire d'expérimentation culturelle contemporaine de Taïwan — Plateforme d'art contemporain et d'expérimentation sonore située au C-LAB de Taipei↩
- Association taïwanaise du paysage sonore — Organisation civile dédiée à la recherche et à la préservation de l'environnement sonore de Taïwan↩